Réduisons l’anthropie!

Alfred James Lotka, né en Pologne en 1880 et mort à New York en 1949, est connu surtout par ses travaux en dynamique des populations et les équations qu’il formula avec son collègue Volterra, mais on le présente aussi comme fondateur d’une nouvelle discipline: la biologie physique dont il expose les principes dès 1925 dans son essai Elements of Physical Biology (réimprimé en 1956 sous le titre Elements of Mathematical Biology). Comme il est dit sur Wikipedia, «Lotka y annonce une nouvelle discipline scientifique : la biologie physique, dont l’objet est la transposition des lois de la Physique aux systèmes biologiques. Il fonde son approche sur l’hypothèse selon laquelle les transformations cellulaires peuvent être interprétées comme des conversions d’énergie, et peuvent à ce titre être analysées par les lois de la thermodynamique. Dans cette représentation du monde, le minéral comme le vivant ne sont que les composants d’un système global de dégradation de l’énergie. Cette thèse lui valut une reconnaissance posthume aussi bien des théoriciens des systèmes comme Ludwig von Bertalanffy que des écologistes des années 1960 et 1970 ».

Alfred Lotka

Wassili Vernadsky (1863 – 1945), de son côté, était plutôt chimiste et géologue de formation mais s’est illustré par des recherches aux confins de ces disciplines et de la biologie, c’est donc la biochimie qu’il a inventée et même la biogéochimie, faisant de la vie même une force géologique, d’où son concept de biosphère, rajoutant ainsi une couche à la lithosphère et à l’atmosphère qui forment les entités en interaction dans et autour de notre planète. Il eut même cette idée de compléter ces couches par d’autres : technosphère (pour tout ce qui résulte de l’activité humaine) et noosphère englobant la pensée. On dit aussi sur Wikipedia que Vernadsky a identifié le facteur néguentropique découvert dans la nature, et repris le terme de noosphère « dans sa forme non-théologique ». On comprend donc particulièrement l’intérêt que l’on peut porter aujourd’hui à tous ces travaux qui fondent l’écologie scientifique moderne.

Wassily Vernadsky

Produire de l’anti-anthropie

Le mathématicien, physicien et biologiste Giuseppe Longo, co-auteur, avec tout un collectif (dont Maël Montévil, avec qui il a déjà écrit de nombreux articles), de « Bifurquer » (cf. mon billet précédent) s’inscrit dans cette lignée en y ajoutant ce que la science d’après 1945 a introduit de nouveau : la logique et l’informatique, mais aussi les disciplines qui se sont développées dans leur sillage : linguistique, psychologie cognitive… et bien sûr ce que l’on a coutume d’appeler l’intelligence artificielle. Ce qui m’intéresse est son approche non seulement critique mais en rupture par rapport à la tradition de ces disciplines. Les recherches conduites depuis l’apparition des sciences cognitives se sont majoritairement axées sur une conception de l’intelligence comme traitement de l’information, celle-ci se trouvant plus ou moins bien définie à partir des travaux de Shannon et de Kolmogorov, qui établirent le lien de l’information avec la théorie des probabilités, bien que l’on ait peu d’assurance sur le fait qu’un événement moins probable contiendrait en lui-même davantage d’information qu’un événement plus probable (selon ces théories, il y aurait autant d’information dans une suite de symboles produits au hasard que dans une pièce de Shakespeare de même longueur!). Cette conception implique une sorte de transformation mécanique d’un input capté par les sens en une représentation apte au calcul. Nous sommes en plein mécanicisme autrement dit dans une perspective qui ne fait au mieux que maintenir le degré d’entropie, et en aucun cas le diminuer.

Giuseppe Longo

Pour produire de l’anti-entropie, il faut bien plus : ce que j’oserai appeler créativité (bien que les auteurs n’emploient pas ce mot). Pour être plus précis et pour aller plus loin sans doute que la seule aptitude connue sous ce nom (et que Chomsky a déjà abondamment mise à contribution quand il parle de la créativité du langage pour, en réalité, signifier seulement l’infini potentiel contenu dans toute grammaire), ils font tout simplement appel à la notion de travail. Oui, il faut fournir un gros travail pour remonter le cours de l’entropie – anthropie !

Produire de l’anti-anthropie, c’est d’abord produire de la nouveauté, mais pas au sens de ce que les agents de marketing appellent « l’innovation », dans un sens tout autre, qui renvoie à ce qu’en aucune manière on aurait pu prédire :

Le concept d’anti-entropie vise à rendre compte des organisations biologiques dans leur historicité. Les formes de vie actuelles se maintiennent à la fois par l’activation de nouveautés fonctionnelles apparues dans le passé (anti-entropie) et par la production de nouveautés fonctionnelles (production d’anti-entropie) issues de l’individu ou du groupe (population, écosystème etc.). Non seulement ces nouveautés sont imprévisibles, mais leur nature elle-même ne peut être prédite. Cela a pour conséquence que la théorie des probabilités est insuffisante pour décrire le vivant et son évolution. (p. 74) (c’est moi qui souligne)

Ces « nouveautés » sont bien sûr à trouver aujourd’hui principalement dans la part exosomatique de la vie, autrement dit dans les savoirs et les techniques, et dès qu’une telle nouveauté apparaît, il va de soi qu’elle est un pharmakon (comme dit dans le billet précédent) c’est-à-dire une sorte de « remède » dont le risque de toxicité est loin d’être nul (puisque nous en avons tant de fois fait l’expérience au cours des décennies passées, avec l’évolution des télécommunications puis de l’informatique, l’apparition de l’Internet, des smartphones et des réseaux sociaux), d’où :

Pour qu’une nouveauté exosomatique puisse devenir bénéfique, et limite sa toxicité, un surcroît de travail est toujours nécessaire, en toute époque de l’évolution anthropologique. Seul le travail ainsi entendu permet d’identifier les nouveautés exosomatiques réellement requise par et compatibles avec un avenir souhaitable pour une localité – cette localité fût-elle la biosphère elle-même et en totalité. Ce travail est celui de la noesis, c’est-à-dire de la pensée, sous toutes ses formes, et comme savoirs pratiques aussi bien que théoriques, familiaux, artisanaux, sportifs ou artistiques aussi bien que théoriques, juridiques et spirituels au sens large. Il relève de ce que nous nommons en conséquence la noodiversité et la noodiversification.

Ce thème, omniprésent dans l’ouvrage, va permettre de développer considérablement l’opposition entre travail et emploi (l’emploi étant, au contraire du travail, une forme de séparation du savoir par rapport au sujet, ce que Stiegler rapproche de la forme salariat introduite par Marx, et donc de la prolétarisation). Le travail seul est producteur de sens (à condition qu’en fassent partie toutes les contributions qu’apportent les agents même lorsqu’elles ne sont pas rémunérées, comme l’éducation des enfants).

Longo, Stiegler, Montévil et al. envisagent donc et la technologie et la science, et notamment l’informatique et ses applications, sous un jour totalement différent de celui que nous avons vu dominer nos recherches dans les dernières décennies, et qui a, il faut bien le dire, réduit considérablement nos potentialités noïétiques puisque s’orientant principalement vers l’automatisation des procédures (traduction automatique etc.) et la préparation de packages (statistiques par exemple) pour « faciliter » les recherches… Une telle remise en cause peut aller loin, jusqu’aux fondements mêmes parfois de notre savoir contemporain (notamment en ce qui concerne la mathématisation et la notion afférente de modèle).

La modélisation et l’IA dans le courant entropique.

La mathématisation marque à n’en pas douter un pas utile dans la progression vers la scientificité d’une approche relative à un domaine donné. Un modèle mathématique a souvent été comparé à un modèle physique voire à un modèle réduit d’un phénomène décrit. Si le modèle correspond bien à la réalité, on pourra effectuer calculs et raisonnements qui permettront de prévoir et de décider en connaissance de cause. Il est possible de prévoir l’évolution d’un phénomène en s’en remettant aux équations qui le régissent. Cela est d’autant plus vrai que la réalité est simple (« non-complexe » comme on dit aujourd’hui). On a souvent pris pour exemple les calculs de trajectoire en balistique où une fonction mathématique (parabolique) décrit le phénomène en fonction d’une impulsion initiale et de la connaissance de la loi de la gravité.

Les modèles reposent en général sur de grandes hypothèses comme la linéarité, la polynômialité ou le caractère constant de certaines fonctions : la gravité est ainsi supposée être une force constante s’appliquant de la même manière en tout lieu de l’univers. Ces hypothèses définissent un cadre qui permet de formaliser et prévoir tout ce qui s’inscrit en lui, mais il va de soi que des phénomènes imprévus échappent aux modèles car ces hypothèses ne les ont jamais intégrés. Les modèles économiques ne peuvent ainsi prévoir les crises comme celle de 2008, et les modèles épidémiologiques restent très hasardeux tant qu’on n’a pas acquis une connaissance précise du virus nouvellement apparu : on l’a bien vu avec la covid-19. La mathématisation conduit ainsi à prévoir un monde sans risque et sans nouveauté radicale, ce qui est exactement le contraire d’un monde vivant, c’est-à-dire d’un monde échappant au deuxième principe de la thermodynamique.

Pour approcher une réalité vivante, il faudrait réduire considérablement notre propension à généraliser et à considérer les lois d’un modèle (même peut-être les lois de la physique) comme universellement applicables, il faudrait aussi probablement rejeter les hypothèses trop simples. Mais alors dira-t-on, on ne trouvera plus de mathématiques assez subtiles pour cela, ou alors des théories d’une complexité telle que notre entendement s’en trouverait dépassé. D’où alors, cette terrible conséquence à laquelle nous aboutissons : le réel ne nous serait peut-être atteignable qu’au travers d’un filtre constitué de mathématiques trop simples, raison pour laquelle il nous échapperait en très grande partie. Henri Poincaré écrivait dans L’avenir des mathématiques que « dans la plupart des problèmes de Physique mathématique, les équations à intégrer sont linéaires ; elles servent à déterminer des fonctions inconnues de plusieurs variables et ces fonctions sont continues. Pourquoi ? Parce que nous avons écrit les équations en regardant la matière comme continue. Mais la matière n’est pas continue : elle est formée d’atomes, et, si nous avions voulu écrire les équations comme l’aurait fait un observateur de vue assez perçante pour voir les atomes, nous n’aurions pas eu un petit nombre d’équations différentielles servant à déterminer certaines fonctions inconnues, nous aurions eu un grand nombre d’équations algébriques servant à déterminer un grand nombre de constantes inconnues. » mais peut-être pouvons-nous penser aussi que s’il en est ainsi c’est parce que les modèles continus sont mieux connus, plus faciles à utiliser. Quitte à appauvrir le réel et à le réduire à une « machine » aux comportements prévisibles… autrement dit qui maximisent l’entropie. La modélisation, en ce cas, ne rendrait jamais compte de la néguanthropie…

Henri Poincaré

Quant aux sciences humaines, le pouvoir de la mathématisation dans leur champ demeure des plus limités, et là où il s’applique, on peut vraiment trouver l’illustration des craintes exprimées par Giuseppe Longo au sujet d’un réductionnisme annihilant l’effet néguanthropique de la pensée.

J’ai beaucoup travaillé sur la mathématisation dans les sciences du langage et j’ai parfois été convaincu de ce qu’elle apportait comme savoir sur les structures profondes de la langue. Comprendre par exemple le rôle et la fonction des items de polarité négative (ou positive) dans la syntaxe des phrases d’une langue (pourquoi on dit « si tu viens jamais par chez moi » pour signifier « une fois » et pas « jamais » par exemple!) n’est pas simple. Une modélisation logico-mathématique y peut aider. De même pour les phénomènes de coréférence des pronoms (pourquoi dans « le fils de la concierge la nomme familièrement « mummy» », le deuxième « la » peut référer à la concierge, mais pas dans la phrase plus simple « la concierge la nomme familièrement « mummy » »). Mais on franchit une étape de trop lorsqu’on prétend réduire le langage à ce que peut exprimer un fragment de logique du second ordre mixé avec du lambda-calcul (ce qui était, en gros, le projet du philosophe américain Richard Montague), prétendant ainsi ouvrir la voie à une conception universaliste de la traduction entre langues.

Alan Turing

L’intelligence artificielle résulte d’une confusion : ne sachant pas définir ce que l’on entend par « intelligence », on a résolu (comme on le fait souvent en de tels cas) d’isoler de cette réalité quelques traits permettant de l’opérationnaliser. Et on qualifiera d’intelligent tout système qui satisfait ces traits. Peut-être la responsabilité de cette faute revient-elle à Turing qui fut le premier à lancer un défit aux fabricants de machines au moyen du fameux test qui porte son nom, reposant sur une situation de conversation entre un homme et une femme, cachés l’un à l’autre, ne communiquant que par écran interposé, avec un « juge » essayant de deviner qui est l’homme et qui est la femme, une machine étant considérée comme « intelligente » à la condition que si on la substitue à l’homme dans le dialogue, le juge la prendra pour l’homme (On s’interroge depuis longtemps sur les raisons qui ont poussé Turing à instaurer le dit dialogue entre deux partenaires de sexe différents. Dans la version initiale du jeu, l’homme est même supposé aider le juge, et la femme au contraire supposée le conduire à l’erreur… ce qui relève sans doute d’une bonne dose de sexisme chez ce cher Alan). On voit ici qu’il n’est pas question à proprement parler « d’intelligence » mais simplement d’un certain nombre de conventions sociales qui aident, dans une situation donnée, à déterminer qui est un homme et qui est une femme. Aspect très réduit de l’intelligence, sorte d’échantillon en quelque sorte qui ne ferait qu’en exprimer des caractéristiques très superficielles. Ou bien succédané d’intelligence… un peu comme le Canada Dry dont on sait qu’il ressemble à l’alcool mais n’est pas de l’alcool… Ce n’est pas cette intelligence-là en tout cas qui remplit la noosphère… et c’est bien ce qui nous préoccupe. Sur les ordinateurs, Longo et al. écrivent :

Avec l’augmentation de leur vitesse et la croissance des bases de données, la capacité des ordinateurs à traiter les informations et à effectuer des catégorisations augmente considérablement. Cependant, les tâches qu’ils peuvent effectuer ne sont pas équivalentes aux nouveautés produites par le travail humain. Ce travail produit du sens qui n’est ni dans les données initiales ni dans leurs combinaisons par des méthodes algorithmiques.

En fin de compte… l’Internet et l’Intelligence seraient à réinventer… comme eût dit Rimbaud à propos de l’amour.

Cet article, publié dans Science, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Réduisons l’anthropie!

  1. Debra dit :

    Peut-être que je reviendrai finir de lire ce billet quand je serai moins en colère avec ce que je viens de lire.
    Je… crois… que nous n’avons pas du tout besoin de traduire quoi que ce soit que nous avons déjà dit, pensé dans différents domaines, en langage scientifique.
    Je crois que, à l’heure actuelle, toute entreprise qui va dans ce sens est une démarche qui avance, et conforte, un totalitarisme « scientifique ».
    Vous savez bien que « nous » avons déjà vécu avec des totalitarismes… « scientifiques », surtout quand on songe que le sens du mot « science » était, il y a fort longtemps… CONNECTE avec Dieu. (En passant, de tous temps, Dieu a toujours été.. efficace, très efficace. C’est un de ses principaux attributs. Avec l’omniscience aussi, probablement…)

    Comme beaucoup de Français, vous avez du mal à comprendre mes positions sur l’héritage religieux, manifestement.

    « Arriver » à une arrivée où toute activité du vivant, et du non vivant SANS DISTINCTION ET SANS DISCRIMINATION est… EGALISEE pour en parler en termes d’énergie est une.. HERESIE pour moi, et représente une forme de religiosité que je refuse.
    Bien sûr, ce que je viens de dire sera interprété comme une forme d’intolérance, mais quand ce qui se présente de plus en plus comme un système de CROYANCES PARTAGEES A VISEE UNIVERSELLE étend de plus en plus son pouvoir sur les esprits, et sur des domaines où il n’avait pas cours, j’appelle ça une démarche de… COLONISATION, une démarche TOTALISANTE ET TOTALITAIRE, et je résiste.
    Je résiste pour pouvoir sauver ce qui reste de mon âme.. ET MON CORPS VIVANT, soumis à la mort, pendant qu’on y est.
    Fin de râle.

    J'aime

    • alainlecomte dit :

      Désolé, mais il n’y a rien dans cet article qui justifie une telle colère, puisqu’au contraire il s’inscrit dans un courant très critique à l’égard d’un certain scientisme (refus du mécanicisme) et qu’il essaie de mettre l’accent sur les propriétés irréductibles du vivant et de la pensée (le passage sur la modélisation devrait être assez clair!)

      J'aime

  2. Debra dit :

    J’ai tout lu, avec attention.
    Je maintiens ce que j’ai déjà dit. Cela relève de ce que nous avons déjà dit ici, sous la forme de « les ennemis de mes ennemis ne sont pas mes amis. » (En passant, je vous ai demandé des éclaircissements en amont.)
    Oui, Longo, Stiegler, Monteval et al, comme vous le dites, sont critiques sur l’automatisation, et la réduction de la pensée qu’elle entraîne MAIS…Lotka préconise de faire chuter l’opposition distinctive entre vivant/non vivant pour laisser la place à une biologie physique qui carburerait au concept de l’énergie seule. Je crois qu’il y a une dimension morale ? éthique ? dans le fait de faire disparaître cette opposition distinctive vivant/non vivant, et je ne veux pas suivre Lotka sur ce chemin. Faire disparaître une opposition distinctive, c’est faire chuter…UNE DIFFERENCE, et cela porte à de grandes conséquences. C’est fou combien un certain « pragmatisme » scientifique ? humain ? tend à disqualifier le pouvoir du langage, parce qu’il ne serait pas visible ? quantifiable ? comme des « actes ». Un très vieux débat oiseux de tous temps.
    Et puis, il s’agit également, et surtout du constat de la manière dont le vocabulaire scientifique USURPE de plus en plus de place dans les activités humaines, allant jusqu’à coloniser… dans la cosmétique qui est maintenant élaborée dans des « laboratoires scientifiques ». Vous devez savoir que Todorov était catastrophé en voyant que les étudiants en littérature faisait de la comptabilité des figures de style, SANS DU TOUT S’INTERROGER SUR LE SENS DE LA FIGURE DE STYLE dans le contexte, par exemple. De tels abus vont dans le sens de l’automatisation que Longo et compagnie critiquent, car compter est une forme de pensée très… entropique, mettons. Thésauriser des chiffres, les uns après les autres, c’est le degré maximum de l’entropie, pour recourir à votre/leur pensée.
    On peut constater combien l’entropie… augmente en voyant à quel point l’Homme devient celui qui est chargé d’exécuter les programmes de ses machines, dans une forme d’esclavage sophistiqué qui est l’exemple même de l’arroseur arrosé : les machines inventées pour économiser du temps, du travail, de l’effort à l’Homme, mais devenant dans la pensée/cosmogonie même de l’Homme… ses maîtres.
    Tout cela est bien triste, mais… prévisible, finalement, sans avoir besoin ni des augures, ni des équations, ni des probabilités.
    Ce qui est intéressant, c’est de comparer le concept freudien de pulsion de mort dans la dynamique des pulsions à l’entropie, et en sachant que la pulsion de mort chez Freud n’est pas tant que ça en rapport avec la mort…mais plutôt en rapport avec le désir de la créature d’échapper à la nécessité martelée ? de penser.
    Et je reviens au début, non, Lotka surtout n’est pas mon ami… et quand bien même Longo, Stiegler, Monteval et al critiquent le coté réductionniste de la théorie de la communication et de l’information, cela n’enlève pas le problème d’une langue colonisée par le totalitarisme scientifique.
    Et cela nous amène là où vous êtes arrivé, un peu en amont, en remarquant que des termes… spirituels/religieux débarquent de plus en plus dans cette langue scientifique qui a toujours été… la science de Dieu.
    Citation d’une vieille hymne luthérienne : « Mille âges dans Ta vue passent dans un éclair/Ils s’évanouissent aussi sûrement que les rêves de la nuit au contact avec les rayons de soleil du matin. » Citation approximative, car je ne le trouve pas dans mes textes…
    Le mot « REvolution » veut bien dire ce qu’il veut dire…

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s