Sans nom

Je crois en la raison, ce n’est pas croyance comme une autre : c’est le premier pas qu’il faut accomplir pour que le reste de ce que l’on conçoit s’enchaîne, fasse sens, autrement dit s’inscrive dans une logique. De la raison, découle la science, qui n’est pas un « pouvoir » comme un autre, mais est un ensemble de disciplines qui fonctionnent à coup d’hypothèses et de vérifications, selon des schémas et méthodes qui ont été mis au point de manière indépendante des objectifs particuliers à atteindre. La valeur d’une hypothèse réside dans la possibilité qu’a le chercheur de la falsifier, non dans la certitude que l’on aurait de pouvoir la justifier à tous les coups pour peu qu’on prenne la démarche prête à le faire. Cette possibilité de falsification est le prix à payer pour entrer dans le monde des thèses valides.

Qui s’est un peu penché sur ces sujets s’imagine que raison et science vont suffire pour apporter des solutions, atténuer les crises, calmer les colères. Or, il semble que de plus en plus il n’en soit rien. L’opinion s’affole, elle voudrait des remèdes miracles qui n’aient aucun coût, qui ne présentent aucun risque, l’opinion préfère croire en la magie, dans le « on ne sait jamais, ça peut marcher ». Devons-nous avoir raison ? Ce n’est pas de l’ordre de l’avoir, mais plutôt de celui de l’approche. La raison est la seule boussole fiable que nous ayons. Elle n’est en aucun cas « l’ennemie de la liberté » puisqu’au contraire, il n’est pire absence de liberté que celle qui provient de nos croyances non fondées sur elle. Les croyances nous aliènent, la raison nous libère.

Les êtres qui me semblent irrationnels, dois-je me moquer d’eux ? Non, certes, car aussi mystérieux que soient pour moi leurs propos et leurs attitudes, ils n’en obéissent pas moins sans doute à des « raisons », en tout cas, à ce qui est pour eux, « des raisons », et je ne pourrai démontrer que ce n’en sont pas que par une démarche extrêmement coûteuse pour moi, incluant une avalanche d’attaques auxquelles je devrais faire face, où des cris de colère et des mots de haine seront lancés, véhiculés sur les médias et dans les rues, avec la science et les scientifiques pris pour cibles. Autrement dit, le combat n’est plus tout à fait égal. Et pourtant, à terme, je sais bien qui l’emportera, cela se chiffrera en nombre de morts. Déjà, ceux qui ont cru à la science et donc aux vaccins apparaissent beaucoup moins nombreux que les autres dans les admissions à l’hôpital, le rapport est de 1 à 10, il sera bientôt de 1 à 100.

A Avignon, j’ai vu passer un long cortège contre l’instauration du pass sanitaire, composé de personnes qui ne voulaient pas pour un empire qu’on leur conseillât des règles pour se conduire, même si leur santé (leur vie?) était en jeu. Les rares personnes assises aux terrasses des bistrots qui osaient objecter étaient assaillies, submergées de flots d’agressivité, traitées de faire-valoir du gouvernement, de partisans d’un ordre nazi (récemment, à Montpellier, un pharmacien s’est fait traiter de collabo).

Quels étaient leurs arguments ? Leur « raisonnement » semblait ne se fonder que sur la dénonciation de prétendus mensonges. Cette tendance court depuis le début de la pandémie. Cette maladie n’existait pas, ou si elle existait, elle n’était qu’une grippette. Puis ensuite, elle pouvait être soignée facilement grâce à un médicament miracle sorti des ateliers du professeur Schmurz, mais qui n’était pas administré aux patients sous prétexte qu’il n’était pas assez cher, et qu’il fallait avant tout maximiser les profits de l’industrie pharmaceutique et ainsi de suite… Aujourd’hui, les vaccins sont des intrusions de la 5G dans nos corps, ou bien des drogues à diffusion lente qui nous conduisent vers la mort, on veut transformer notre ADN, on veut nous rendre dociles…

Toutes ces affirmations peuvent être facilement contredites. L’ARN n’atteint pas le cœur du noyau (il suffit pour se documenter d’aller consulter le site de l’INSERM), son action est transitoire et il disparaît très vite. Nous ne manquons pas « de recul » : l’ARN messager ayant été découvert en… 1961 (!) et des recherches étant faites depuis dix ans au moins afin d’en venir aux techniques thérapeutiques qui nous intéressent aujourd’hui.

En France, tests et vaccins sont administrés gratuitement, on n’en est vraiment pas à une discrimination entre pauvres et riches comme on l’entend parfois. L’idée d’apartheid parfois avancée afin de décrire la séparation des vaccinés et des non-vaccinés est honteuse par elle-même : elle relativise les situations d’apartheid comme dans l’Afrique du Sud d’il y a quarante ans, faisant comme si, dans ces dernières, les victimes l’avaient été de leur propre choix. Un gouvernement qui prend des décisions afin de contrer l’expansion d’une épidémie ne fait que remplir son rôle, c’est s’il ne le faisait pas qu’il pourrait être suspecté de vouloir attenter à la santé et à la survie de son peuple, comme cela s’est produit dans le Brésil de Bolsonaro ou les Etats-Unis de Donald Trump, voire l’Inde de Nahendra Modi, tous régimes applaudis par l’extrême-droite française qui (co-)organise ces manifestations.

Mais si toutes les thèses mises en avant par ces troupes sont si facilement contredites, comment se fait-il qu’elles aient cours à ce point, qu’autant de gens défilent sous les bannières dénonciatrices ? On parlera bien sûr de manipulation : il est certain que l’extrême-droite est à la manœuvre. Les vrais fascistes ne sont pas ceux qui sont dénoncés comme tels par cette foule désespérée. Et puis il y a la peur, l’insécurité : les perspectives sont sombres, il est plus facile d’être dans la dénégation que dans l’effort de lucidité. Après la Covid, et déjà maintenant, se dessinent des dangers pires encore: surchauffe du climat, inondations, tornades, de quoi générer des pics d’angoisse qu’une grande partie de la population ne supportera plus, autrement qu’à hurler son désespoir. Et puis, quand on arrive au bout des « arguments » qui poussent ces personnes à manifester leur colère, on en trouve toujours un, invariant, qui est comme la matrice de leur expression, l’argument irrationnel par excellence, qui réside dans la simple haine d’un homme, d’un seul homme, lequel n’a rien à voir avec la pandémie : Macron…

Nous pouvons tous tomber d’accord sur le fait qu’un homme politique soit en lui-même nécessairement critiquable, que ses propos puissent être discutés, sa politique attaquée, ses dogmes contestés… mais haï ? Si la politique de Macron est sans conteste d’inspiration libérale, il n’en demeure pas moins que le personnage a rempli son rôle à la tête de l’état et que lui et son gouvernement ont pris des décisions souvent courageuses qui allaient à l’encontre de ce pour quoi ils semblaient s’être engagés (le profit, la réussite économique etc.). Leur en veut-on pour cela ?

J’ai eu peur, bien entendu. Pas peur de leur violence qui n’était après tout faite que de mots, mais peur de ce fossé entre eux et moi, dont je sens qu’il s’élargit chaque jour un peu plus. Pourtant, j’aimerais ne plus être en position de me mettre en colère moi-même contre les autres, je ne supporte pas cette cassure, cette brisure, la refente comme disent les psychanalystes, qui apparaît tout le temps au sein des groupes humains. Je voudrais dominer cela comme le font certains écrivains, Dostoïevski par exemple. Il ne prenait pas partie pour les uns ou les autres, il les embrassait tous et transformait ce tumulte, ces oppositions, cette discorde en une sorte de symphonie. Mais cela est-il envisageable aujourd’hui ? Nous sommes commis de toutes parts à prendre position, et nous savons au fond de nous-mêmes que de cette position dépendent notre vie et celle de nos semblables. Si nous voulons nous opposer au vent de folie, il nous faut combattre des ouragans : mails, textos, commentaires vengeurs sur les réseaux sociaux. Face à cela, nous n’avons plus de chaleur en nous, nous sommes des coquilles vides, le vent souffle au travers des tuiles disjointes, des lattes de bois mal assemblées sans que nous songions à venir réparer. Mais en aurions-nous seulement la capacité ?

J’ai intitulé ce billet « sans nom » parce qu’il m’a semblé aussi tôt que je l’écrivais qu’il n’y aurait pas de « nom », que je ne donnerai pas de « nom » à cette armée de protestataires en tous genres, que je n’utiliserai pas les mots que l’on emploie souvent, que je ne parlerai pas de bêtise, ni de complotisme, je n’utiliserai pas les noms d’oiseau. Je ne nommerai ni la haine ni le silence, ni la contrainte ni la liberté, ni le flot des vagues ni le bruit des feuillages. Ce qui est « sans nom » est comme la peur. Une peur sans nom, dit-on.

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20 commentaires pour Sans nom

  1. David Violet dit :

    J’ai le sentiment que la défiance qui s’exprime aujourd’hui à l’égard de Macron n’est pas moins confuse que la confiance sur laquelle il a été élu. Mais cela ne peut certainement pas constituer une raison d’approuver l’homme en question ou même de minimiser son rôle politique, lequel n’a tout de même pas « rien à voir avec la pandémie »…

    Je reste loin d’être convaincu que, comme vous écrivez,  » le personnage [Macron] a rempli son rôle à la tête de l’état et que lui et son gouvernement ont pris des décisions souvent courageuses qui allaient à l’encontre de ce pour quoi ils semblaient s’être engagés (le profit, la réussite économique etc.) ». Je crois même que c’est le contraire qui est vrai et qu’il y aurait bien des manières de démontrer que le genre de politique qu’il a mené (et qu’il mène encore avec obstination) ne cesse de confirmer des engagements pris dès le départ qui ont largement contribué à créer la situation douloureuse dans laquelle aujourd’hui, hélas , nous nous trouvons et dans laquelle nous avons l’impression chaque jour de nous enfoncer un peu plus avec l’impuissance d’une poule devant un renard.

    Lorsque l’on déclare  » Il faut des jeunes français qui aient envie de devenir milliardaires » (Macron, Les Échos, 7 janvier 2015) il me semble qu’on est loin de s’acquitter du prix nécessaire « pour entrer dans le monde des thèses valides », c’est-à-dire de celles, raisonnables, qui ont toutes les chances de minorer à terme l’insatisfaction générale parce qu’elles satisfont justement les critères constitutifs de la raison, par conséquent un maximum d’attentes et de besoins essentiels et aussi un minimum de mauvaises surprises. Ne croyez-vous pas?

    À part ce point, je suis bien d’accord avec vous sur le reste.

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    • alainlecomte dit :

      oui, je ne conteste pas le caractère libéral de la politique de Macron, et il est vrai qu’il a produit et continue de produire un discours détestable autour des « premiers de cordée » ou de, comme vous dites, cette admiration pour les milliardaires à qui bientôt tout jeune français devrait aspirer de ressembler. Mais il y a les paroles et les actes, il y a eu malgré cela le soucis, reconnu par beaucoup, de protéger à la fois l’économie, le système d’éducation, les revenus de nombre de travailleurs indépendants (restaurateurs etc.) et la santé du plus grand nombre, ce n’est pas rien. Aujourd’hui, il est nécessaire d’exiger de lui (surtout dans la perspective de 2022) qu’il se maintienne sur la même crête exigeante que celle qui l’a porté à dire (aussi) que nul ne devait être abandonné au bord de la route. Nous sommes (malheureusement) prisonniers d’un système depuis plusieurs décennies, peut-être les années à venir nous permettront de desserrer l’étreinte. mais je ne vois pas en quoi Macron serait tant soit peu responsable de la pandémie, en quoi lui et son gouvernement auraient failli dans la lutte contre elle, même s’il y eut des erreurs inévitables, dont on voit mal par ailleurs en quoi elles seraient dues ou dues uniquement au « système libéral », et qui seraient dues plutôt à une forme d’ignorance et de gabegie qui affecte tôt ou tard tout mode d’organisation (je ne sache pas que la Chine y ait échappé par exemple) je ne vois pas en quoi « le genre de politique qu’il a mené (et qu’il mène encore avec obstination) ne cesse de confirmer des engagements pris dès le départ qui ont largement contribué à créer la situation douloureuse dans laquelle aujourd’hui, hélas , nous nous trouvons ». il faudrait pour cela bien sûr comparer avec d’autres pays similaires. La pandémie est-elle due au libéralisme? Voilà le genre de raccourcis qu’affectionnent les tribuns un peu trop pressés d’en découdre. Si c’est le cas, alors, ce n’est pas de manière directe et il faudrait donner les détails des enchaînements causaux. On a dit qu’elle était liée à la question écologique et cela est fort probable (la modification des conditions écologiques entraînant les zoonoses etc.), mais la modification des conditions écologiques ne résulte pas d’un régime économique qui n’est qu’un rejeton d’un système beaucoup plus global et que je qualifierais plus volontiers de productivisme, dans lequel non seulement le libéralisme trempe, mais aussi les régimes antérieurs du capitalisme, mais aussi les régimes socialistes qui ont émaillé la planète, ainsi que ceux qui, sans pouvoir se dire décemment « socialistes » n’en sont pas moins relativement éloignés d’un libéralisme à la Macron (je pense à la Chine évidemment). Mais bon… si vous me convainquez du contraire, je serai d’accord!

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  2. Vous avez raison sur bien des points.
    On a entendu tant d’inventions plus loufoques les unes que les autres à propos de la pandémie et secondairement du vaccin, qu’il est inutile d’essayer d’argumenter avec les anti-tout et leurs délires permanents.
    Il est inutile de chercher à convaincre les gens qui défilent dans la rue avec des arguments rationnels puisqu’ils en croient pas en la science. Ils sont au-delà de cela, au niveau de la Foi pure, foi en différents gourous, foi en différentes rumeurs reprises et amplifiées à l’infini. Leurs poncifs inlassablement répétés ne reposent sur rien de concret et on a beau leur expliquer pourquoi ils se trompent détail après détail, ils ne vous écoutent jamais et restent derrière leurs illusions. J’en ai eu quelques uns au cabinet, si certains comprennent parce qu’ils restent ouverts aux explications scientifiques, d’autres sont murés dans leurs certitudes, enfermés dans leur « peur sans nom ».
    La politique est tellement dérisoire face au coronavirus et à tous ses variants successifs, que cet amalgame fait par les manifestants entre leurs revendications et le pass vaccinal, me semble totalement surréaliste. Lorsqu’on a vu un gosse de 20ans footballeur, plein de vie, étouffer à chaque phrase et vous dire que pour lui le sport est fini parce qu’il ne peut plus faire le tour de son jardin sans étouffer, on se dit que la «grippette » dont certains inconscients parlent, à bon dos !
    Les politiciens décident des lois, et on voit à quel point les choix de certains ont été désastreux (cf Brésil) alors ici on est plutôt privilégiés et il faudrait arrêter de se conduire en enfants gâtés. Des erreurs ont été faites et du retard à été pris, on se demande parfois qui conseille le président devant le manque de décision en temps et en heure, comme pour le confinement de Pâques 21 qui aurait dû être instauré en février, mais dans l’ensemble, l’Europe est parmi les mieux loties. Les vaccins sont à la disposition de tous’ gratuitement. Des confrères y passent leurs vacances ou leurs dimanches…
    Alors la balle est dans notre camp. A chacun de prendre ses responsabilités, se vacciner et porter correctement le masque pour éviter les contaminations par aérosol viral, en intérieur en permanence et en extérieur dans la foule. Nous avons tous notre rôle à jouer pour éradiquer ce virus, et il faudra poursuivre la bataille pendant une troisième année probablement. Plus vite chacun participera à son niveau, plus vite on en sera débarrassés.
    Merci d’avoir donné votre opinion.

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    • alainlecomte dit :

      Merci de ce commentaire instructif. Je comprends très bien la manière dont vous devez vivre cette situation en tant que médecin, et je vous admire beaucoup. Comme vous le dites, la balle est dans notre camp, soutenons les efforts de vaccination sans hésiter, et insistons pour le maintien des gestes barrières. Bon courage à vous.

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  3. David Violet dit :

    Je suis, il est vrai, plus que réservé quant au bilan prétendument positif du « macronisme », qu’il soit réel ou espéré d’ailleurs, concernant aussi bien l’entrée dans cette crise que les chances réelles d’en sortir par cette même voie ou par une autre du même genre. (Comme le soutenait un grand physicien du XXe siècle « Il ne faut pas compter sur ceux qui créent les problèmes pour les résoudre » : car ils font eux-mêmes partie du problème).

    Cela étant, je vous accorde volontiers que Macron n’a certainement pas le privilège de toujours se tromper politiquement (si les astrologues, comme l’écrit Voltaire, font quelque fois de bonnes prédictions, ce n’est pas tout de même pas une raison de les croire pour tous les mensonges qu’ils professent le reste du temps!). Aussi, je ne nie pas qu’il arrive que la politique menée en son nom (à Macron) fasse, ponctuellement ou même globalement, mieux que d’autres politiques ou régimes politiques à travers le monde parce qu’il est toujours possible effectivement de prendre comme référence le pire, lequel, il faut bien noté, ne peut être réconfortant que pour ceux qui se satisfont d’être simplement un peu moins « pourris » ou un peu moins nuls à l’occasion, sans réussir toutefois à se montrer réellement à la hauteur et protecteur du pire.

    De mon côté, je continue à me demander à quoi peut ressembler ce modèle de société soit-disant protecteur, propre et écologique que prétend défendre Macron. Je pense que c’est là le genre de programme et de promesses (voire de « bonne conscience ») qui a vocation à rester essentiellement à l’état de déclaration ou de discours pieux, aussi longtemps du moins qu’il est assorti d’aucunes contraintes ni sanctions réelles dans les faits et que les mesures supposées prises en ce sens demeurent à ce point symboliques et dérisoires qu’elles en inquiètent nullement les puissants intérêts économiques et financiers qu’elles laissent, comme d’habitude, maîtres et tout sourire.

    Pour autant qu’on soit convaincu, et il est de bonnes raisons de l’être plus que jamais, d’un nexus d’une certaine sorte entre le tour pris par la pandémie et les progrès (ou plutôt les excès faudrait-il dire) du productivisme et du libéralisme financier, il n’est pas exagéré, je crois, de parler de la situation actuelle dans les mêmes termes que ceux que Kraus avait choisis et jugés déjà opportuns en son temps : « La nature peut faire confiance au progrès : il la vengera des affronts qu’il lui a fait subir ».
    La nature peut être à peu près certaine de trouver en Macron l’un de ces hommes de « confiance » et de « progrès » interchangeables, c’est-à-dire l’homme de main dont elle a besoin en effet pour exercer sa vengeance sur l’humanité et se dédommager des maux que sa politique, parmi d’autres bien entendu, n’a finalement jamais cessé de lui infliger.

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    • alainlecomte dit :

      Merci de votre réponse, qui enrichit ma réflexion. Je fais peut-être partie, hélas, de « ceux qui se satisfont d’être simplement un peu moins « pourris » ou un peu moins nuls à l’occasion, sans réussir toutefois à se montrer réellement à la hauteur et protecteur du pire » ou de ceux qui se satisfont de ceux qui se satisfont ainsi. C’est peut-être regrettable, et sans doute témoigne d’un manque d’idéal. Disons que pour mon cas, je plaide pour un optimisme indécrottable et le fait que j’aimerais que la politique soit à l’image que je m’en fais. Ainsi, bien que je constate tout à fait que Macron soutient les plus riches (en refusant de réintroduire l’ISF par exemple), je continue à me tourner vers ce qui, de lui, m’a semblé séduisant, nommément son discours sur l’Europe (j’ai admiré le discours qu’il a prononcé avant son élection à la Freie Universität de Berlin, qui lui a valu les louanges de Habermas) ainsi que ses propos fermes contre le colonialisme et sa dénonciation des crimes perpétrés en Algérie. Bien sûr, ceci ne fait pas une politique, même si, lorsqu’on est optimiste, on croit y voir les germes de ce qui pourrait être une politique authentiquement « progressiste ». Comme le dit Laurence Hansen-Love en commentaire de mon billet sur FB: « de toutes façons, il faut faire avec ».

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      • David Violet dit :

        C’est vrai qu' »il faut faire avec » et être capable de se contenter souvent de peu dans l’ordre de la pratique.

        Il faut dire que les pensées, les discours peuvent être si épatants et si généreux qu’ils en font perdre aisément de vue (l’écart avec) la réalité elle-même, la férocité à l’oeuvre ou simplement la force d’inertie des choses qui appelle notre complaisance à leur égard. Croyez bien que je suis le premier concerné par ces tentations et que, si je vous en fais la confidence, c’est parce qu’elles me concernent au premier chef et surtout parce que je suis encore loin de leur résister comme il le faudrait.

        Vous parlez à juste titre de ce qu’il y a de séduisant et d’admirable dans la rhétorique, et comment! C’en est même le principe. Et c’est ce qui en rend l’usage si redoutable et indispensable en politique, dès lors qu’on se sent autorisé à agir et à évaluer l’action indépendamment des grands principes et des belles idées au nom desquels le politicien fut inspiré et fit, pour finir, à peu près le contraire de ce qu’ils étaient supposés impliquer.

        Le charme (et l’impunité) des « beaux discours » en politique, c’est justement tout le problème, et j’ajouterais, la cause d’une bonne partie de l’incrédulité et du ras-le-bol qui se manifestent aujourd’hui dans la société de façon massive (et parfois de façon outrancière) vis à vis de l’imposture politique.
        (Le refus de la vaccination, fut-ce une réaction populaire pour le moins inadéquate, n’est-il pas avant tout une manifestation de méfiance et de colère à l’égard du « politique » en général, surtout institutionnel auquel on oppose ce geste étourdi et désespéré en signe de détresse comme une brusque et vive embardée ? Une sorte de « blâme » par lequel on prend le risque de se punir soi-même tout en manifestant ostensiblement son écart vis à vis d’un système lui-même largement dégradé et corrompu ?)

        Le phénomène de séduction qui a cours chez les praticiens de la politique est d’une violence qui personnellement m’effraie et qui est difficilement supportable pour moi, et pour bien d’autres je suppose.
        L' »érotisation » qu’exige notre société se résume aujourd’hui à une sophistique obscène, qui tend à privilégier les apparences sur la réalité, le maquillé sur le naturel. (Le maquillage, à mes yeux, comporte déjà quelque chose de suspect et de potentiellement trompeur, falsificateur, qui me rend fortement mal à l’aise.)

        Quoiqu’il en soit, merci pour votre précieuse ouverture d’esprit qui transparaît dans vos réponses et pour vos analyses fécondes dans lesquelles vous faites entrer subrepticement et avec discrétion beaucoup d’intelligence.

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  4. Un très bel article, courageux, mesuré et raisonnable.
    Car il faut bien avouer que, la violence de la déraison actuelle nous laisse à tel point sidérés, que les mots semblent vains pour tenter d’argumenter. Merci, Alain, d’oser ouvrir un chemin.

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  5. Debra dit :

    J’ai lu votre billet, et les réponses.
    Je ne partage pas votre point de vue sur cette situation.
    Vous pouvez constater que depuis le temps que je réponds sur votre blog, je n’ai jamais tenu des propos insultants, jamais appelé à la haine, à la violence. Je ne vais pas le faire maintenant.
    Mais je vais faire remarquer qu’il est de la nature de la pensée scientifique de ne pas être univoque. Cela veut dire qu’il n’y a pas UN point de vue « scientifique », et, en face, des points de vue qui seraient irrationnels. Parce que la science avance par controverse, et confrontation de points de vue différents.
    Après… il y a des points de vue scientifiques qui ne sont pas en accord avec les points de vue… scientifiques sur lesquels nos gouvernants se sont appuyés. Force est de constater que les médias français ont choisi.. unilatéralement ? de dénigrer, de disqualifier les points de vue de scientifiques qui ne partageaient pas, et qui ne partagent toujours pas, le point de vue de ceux sur qui le gouvernement a fondé sa gestion de l’épidémie.
    Personnellement, cela fait longtemps en France que j’ai l’impression d’entendre trop UN SEUL SON DE CLOCHE sur bien des sujets dans les médias qui ont pignon sur rue.
    Cela me fait réfléchir. Cela ne me semble pas un bon indicateur de santé pour des régimes qui SE VOUDRAIENT démocratiques (ou républicains ? Avouez qu’en ce moment il y a bien trop de flottement dans l’emploi de ces mots qui font l’impasse sur le fait que nous vivons sous un régime de « démocratie » représentative en REPUBLIQUE.).
    Je n’ai pas été convaincue par les scientifiques dont les travaux ont été retenus par notre gouvernement. Je ne crois pas que cela fait de moi une apologue de l’extrême droite, pas plus que cela fait de moi une brute irrationnelle, ou une « complotiste ». (Je ne saisis pas bien ce que ce mot voudrait dire : une personne qui.. COMPLOTE, ou une personne qui croit que d’autres complotent ? Ce n’est pas clair dans.. LES ESPRITS, et pas seulement dans le mien.)
    J’ai écouté les propos d’un épidémiologiste américain qui insiste bien sur la panique qui a secoué le monde ? les pays occidentaux ? au moment de l’arrivée de ce virus. La panique… n’est pas de bon conseil, et ne l’a jamais été. Je crois que nos gouvernants ont paniqué. Et je crois malheureusement que notre civilisation arrive à un tel point de décadence que nous avons trop peur… de notre ombre. Je crois que nous avons collectivement perdu le sens de notre… humanité, et de notre mortalité, et que cela conduit à des excès délétères pour l’économie, pour la santé à long terme, surtout de notre jeunesse.
    Je suis très préoccupée par l’isolement de la France ? des Français ? sur ces problèmes. Aux U.S., une investigation a été ouverte au Sénat pour interroger de sérieux dysfonctionnements dans la gestion du Covid, et les états qui n’ont pas confiné ont, dans l’ensemble, eu moins de mortalité que les états qui ont confiné.
    Je m’inquiète de l’embrigadement de… ? pour refuser de reconnaître l’ampleur de notre panique dans cette affaire, et je crains qu’Emmanuel Macron, qui a été élu avec une faible représentation de l’électorat, ce qui nuit sérieusement à sa légitimité et autorité dans les circonstances actuelles, continue à gouverner par la force et la contrainte, et rencontre si peu d’opposition.
    Voilà. Je ne crois pas polémiquer…

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    • alainlecomte dit :

      Il ne faut pas confondre l’existence de controverses avec une existence de plusieurs points de vue scientifiques. Qu’il y ait des controverses voilà qui est bien normal, puisque la science est faite par des humains et qu’heureusement nous ne sommes pas tous d’accord a priori. Néanmoins les controverses s’éteignent quand un point de vue est validé, par une preuve (en mathématiques par exemple) ou par une expérience. Les thèses contraires à celles qui sont validées ne continuent pas d’exister, même de façon sous-terraine. Personne aujourd’hui ne viendrait faire un article sur l’éther ou le phlogistique. Il n’y a pas de pluralité de méthodes scientifiques, il n’y a pas cette situation, dont sûrement vous rêveriez, où si une thèse à laquelle on tient est infirmée par une méthode, eh bien, il n’y aurait qu’à utiliser une autre méthode! Ce serait amusant, ce serait un monde à la Alice au Pays des Merveilles, mais non, cela ne se passe pas comme ça. Si on vous montre un graphique exhibant deux courbes, l’une qui montre l’évolution de la charge virale chez les personnes non vaccinées et l’autre la même évolution chez les personnes vaccinées et que vous voyez très nettement que dans la deuxième la charge en question chute brutalement dès le premier jour, vous n’avez pas le choix de l’interprétation, vous êtes obligée de tirer la conclusion qui s’impose. Si de même on vous montre une corrélation importante entre deux variables X et Y, vous devez envisager le cas où il existe un lien entre ces deux variables etc. etc. Une théorie n’est jamais totalement confirmée, mais on sait quand elle est définitivement infirmée. Une théorie peut bien sûr être complétée, enrichie etc. la théorie de la relativité n’a pas infirmé la théorie newtonienne puisque celle-ci continue d’être vraie aux vitesses très inférieures à celle de la lumière. Etc etc. Croire en une pluralité de méthodes dont on prendrait celle qui nous convient en fonction de nos désirs c’est croire en une pluralité de réels, or il n’y en a qu’un, et il s’inscrit dans un cadre régi par des lois et des règles assez strictes. La liberté n’est pas celle de choisir son réel, elle consiste au contraire à avoir pris connaissance de la nécessité du cadre dans lequel nous évoluons. Ceux qui manifestent en hurlant qu’ils préfèrent la liberté à la santé publique (!) veulent seulement dire qu’ils identifient la liberté à leur jouissance immédiate, ils sont fidèles en cela au slogan de mai 68: « jouissez sans entrave », mais si ce slogan est amusant, il nous conduit dans une impasse, vous le savez très bien puisque vous prétendez avoir une connaissance de la psychanalyse. Or ni Freud ni Lacan ne me semble avoir jamais prôné le « jouissez sans entrave », de même qu’ils ont toujours mis l’accent sur le réel et l’apport des sciences à sa connaissance.

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      • Debra dit :

        Vous savez, quand je suis arrivée en France, il y a quarante ans, j’ai eu l’honneur dubitative d’être politiquement déniaisée par deux grosses têtes, un historien juif américain brillant, et un maître de conférence à Sciences Po à Paris qui a un nom que je ne révèlerai pas. Ces deux hommes ont pris soin de m’initier dans les manoeuvres sordides et souterrains que mon gouvernement (américain) avait employé pour stabiliser ? déstabiliser ? les pays du Moyen Orient.
        J’ai chèrement payé cette… éducation dont j’aurais pu me passer, tout compte fait. Je pense que si je n’avais pas été déniaisée, je n’aurais pas cherché à m’expatrier définitivement.
        Donc, en sachant ce que je sais sur les pratiques de tous les gouvernements sur terre, je continue à m’étonner de ce que j’estime être l’extrême…crédulité et naïveté de mes amis français, surtout les personnes qui vivent tranquillement dans les milieux… protégés, de mon point de vue. Si vous voulez me traiter de « complotiste » (mot qui n’a aucune consistance de mon point de vue…), allez-y. Mais je me méfie des gouvernants, des gouvernements, ainsi que de leur pouvoir considérable.
        Ce que je vous accorderai, Monsieur, c’est qu’à l’heure actuelle, nous n’avons pas la même définition de ce qui constitue une science rigoureuse, digne de foi.
        Pour moi, cet état de fait découle de ce que j’observe autour de moi tous les jours.
        Je maintiens qu’une société qui atteint le degré de décadence de la nôtre a… une science décadente.
        Et puis, le mot « scientisme » a un sens pour moi. Il prend sens dans le fait que, de sa position de résistance contre un logos religieux perçu comme dogmatique et obscurantiste, la science est devenue maintenant le discours dominant en Occident pour rendre compte de la marche du monde sous toutes ses facettes. D’où.. les SCIENCES humaines, les SCIENCES du langage, les SCIENCES de l’information, de l’informatique, etc. etc. Pour moi, il est évident que la manière dont « on » se comporte quand on résiste à quelque chose, n’est pas la même que quand on détient le pouvoir dominant idéologique sur les esprits.
        Je dirais que c’est une question de bon sens, là.
        C’est ainsi qu’on observe que quand on gagne… gros, on perd gros en même temps.
        Je n’ai pas l’impression de préférer ma liberté à la santé publique.
        Je suis d’accord avec vous que se gausser d’une liberté absolue de jouir, pour soi, est indéfendable. Mais je m’inquiète de notre empressement pour mettre en pratique des solutions.. DE MASSE qui pourraient avoir des conséquences à long terme sur une jeunesse qui ne court pas un grand risque du Corona Virus. Je ne crois pas qu’il est… moralement ? défendable d’exiger que la jeunesse soit vaccinée pour protéger les vieux si ça pourrait avoir des répercussions sur sa santé ultérieurement. Et puis… nous surenchérissons avec l’emploi des vaccins à un moment où peu de personnes semblent savoir ce qu’est un vaccin dans le grand public. Je dis que… ce n’est pas prudent pour une société qui installe des alarmes dans ses frigos et ses bagnoles. Cela me semble très préoccupant.
        J’ai retenu que les vaccins contre les maladies type grippales touchant les voies respiratoires sont notoirement inefficaces.. comparés à d’autres types de vaccins contre d’autres maladies. Dans un tel contexte, j’estime toujours que nous faisons fausse route dans cette histoire qui est, malheureusement, je le crains, surtout un immense problème… politique, avec l’effondrement de la République. C’est surtout l’effondrement de la République qui fout la frousse aux Français (et aux Américains ?…).
        Et je vous ai déjà dit que le plus gros problème est notre peur monstrueuse de perdre, suite à une période de trop grande faste matérielle, où nous avons tous (y compris les pauvres, en Occident) été… trop confortables pour notre bien. Cela nous a fait perdre tout sens… de perspective.
        Nous sommes probablement embarqués dans de nouvelles guerres… de religion, Monsieur. C’est ce que devient la science (ou les sciences) quand elles gagnent le gros lot…

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  6. Girard A dit :

    Debra C’est quoi une science rigoureuse et de plus digne de foi ???

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    • Debra dit :

      C’est une science où on prend en compte le contexte des chiffres qu’on avance, par exemple. Où on compte le nombre de personnes hospitalisées avec le Corona Virus, et pas le nombre de cas étiquetés « positifs », en sachant que les procédés techniques pour trouver les « cas positifs » sont poussés tellement loin qu’on ne peut pas… ne pas trouver « quelque chose ». (Influence de peurs millénaristes ?)
      Où on regarde la proportion de personnes décédées en tenant compte de l’âge des personnes, et le fait qu’une population vieillissante risque de voir plus de personnes mourir… dans l’absolu, si on ne tient pas compte du poids de la population des vieillissants dans la population totale, par exemple, et le fait qu’il est dans l’ordre des choses que les vieux (dont je commence à être…) finissent bien par mourir.
      Une science rigoureuse et digne de foi résiste à la pression de faire du nouveau de tout bois, pour faire… du nouveau. Ainsi, une science rigoureuse reconnaît la possibilité de prescrire d’ANCIENS médicaments étant destinés à d’autres usages à de « nouvelles » maladies, même si ces médicaments ne sont pas à la pointe d’une nouvelle… technologie, et ne sont pas forcément chers.
      Voilà pour commencer.
      Je vois que nous traversons une époque où le besoin de foi… dans le nouveau à tout prix emporte notre raison. De mon point de vue. Comme je répète d’une manière qu’Alain doit trouver lassante ici, le besoin du nouveau a raison de tout, y compris… la raison.
      Si on prend la peine de me lire attentivement ici, on remarquera que je ne suis pas hostile à « la science » (qui est faite de controverses). Alain et moi, manifestement, ne reconnaissons pas les mêmes.. AUTORITES scientifiques comme étant dignes de foi. Cela ne veut pas dire que je disqualifie la science ; je ne suis pas d’accord avec certaines personnes qui se disent scientifiques, et revendiquent une autorité. Et je persiste à dire que la manière dont nous avons englobé de plus en plus de champs, de pans, de l’activité humaine dans le domaine scientifique nuit… à la possibilité d’avoir un discours scientifique qui échappe à une forme de.. monothéïsme ? scientifique ?
      Et puis, cela me semble capital que je ne renie pas MA CAPACITE de discerner ce qui relève d’une science rigoureuse et fiable, au profit d’une foi aveugle ? dans l’autorité des experts. Je maintiens qu’une société qui se voudrait démocratique dépend de la capacité de ses citoyens de reconnaître qu’ils ont la capacité de voir clair dans les arguments qui leur sont proposés pour décider… d’eux-mêmes où ils voient… la science rigoureuse et digne de foi.

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      • David Violet dit :

        Quand vous revendiquez une « science rigoureuse et digne de foi » il me semble que vous cherchez à critiquer une science (et des scientifiques) instrumentalisés par le pouvoir (économique en particulier), mais nullement, je pense, une science d’experts, faite par des experts. Car toute science (rigoureuse et digne de foi) est affaire d' »expertise », affaire de spécialistes et de controverses internes entre pairs (le lieu, par excellence, où le public profane en est par principe exclu, mais cette exclusion n’a rien d’illégitime ici.)

        Autrement dit, le risque que j’entends et que vous pointez dans vos propos, à juste titre me semble-t-il, est double:

        Premièrement, celui de faire servir et de cautionner des intérêts et des jugements de valeurs (n’appartenant pas, par définition, à la sphère des faits qu’examine la science) par l’autorité scientifique elle-même, alors qu’aucune découverte ou innovation scientifique ne peuvent constituer à elles seules la solution d’un problème humain en général (les faits scientifiques ne faisant toujours que s’ajouter au problème posé, dont la résolution ne tient jamais à un savoir technique particulier encore à satisfaire et à vulgariser, mais à la capacité qu’ont tous les hommes d’imaginer des solutions « de bon sens » à la portée de tous et de s’en sortir par des voies simples et naturelles qui sont en tout et pour tout exactement celles du charbonnier et de tous les honnêtes gens réfléchissant sincèrement en eux-mêmes, dès lors qu’ils affrontent et surmontent des problèmes particuliers dans leur vie de tous les jours.

        Deuxièmement, le risque de confondre « progrès » et « bonheur » (humain s’ entend) comme si nos questions les plus fondamentales et les plus urgentes à résoudre (aujourd’hui par exemple, la menace climatique ou bien la neutralisation d’un virus) trouvaient leurs réponses et leurs remèdes dans une ou des innovations technologiques encore à effectuer (un nouveau vaccin par exemple, ou la mise au point d’une « energie propre », etc.).

        « On cherche le renouveau, déclarait Musil, et on ne tombe que sur la dernière nouveauté! » …

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      • alainlecomte dit :

        je voulais vous répondre, mais David Violet ci-dessous dit ce que je voulais vous dire, mieux que je m’apprêtais à faire.

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  7. abagendo dit :

    J’aime beaucoup cet article. J’y retrouve mes idées, mieux exposées et bien rédigées! Ça me rassure de voir qu’il y a encore des gens raisonnables. (On pense toujours qu’on l’est!)

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  8. jrfou dit :

    Quelques lignes lumineuses et rassurantes. On en a besoin. Ça fait du bien. Ouf ! Merci

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