Nouvelles de Georgie

En 1999, un colloque organisé conjointement par l’Université d’Amsterdam et l’Université d’Etat de Tbilissi (troisième symposium sur « Langue, Logique et Calcul ») m’a attiré en Georgie pour la première fois : c’était à Batumi, ville portuaire au bord de la Mer Noire, capitale de la Province d’Adjara, à l’époque sécessionniste et dirigée par un tyran local du nom d’Abachidze. Les participants au colloque étaient regroupés dans l’enceinte d’un hôtel de luxe en bordure de plage, délimitée par des fils de fer barbelés. On pouvait sortir se promener quand même, à condition de passer par la grande porte… et on se retrouvait alors dans un village à quelques minutes de la ville, avec son marché où on vendait de belles pastèques. Quelques usines rouillaient en bordure de mer. Il y avait une ligne de chemin de fer qui arrivait jusque là, et des gens qui vivaient dans des wagons abandonnés. La ville elle-même de Batumi avait son cœur bâillonné : son centre était occupé par le palais présidentiel et toutes les rues qui y conduisaient étaient barrées par des chevaux de frise. Des hommes nerveux en uniforme, la kalachnikov à l’épaule, en filtraient les accès. Le soir, les rues étaient sombres car les éclairages étaient inexistants. La bande de Hollandais avec laquelle je trainais cherchait désespérément un bar pour boire des bières et sans s’en rendre compte, nous échouâmes… dans un bordel. Je rencontrai à l’époque quelques collègues georgiens, notamment quelques enseignantes parlant un français excellent, qu’elles tenaient de leur tradition familiale. Ils avaient un grand espoir dans la démocratie. Selon eux, la capitale, Tbilissi, était très en avance sur cette province barbare où nous étions obligés d’être. Je suis sûr qu’ils ont applaudi, et même participé, à la « révolution des roses ».

Pourquoi en reparler aujourd’hui ?

Parce que je reçois de collègues néerlandais ayant co-organisé ce colloque, des informations alarmantes, dont la presse occidentale s’est peu fait l’écho. Apparemment, le nouveau gouvernement souhaite « faire des économies » et couper sombrement dans le budget de l’éducation et de la recherche, divisant par quatre ou cinq le nombre d’employés et notamment d’enseignants. Ainsi, à la faculté de Physique, sur 115 enseignants, 23 ont été conservés dont seulement quatre avec un statut permanent. Les enseignants se sont mis en grève et ont voulu occuper leurs locaux. La police est intervenue violemment (voir les nouvelles sur les sites suivants :

http://www.geotimes.ge/index.php?m=home&newsid=675

http://www.civil.ge/eng/article.php?id=12975 )

Les mêmes enseignants georgiens que ceux évoqués ci-dessus appellent au secours : selon eux, la situation est devenue pire qu’aux temps de l’Union Soviétique.

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