Sapiens, une vision de l’histoire

Je lisais le livre de Yuval Noah Harari, Sapiens, livre paru il y a au moins cinq ans et qui demeure un grand succès de librairie, que je n’avais pas lu à sa sortie tant il me semblait être de vulgarisation facile, et puis que finalement j’ai lu parce que j’avais envie de savoir ce que disait cet homme maintenant si souvent interviewé et présenté comme un expert du futur dans les nombreux médias qu’il m’est donné de consulter, et bien sûr, je le trouvais séduisant – le livre, pas forcément l’homme ! – pas si mal fait, même si souvent il me semblait enfoncer des portes ouvertes. Je lisais ce livre et tout à coup je me sentais mal. Comme chaque fois que l’on en vient à réaliser qu’un bon nombre de nos croyances anciennes s’effondrent. Elles s’étaient effondrées peut-être déjà, d’ailleurs, mais sans que je m’en aperçoive. C’est comme la catastrophe dite « fronce » dans le vocabulaire de René Thom, ou plus banalement le phénomène d’hystérésis, il y a longtemps que vous avez quitté le sol mais vous ne vous en êtes pas rendu compte et tout à coup (là est la catastrophe), patatras, le changement du régime auquel vous étiez soumis jusque là se manifeste. Harari s’appuie sur plusieurs découvertes récentes en paléontologie pour montrer que notre évolution est loin d’avoir été linéaire, avec chaque stade d’homo succédant au précédent (sapiens après erectus, erectus après l’australopithèque etc.), mais au même moment, plusieurs espèces homo ont coexisté, Neandertal, Florensis, Denisova au moins (car on est en attente de nombreuses autres découvertes) en même temps que Sapiens, et comme dit l’historien, nous aurions beaucoup de petits cousins et même la plupart d’entre nous serions issus de croisements entre ces espèces, du moins aussi longtemps qu’elles n’avaient pas suffisamment divergé pour rendre impossible la procréation. Que reste-t-il de nos amis Néandertal ? Probablement des restes dispersés après quelque massacre de masse comme notre histoire a pu en produire à dates régulières… Mais en tout cas, il y a 70 000 ans, l’affaire était conclue, Homo Sapiens était bien en place et ne devait plus changer biologiquement. Je me souviens ici de ma visite à la grotte Chauvet, où les Magdaléniens d’il y a 35 000 ans peignirent des figures que ne renierait pas l’art moderne. Déjà on nous disait que, contrairement aux représentations des « humains préhistoriques » que nous nous faisions étant enfants, ces gens là nous ressemblaient physiquement, se vêtaient, se nourrissaient semblablement à nous, avaient toute la dextérité requise pour faire des peintures aux formes subtiles, fabriquer des outils et faire la cuisine

fresque de la grotte Chauvet

Les premières révolutions de l’Humanité et les pièges du luxe

Homo Sapiens était donc prêt à accueillir la première révolution de l’humanité, celle que Hariri nomme la Révolution Cognitive : un développement considérable de nos possibilités langagières, autorisant pour la première fois de faire référence à des objets absents, et même, bien plus : à faire exister des entités fictives, voie ouverte à la production de toutes ces notions de groupe, d’état, de nation, de divinité sans quoi l’Histoire n’aurait jamais pu commencer… Pourquoi ce pouvoir créateur a-t-il pu donner à cette espèce un tel rayonnement, une telle emprise sur son environnement ? Avec les idées d’état, de nation, ou de religion, voici que tout à coup, alors que jusqu’ici l’esprit de communauté ne dépassait pas la petite quinzaine de personnes dans la présence de qui on était constamment, le champ pouvait s’élargir, il devenait possible de faire communauté avec des gens que nous ne connaissions même pas pourvu que nous partagions le même dieu ou au moins le même drapeau. On imagine mal la puissance que confère à l’humain cette nouvelle aptitude, pourtant elle est de taille si on en croit les dégâts immédiatement infligés à la nature et à l’environnement. A partir de là, les grandes espèces animales disparaissent… Il suffit qu’un groupe d’homo sapiens débarque dans une île lointaine pour qu’aussitôt, l’extinction des espèces commence. Terrible découverte : notre pouvoir dévastateur ne date pas de quelque révolution industrielle récente voire de quelque système économique basé sur l’exploitation (le capitalisme pour ne pas le nommer), mais date des origines. Adieu les kangourous de deux mètres de haut, les lions marsupiaux, les koalas géants, les lézards dragons et serpents de cinq mètres, adieu le diprotodon, « wombat de deux tonnes et demie », qui formaient la mégafaune de l’Australie. Sans doute étaient-ils trop lents, trop gros, incapables de fuir devant l’arrivée des humains cognitivement armés. Adieu aussi les mammouths, bien entendu, et adieu la faune si particulière de l’île de Madagascar. Seuls les grands animaux marins eurent la chance de demeurer à peu près intacts… mais ce n’est que partie remise, comme on sait, car nos navires baleiniers, nos sonars et autres inventions technologiques naviguant sous les mers s’en occupent désormais.

diprotodon

A quoi bon sauver les diprotodons diront peut-être certains… mais la suite est encore plus triste et nous concerne directement, car cette révolution augure d’une seconde, bien plus terrible encore : la Révolution agricole. J’ai longtemps cru, sur la foi de ce que j’appris jadis, que celle-ci avait été une formidable conquête pour nous autres humains… Enfin pouvoir s’arrêter de migrer, se garantir des ressources stables par le moyen de l’agriculture et de l’élevage au lieu de partir chaque matin à la chasse ou à la cueillette et ne ramener que des trouvailles aléatoires, n’est-ce pas tentant ? Or, cette grande « conquête » est ramenée par Hariri à ce qu’elle semble effectivement être : « la plus grande escroquerie de l’histoire ».

Loin d’annoncer une ère nouvelle de vie facile, la Révolution agricole rendit généralement la vie des cultivateurs plus difficile, moins satisfaisante que celle des fourrageurs. Les chasseurs-cueilleurs occupaient leur temps de manière plus stimulante et variée et se trouvaient moins exposés à la famine et aux maladies. Certes, la Révolution agricole augmenta la somme totale de vivres à la disposition de l’humanité, mais la nourriture supplémentaire ne se traduisit ni en meilleure alimentation ni en davantage de loisirs. Elle se solda plutôt par des explosions démographiques et l’apparition d’élites choyées. Le fermier moyen travaillait plus dur que le fourrageur moyen, mais se nourrissait moins bien. La Révolution agricole fut la plus grande escroquerie de l’histoire. (p. 104)

deux grands responsables, dit Harari : le blé et le riz. La condition humaine réduite désormais à surveiller du matin au soir des plants de blé ou de riz. Le blé pouvait tomber malade, le blé pouvait être attaqué par les sauterelles, le blé avait besoin d’eau. Autant de menaces qui, lorsqu’elles se réalisaient, condamnaient à la famine. Rien de drôle dans tout ça… alors pour quel bénéfice ? Juste celui de l’accroissement des populations (en aucun cas l’amélioration qualitative de la vie). Le biologiste peut énoncer la loi d’airain : « La monnaie de l’évolution, ce n’est ni la faim ni la souffrance, mais les copies d’hélices d’ADN. De même qu’on mesure la réussite économique d’une société uniquement au solde de son compte en banque, et non au bonheur de ses employés, de même la réussite d’une espèce dans l’évolution se mesure au nombre de copies de son ADN ». Certes, nos ancêtres durent se rendre compte au bout d’un certain temps qu’ils avaient fait fausse route, qu’il allait falloir travailler toujours plus parce qu’il fallait nourrir toujours plus de monde, que nourrir les enfants avec de la bouillie ne valait pas le lait maternel (d’où il s’ensuivait un affaiblissement du système immunitaire), qu’il y avait de mauvaises et de bonnes années, que les premières exposaient à la famine et les secondes aux risques d’être attaqué, volé par des bandes ennemies et qu’il fallait donc, en plus, s’armer et se fortifier pour résister aux envahisseurs et aux brigands… mais au bout d’un certain temps, il était devenu impossible de revenir en arrière, impossible de retourner au statut de fourrageur, et cela pourquoi ? A la fois parce qu’il était devenu impossible de réduire la population et parce que cette vie nouvelle avait de bons côtés, en tout cas pour les mieux lotis, qu’il y avait châteaux à habiter, ripailles à faire, parures à revêtir, bref on était tombé dans les pièges du luxe. « Une des lois d’airain de l’histoire est que les produits de luxe deviennent des nécessités et engendrent de nouvelles obligations » (p. 113).

Les fictions sont-elles toutes des religions ?

On pourrait s’arrêter ici, et, de fait, le livre de Yuval Noah Harari est surtout intéressant à discuter pour ce début (cinq ou six premiers chapitres) et pour sa fin (le dernier chapitre surtout). Le reste est relativement banal, ne nous apprend pas beaucoup de choses que nous ne sachions déjà, et s’il nous expose certaines, c’est de manière bien trop simplifiée. L’histoire ne serait que la poursuite de ces « révolutions » (cognitive et agricole) quand elle s’engage dans la constitution d’empires (avec toujours cette idée que plus on s’étend plus on est fort) et que pour donner fondements et racines à ces royaumes, elle se nourrit de ces fictions terribles que sont les religions. On pourra ici faire porter la critique : toutes les fictions étendues ne sont pas des religions. Harari embrasse d’un geste large les polythéismes et les monothéismes, mais il incorpore aussi dans les religions les grandes idéologies politiques et les philosophies, parmi celles-ci l’humanisme, dont il distingue trois variantes : l’humanisme libéral, l’humanisme socialiste et l’humanisme évolutionniste. Le premier serait celui que nous partageons communément, basé sur la valeur de l’individu humain, qui ne serait, selon Harari, que le reflet de la notion d’âme dans la religion chrétienne (le caractère sacré de l’individu ne viendrait que du christianisme), le second bien sûr, remplacerait l’individu par la collectivité et nous en aurions connu des réalisations sous l’égide du communisme, et le troisième serait représenté par l’idéologie nazie, dont le propre serait essentiellement (pour Harari toujours) d’être basée sur la théorie darwinienne de l’évolution, simplement « un peu » déviée de son propos initial. On est choqué de lire (p. 273) que « compte tenu de l’état du savoir scientifique en 1933, les croyances nazies avaient droit de cité. L’existence de races humaines, la supériorité de la race blanche, et la nécessité de protéger et de cultiver cette race supérieure étaient des convictions largement répandues parmi les élites occidentales ». Curieuse façon de justifier l’hitlérisme. En somme, si Hitler a pris le pouvoir cette année-là, c’était bien normal compte-tenu de la mentalité qui prévalait dans les élites occidentales. Je n’en suis pas si sûr. Il me semble plutôt que la « méthode » harariste touche ici à ses limites : à force de généralisation et de simplification, elle donne une importance démesurée à ce qui semble être (par le biais des productions mythiques complétant les dispositions « naturelles ») la prolongation de l’histoire biologique, aboutissant alors à une absence de différenciation des projets que Homo Sapiens conçoit sur la base des systèmes de valeurs qu’il élabore consciemment. L’Histoire ne se joue pas en continuité de la biologie mais en rupture, une fois que la Révolution Cognitive a été entérinée, sans retour en arrière possible, et que s’élabore un monde d’objets imaginaires, symboliques et conceptuels qui prennent autant de consistance que les réalités biologiques et physiques. Ces objets entretiennent des relations complexes entre eux qui ne les ramènent pas non plus à des ensembles de « mèmes » autonomes qui s’affronteraient sans liens structurels avec les autres niveaux de la production « culturelle », cela Lévi-Strauss l’avait bien démontré lorsqu’il mettait en relation mythes, coutumes, systèmes de parenté et de production dans les sociétés dites « primitives », montrant que tel élément absent d’une structure se retrouvait ou bien était compensé par un élément présent au sein d’une autre structure. Façon juste plus élaborée de voir les liens entre infra- et super -structure que celle que proposait Marx. Bien sûr, cette vision nécessaire est absente de la conception développée par Harari.

Sur une autre question, les guerres de religion, l’historien-anthropologue marque ainsi encore les limites de sa méthode. On peut voir bien sûr ces guerres comme des conflits « mémétiques » (c’est-à-dire des affrontements entre ensembles de « mèmes » autrement dit de traits distinctifs entre des ensembles de pensées) et trouver absurde que « les chrétiens [aient massacré] les chrétiens par millions pour défendre des interprétations légèrement différentes d’une religion d’amour et de compassion » (p. 254), mais c’est alors prendre les religions comme des entités autonomes et croire en ce qu’elles disent (« amour et compassion ») alors que nous savons bien aussi qu’elles sont des systèmes qui servent à déguiser nos projets politiques et nos buts économiques. Qui croit que Daech serait le bras armé d’une religion luttant pour la purification du monde, et non la simple traduction armée d’un mouvement politique visant à réaliser une hégémonie sur une partie du monde ? Lire les conflits dits « religieux » au travers du seul prisme de la religion est évidemment une manière de masquer les principales raisons pour lesquelles ces systèmes mythiques marchent et pourquoi ils sont produits, c’est-à-dire à des fins très matérielles. La Saint-Barthélémy n’est pas « absurde », elle est un événement qui prend place dans des conflits de classes et d’intérêts socio-économiques, comme l’a montré Gérard Noiriel dans sa magnifique Histoire Populaire de la France. Et Jeanne d’Arc n’était pas une sainte guidée par sa seule Foi, mais une sorte de Gilet Jaune avant l’heure qui en avait assez que ses familiers soient rançonnés par des nobliaux alliés des Anglais et a voulu secouer les puces de cet abominable roi de France, veule et hésitant…

Quant à l’humanisme dit « libéral », Francis Wolff a très bien montré qu’il pouvait être pensé indépendamment des notions religieuses d’âme ou de caractère sacré de la personne, mais en se basant sur une optique rationnelle, voire rationaliste.

Fictions, logiciels utiles

Les religions, les théories économiques ou sociales, les discours philosophiques sont des fictions, (j’ai défendu ce point de vue déjà dans mon billet sur le livre de Wolff) mais cela ne les réduit pas à des objets imaginaires sans consistance. Les objets imaginaires existent aussi, même si c’est dans un sens qu’il faudrait approfondir. Après tout, on prend très au sérieux les objets mathématiques (les nombres premiers par exemple, dont mon ami Kevin a trouvé récemment un exemple stupéfiant en la « personne » du nombre de Belphégor : 1000000000000066600000000000001 (1030 + 666 × 1014 + 1), qui est à la fois palindromique et premier) alors qu’ils sont eux aussi des objets qui semblent issus de notre imagination au même titre qu’un personnage de roman ou une fiction poétique (Hypérion d’Hölderlin par exemple). En tout cas, ces « fictions » ont une matérialité (comme on disait autrefois quand on parlait de « matérialités discursives ») car elles peuvent être des outils pour transformer le monde, forger des projets, modifier les dispositions des humains pour qu’ils améliorent leurs possibilités de survie, et de ce point de vue, on peut évoquer des fictions plus utiles que d’autres, comme, justement, l’humanisme basé sur une reconnaissance des dispositions universelles de l’humain au dialogue et à la réciprocité. Comparaison osée : il en serait un peu de ces fictions comme des logiciels des ordinateurs. Impossible de faire tourner l’ordinateur sans eux, et surtout sans le plus important d’entre eux, le système d’exploitation, qui est démarré par « bootstrapping » (on désigne ainsi un processus de démarrage s’exécutant sans apport extérieur). Ce logiciel, qui n’est donc pas « matériel » au sens physique ou biologique du terme, assure un fonctionnement théoriquement sans limite s’il est correctement conçu… un peu comme une philosophie qui, en même temps qu’elle se donnerait comme texte explicitant les moyens de la meilleure vie pour les cerveaux à qui elle s’adresse, se mettrait en pratique d’elle-même en comptant seulement sur leurs fonctionnalités de base.

Une nouvelle « révolution »?

A lire ce Sapiens, on réalise, malgré tous ses défauts, que chaque « révolution » nous entraîne vers un peu plus de contraintes et de dépendance envers un ordre qui n’est pas forcément celui pour lequel notre cerveau est le mieux préparé, mais qu’en même temps peut-être, à chacun de ces pas, une conscience plus forte se fait jour de cette inadéquation, ou de ce hiatus. On pourrait évidemment penser que c’est là une double peine : à la fois vivre moins bien et posséder mieux les moyens de s’en rendre compte, mais il y a aussi une autre manière de voir les choses qui consisterait à dire que les conditions n’ont jamais été autant réunies pour que l’humanité ait conscience de la nécessité de revenir en arrière, c’est-à-dire de retrouver un état antérieur où ces contraintes et dépendances étaient moins lourdes. Qu’il suffirait pour cela de commencer à réduire le luxe de nos vies, transports aériens bon marché, automobiles trop lourdes et trop puissantes, communications intensives rendues possibles à toute heure du jour. Comme on dit dans le poème de Desnos, « cela ne ferait peut-être pas l’affaire des chapeliers et des dentistes », entendez par là : des GAFA et de l’industrie pétrolière. Nécessité donc d’affronter ces dernières de manière conséquente.

à suivre : je reviendrai la semaine prochaine sur le dernier chapitre de Sapiens et les problèmes qu’il me semble poser.

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3 commentaires pour Sapiens, une vision de l’histoire

  1. Stephanie Berth dit :

    J’ai hâte de lire ce livre ! Il est sur ma pile à lire depuis un bon moment !

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  2. Debra dit :

    Je ne lirai pas ce livre. J’en ai beaucoup entendu parler… comme d’une Bible « nouvelle », d’ailleurs, et si j’ai des rapports très complexes et compliqués avec l’ancienne Bible, j’ai envie de fermer les yeux sur la nouvelle bible.
    Le problème avec le règne du positivisme scientifique généralisé et « universel », c’est qu’il évacue l’inconscient. C’est un problème important, et qui affaiblit ses théories.
    Je ne crois pas non plus que nos ancêtres préhistoriques se nourrissaient comme nous. En tout cas… il faudrait voir de quel « nous » on parle en le disant. Ils mangeaient les plats sous barquettes, et blisters, de la nourriture « fast food » industrielle, la viande conditionnée obtenue à partir d’un élevage également industriel ? Le fait de consommer des aliments à partir du blé, ou du riz, des céréales produits dans un rapport de.. CULTURE avec la terre ne suffit pas pour faire ces rapprochements, me semble-t-il. Comme vous avez dit plus haut, il faut faire attention aux généralisations ; elles peuvent nous mener très loin, même si elles sont indispensables à la pensée.
    Ce que je vois bien à travers votre exposé du livre, c’est qu’encore et toujours on épingle… le luxe….
    A la Réforme, « on » épinglait le luxe. Je ne peux que me demander pourquoi ce comportement revient si souvent, de manière impérative, dans l’histoire de l’Humanité.
    Je trouve maintenant, à méditer cela, que nous besoin d’épingler le luxe est… infini.
    Je n’oublie pas non plus que le mot « luxe » étant… bien ancré dans la/les langue(s), nous faisons des révolutions pour changer les signifiés de ces signifiants pour préserver… une continuité ?
    D’où vient la nécessité d’épingler le luxe ? Serait-ce un regard envieux, de la part des uns, coupable de la part des autres, très mal assis dans leur autorité ? légitimité ? dans le quotidien ?
    Pour la valeur de l’individu, Harari se trompe. Il ne s’agit pas d’une valeur fondamentale du Christianisme ; il s’agit d’une valeur fondamentale déjà pour le Judaïsme, qui a été transmise à sa petite soeur hérétique.
    Pour la possibilité de fonder une espèce de… transcendance ? rationaliste, et rationalisante, je suis assez allergique. Pendant le confinement, j’ai lu « L’Humanité Perdue, Essai sur le XX° siècle » de Finkielkraut, qui date de 1996, et je trouve que Finkielkraut fait une démonstration assez convaincante des alliances diaboliques entre la religion de la raison, et les dérives du III° Reich, et de Staline. Si je l’ai bien compris…
    Il y a une forme d’incompatibilité entre le fait de reconnaître une valeur suprême à la personne (charnelle, mortelle, objet de souffrance, et de mort, qui plus est), et la sacralisation de la communauté sous forme d’intérêt GENERAL. Le général ne sera jamais.. le particulier.
    Nous avons déjà eu cette discussion il y a longtemps, ici, d’ailleurs. Je n’ai pas varié mon point de vue.
    Pour la nécessité de revenir en arrière, je mets ce REGRES en pratique. Mais j’ai entendu hier que le gouvernement français allait débloquer de grosses sommes encore et toujours pour… le numérique… Je ne vois pas comment nous allons pratiquer le REGRES comme ça.
    Et une grande partie de notre problème (ce qui rejoint ma critique du positivisme scientiste…) vient de notre obstination à imaginer que nous contrôlons des choses que nous ne contrôlons pas. Cela nous conduit à des formes de déni… invisible à nos propres yeux.
    Je préfère la lecture de Konrad Lorenz à ce que vous me présentez là….

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  3. Debra dit :

    J’ai oublié de dire le plus important : la nouvelle « science de Dieu » reprend à sa manière le mythe d’un paradis perdu… chez les chasseurs cueilleurs. Soyons vraiment fous et emplis de hubris : pourquoi s’engouffrer toujours dans des mythes de paradis PERDUS ?
    En quoi faut-il toujours que le paradis nous soit.. PERDU ? L’illuminé qui nous a donné le Christianisme s’était battu pour rectifier le tir, et nous aider à voir que le paradis pouvait se manifester DANS le quotidien, pas dans un passé… mythique, que ce soit le passé mythique biblique de l’Ancienne Eglise, qui se disait… « nouvelle », ou… le passé mythique de la nouvelle nouvelle église…

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