Langue et calcul: une autre vision

Le meilleur complément que je puisse trouver à ma note précédente est une référence aux travaux de mon collègue linguiste Pierre Pica, cf. http://umr7023.free.fr/Membres/Pica.htm qui, avec d’autres chercheurs a mené une étude minutieuse sur les capacités arithmétiques des Mundurucus (un peuple de l’Amazonie brésilienne). La langue mundurucu ne possède qu’un lexique et qu’une syntaxe de noms de nombre réduits : ces noms sont par exemple limités à un, deux, trois, quatre ou cinq. Il y a aussi la présence de quelques quantifieurs vagues (peu, beaucoup, quelques…). Les auteurs de l’étude (à paraître dans Science le 15 octobre prochain) montrent que « malgré leur lexique et syntaxe des nombres réduites, les Mundurucus ont une capacité semblable à la nôtre d’approximation numérique ». Sur son site, P. Pica évoque la manière dont ces résultats ont été obtenus (par des tests qu’on a fait passer à 55 personnes). Alors, même avec un système linguistique qui, en apparence, ne s’y prête pas, on serait capable d’avoir les mêmes activités de pensée mathématique que celles de tout autre peuple ? Oui, probablement. Même s’il existe quand même certaines opérations plus fines qu’il n’est possible de faire que lorsque le système linguistique s’y prête (les Mundurucus semblent peiner dans les soustractions…)… Peut-on établir une connexion avec les recherches signalées dans ma note précédente ? Si quelqu’un a des idées…

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