Des poissons qui nous ramènent à une terrible réalité

Il y a des mots qui puent à force de ne plus servir. Des mots pareils à des cadavres. Des mots en décomposition. Vous voulez en entendre quelques-uns ? Accueil. Entraide. Solidarité. Soin. Chaleur. Réconfort. Compassion. Ça sent mauvais, vous ne trouvez pas ?

Dans le dernier numéro de la revue « Le 1 », articles et nouvelle bouleversants et définitifs sur la question des migrants. Est-ce qu’on peut continuer d’accepter ce qui se passe aujourd’hui, dans les mers, les déserts et dans les camps de Libye ou d’ailleurs, sur les côtes de la Grèce voire même chez nous sur celles de la Manche ? Non, n’est-ce pas, nous ne pouvons plus accepter. Ça suffit. Les dizaines ou centaines de milliers de gens venus d’Afghanistan, du Soudan, d’Irak ou du Kurdistan pour mourir en mer, ou bien ceux qui sont torturés dans les geôles libyennes ou encore ceux qu’on attire exprès dans des nasses d’où ils ne pourront jamais ressortir. Comment pouvons-nous accepter cela ? Je sais : notre pouvoir est faible. Mais pourquoi aujourd’hui, la proposition de manifester notre refus de cela dans les rues de nos villes passerait-elle pour incongrue ? Pour ridicule ? Pourquoi tant de nos concitoyens se déchaîneraient-ils à la première évocation d’une telle idée, nous assurant que ce serait là immédiatement donner le pouvoir à l’extrême-droite, à Zemmour ? Nous sommes devenus lâches et veules. C’est le sens de la nouvelle écrite par Eric Fottorino dans ce numéro du « 1 ». Nouvelle horrible, dont nous ne pouvons pas sortir indemnes, ni indifférents. Cette nouvelle s’appelle « La pêche du jour ». Elle met en scène sur un port de pêche, un vendeur de poissons et un acheteur potentiel, ou du moins un « curieux ». Vendeur de drôles de poissons… Voici le début :

« – c’est l’arrivage ?

– Pêche du matin.

– Loin ?

– Devant Lesbos. Et juste en face, sur les côtes de Turquie. Il suffisait de se pencher pour les attraper.

– vous avez quoi ?

– de tout.

– Mais encore ?

[…]

– Qu’est-ce que c’est ?

– Du Malien. Bien conservé. La peau noire, ça protège les chairs.

– Et là ?

– Du Guinéen.

– Moins bon état, non ?

– Trop longtemps à croupir dans les camps de Libye. »

etc. etc.

On a compris : Fottorino nous dépeint un monde où l’on a franchi un pas de plus dans l’horreur de l’inhumanité. Un monde caricatural, qui n’adviendra jamais, n’est-ce pas ? Car évidemment, on ne vendra jamais des cadavres humains comme des carrelets, de la lotte ou du flétan. C’est une métaphore, ou plutôt : une parabole. C’est une manière de nous renvoyer de façon grimaçante en pleine face toute l’horreur de ce que nous acceptons même si cela ne va pas jusqu’à la « pêche en mer ». Mais d’où vient que cela fasse mouche ? Parce que tous les arguments que le « pêcheur » oppose à son naïf interlocuteur sont ceux que l’on est prêt à entendre de n’importe quel partisan d’une politique de rejet des migrants par tous les moyens qui se présentent, y compris les précipiter en mer pour qu’ils se noient, y compris les laisser entre deux frontières pour qu’ils y meurent de froid et de faim. Supposons que l’on traite ainsi des hordes d’animaux dont on voudrait se débarrasser (à cause par exemple des dégâts qu’ils feraient aux cultures) : nous protesterions violemment. Des associations comme L214 monteraient en première ligne et les journaux diraient notre honte, notre effroi, et les responsables de ces actes reculeraient, honteux et s’excusant, disant peut-être qu’on les avait mal compris. Pourquoi lorsqu’il s’agit d’humains, de telles réactions sont-elles devenues inaudibles, impossibles à manifester ?

Pourtant, un être humain, même s’il est musulman, même s’il vient d’Irak ou du Kurdistan, etc. vaut bien un loup ou un ours.

Sauver des vies par les temps qui courent, c’est un crime. – vous exagérez, non ? – Ceux qui s’y risquent sont accusés d’intelligence avec l’ennemi, et même de trafic humain, vous trouvez que j’exagère ? Je vais vous dire la vérité : ça ne servirait à rien de vouloir sauver ces gens au bout de leur détresse. La noyade abrège leur calvaire.

Car le cynisme est là. Ils veulent y aller ? Eh bien qu’ils y aillent, et s’ils meurent en route, nous en serons débarrassés. C’est ce qui se dit dans les chancelleries, ce qui se dit dans les aéroports, les ports, les gares, les postes de police, c’est ce qui se dit en mots à peine voilés sur les plateaux télé. Au nom de quoi ? Au nom des intérêts de la Nation vous diront-ils… ainsi le mot est lâché. Nation. Nationalisme. Le terme sacré aujourd’hui. Qu’est-ce qu’une nation ? Une entité imaginaire qui prend d’autant plus de « réalité » qu’on la suppose menacée.

Où est la gauche ? Que peut-elle ? On n’entend plus que ça de toutes parts. La gauche vaincue, la gauche assassinée, la gauche ridicule qui fera à peine 23 % aux élections. Mais la gauche qui a bien voulu se laisser faire, la gauche qui a trouvé malin de tenter de conquérir la droite en lui empruntant ses oripeaux. Autrefois, la gauche était universaliste, voire même internationaliste. Le concept de nation était secondaire : la liberté, la paix entre les peuples, l’humanisme étaient compris à terme comme devant aboutir à atténuer les oppositions entre les différentes nations composant le monde politique et administratif (mais pas le monde social ou géographique). Mais bravo, la gauche a repris le drapeau à la droite et a décidé elle aussi de faire la Nation une divinité. On voit le résultat. La droite n’a pas été convaincue, oh non ! Non seulement elle ne le fut pas mais elle décida de surenchérir. C’est ce que nous voyons aujourd’hui avec ces candidats… bizarres, tous plus nationalistes les uns que les autres.

Il fallait qu’un sommet fût atteint, un paroxysme même, et il le fut avec Zemmour. Celui que l’on a pu entendre récemment sur un plateau télé affirmer que que le pire mal qui puisse arriver à une nation… c’est que ses citoyens « se perdent dans le compassionnel ». Aux images de la pire inhumanité (le petit Aylan dont le corps fut rejeté par la mer en 2015), Z. n’eut que ricanement obscène, clamant qu’un bon chef d’état est celui qui sait mettre les intérêts de la Nation au-dessus des considérations « émotionnelles ». Mais voyons… comment est-il possible qu’aucun journaliste ne lui ait envoyé en pleine figure que c’était là non pas le comportement d’un « bon chef d’état » mais celui, tout bonnement, d’un Führer ? C’est bien sûr l’idéologie nazie qui a monté à son paroxysme le mythe de la Nation, du Reich, jusqu’à en faire une divinité face à laquelle aucun sentiment humain n’a de valeur. Les soldats de la Wehrmacht, les officiers SS étaient passibles des pires peines si on les prenait à manifester la moindre pitié face aux massacres des Juifs et d’autres innocents, dont les corps s’entassaient dans les fosses qu’ils leur faisaient creuser. Jonathan Littel a écrit quelques pages mémorables sur le sujet dans « Les Bienveillantes » (oublié ce roman qui obtint le Goncourt il n’y a pas si longtemps?).

Nous n’en sommes pas encore à massacrer nous-mêmes les indésirables, nous avons l’élégance de les laisser se massacrer eux-mêmes (NB : « se » est ici réflexif, non réciproque, bien entendu), si possible loin de nous et de nos agapes.

Nos concitoyens n’en ont paraît-il rien à faire.

Le candidat qui se risquerait à dire un refus, ou à manifester une simple objection courrait contre son camp. Sauf peut-être madame Taubira (oui, j’y crois encore). Madame Taubira en perdrait les élections ? Et alors ? Qui a dit autrefois qu’il valait mieux perdre une élection que son honneur ? Et puis, ce n’est même pas certain qu’elle perdrait les élections. Les gens, les électeurs, vous, moi, avons tendance à répéter ce que nous entendons, à nous comporter comme on nous dit qu’il faudrait que nous nous comportions, hélas… mais qui les sonde, qui nous sonde vraiment ? Qu’en savent-ils, les chroniqueurs, si dans le fond de nous-mêmes nous ne sommes pas attachés à notre humanité ? Il n’est pas plus possible d’imaginer un peuple heureux près de marées humaines qui agonisent que d’imaginer Sisyphe heureux… On ne me fera pas croire à la légende des Allemands paisibles cultivant leurs rosiers en bordure des camps de Birkenau ou d’Auschwitz, leur « bonheur » devait quand même avoir un drôle de goût… tout comme est bizarre le goût du notre après avoir intériorisé à jamais ces images d’hommes et de femmes maintenus prisonniers entre deux frontières de barbelés par des journées et des nuits glaciales aux confins de l’Europe.

Crédits: Belta, photo La Tribune

NB : ce numéro du « 1 » ne contient pas que cette nouvelle d’Eric Fottorino (bientôt une pièce de théâtre jouée par Jacques Weber au Théâtre du Rond-Point, à partir du 20 janvier et pour toute la durée de la campagne présidentielle), il contient aussi les analyses de Catherine Wihtol de Wenden et de François Gemenne. Gemenne dénonce la folie des murs qui n’empêcheront jamais les gens déterminés de passer, ces murs qui, dit-il « n’ont guère d’effet sur les migrations, sinon de les rendre plus dangereuses et de renforcer l’emprise des passeurs ».

Si l’Europe en est aujourd’hui réduite à ce « naufrage de la civilisation », pour reprendre les mots cinglants du pape François, c’est parce qu’elle n’a pas voulu déployer une politique commune en matière d’immigration. Chacun des États membres s’est arc-bouté sur sa souveraineté nationale pour refuser toute gestion commune, tout mécanisme de solidarité.

François Gemenne démonte très bien le mécanisme infernal : plus vous bouclez les frontières plus les migrants qui ont déjà fait dans des conditions extrêmes les milliers de kilomètres qui les ont amenés jusque là sont prêts à tout pour passer, y compris donner des sommes folles à des passeurs sans scrupule qui les lanceront à l’assaut des grillages et des mers avec très peu d’espoir de réussite. A la frontière polonaise, dit-il aussi, il était possible d’accueillir ces quelques milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, il était possible de les répartir sur le territoire européen. Cela n’aurait pas été céder au chantage de Loukatchenko, au contraire, cela aurait permis d’éviter d’autres chantages en disant ainsi aux provocateurs extérieurs : vous voyez, nous sommes capables de gérer l’arrivée de ces migrants. Au lieu de cela, nos gouvernements montrent à la face du monde qu’il y a là une arme facile permettant de les déstabiliser.

photo UN News

Qu’allons-nous faire de tous ces migrants ? Où allons-nous les mettre ? Fantasmes des nationalistes peureux. Mais nous pouvons les accueillir, installer d’abord des centres d’hébergement, puis les envoyer aux quatre coins de l’Europe où des états responsables pourraient leur apporter ce dont ils ont besoin pour leur intégration, comme cela d’ailleurs s’est fait en Allemagne sous Angela Merkel, grâce à des cours de langue, des enseignements ciblés où les accueillants montrent non seulement ce que sont les droits des accueillis mais aussi ce que sont leurs devoirs : un minimum d’acceptation des normes du pays d’accueil.

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8 commentaires pour Des poissons qui nous ramènent à une terrible réalité

  1. Article très intéressant ! Je ne partage pas votre avis sur tout, mais sur l’essentiel 🙂

    Par exemple, cette fiction que je n’ai pas lue et dont vous donnez un extrait, je ne trouve pas qu’elle serve la cause des migrants auprès du lecteur ni qu’elle donne une dignité aux concernés. Seul l’auteur en tire profit, il pourra se draper dans sa supériorité morale. Je m’imagine migrante lisant ça : je me sentirais humiliée, et j’aurais une rage. Je perçois ici une immoralité foncière qui se couvre de moralité pour se montrer. Choquer pour le plaisir et le prestige qu’on en retire relève de la simple superficialité, mais cette légèreté devient une faute morale quand le sujet est si grave. La réalité est assez choquante sans qu’on l’exagère : contentons-nous de la dire au plus près, de soutenir ce qu’elle a d’insoutenable. Les migrants sont déjà déshumanisés et l’auteur prend le parti de les déshumaniser davantage, pourquoi ? Pour qu’on prenne conscience de leur calvaire ? Croit-il que qui que ce soit l’ignore ? Qu’on a attendu sa bonne parole ? Il pourrait les humaniser, leur redonner leur dignité, tout en racontant l’horreur. C’est un choix qu’il n’a pas fait et que font par contre tous les témoins et survivants des génocides et des massacres. Ils n’iront jamais instrumentaliser ainsi la souffrance qu’ils ont traversée pour des effets tout littéraires. Ah si la littérature était un peu moins sûre de sa vertu.

    Je ne sais pas non plus si les gens seraient davantage interpellés s’il s’agissait d’animaux. La disparition des abeilles, qui nous sont essentielles, ne suscite pas de grands émois. Et en général, ceux qui sont sensibles à la souffrance animale le sont autant à la souffrance humaine – et ceux qui sont indifférents le sont à l’une et l’autre.

    Quant à la gauche, elle s’est perdue en renonçant à l’universalisme, mais aussi à l’humanisme, à la raison et surtout à la fraternité. Je les regarde se diviser et se disputer sans fin, oubliant la mise en garde d’Orwell : ce que promet le socialisme, ce n’est pas le bonheur des hommes mais leur fraternité.

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  2. Je reviens nuancer mon propos : c’est vrai que beaucoup d’animalistes sont misanthropes et que la comparaison entre la pureté de l’animal et la dépravation de l’homme (dont ils semblent souhaiter l’extinction) est un lieu commun parmi eux. Mais les deux sensibilités ne s’opposent pas chez tout le monde, elles peuvent être en continuité. Et peut-être que je suis dure au sujet de la nouvelle… C’est que je vois tellement d’auteurs exploiter ce sujet par simple opportunisme.

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    • alainlecomte dit :

      Oui, chère Joséphine, il faut nuancer votre propos! D’abord, je ne pense pas que l’on puisse soupçonner Eric Fottorino de chercher à tirer profit de ce drame, ni se se draper dans sa supériorité morale (!). C’est un écrivain et un journaliste qui a donné toute garantie d’honnêteté dans le passé. Il est paradoxal que l’on ne puisse plus intervenir sur ce genre de sujet (crucial à mes yeux) sans se faire taxer d’opportunisme, sans se faire dire que l’on fait cela pour acquérir une bonne conscience! A ce compte-là, nous ne pourrons bientôt plus jamais prendre la défense des opprimés. Je connais des gens qui régulièrement font des rondes de silence pour soutenir la cause des migrants, ils sont souvent âgés, ils font cela par grand froid etc. ils le font parce que c’est la seule chose qu’ils peuvent faire, Combien d’horions ne reçoivent-ils pas! Or, il est important de nos jours de faire entendre nos voix, les voix de tous ceux qui veulent que l’accueil des réfugiés soit organisé, la voix des autres (de ceux qui au contraire refusent les réfugiés) se fait suffisamment entendre! C’est tendance contre tendance, parole contre parole, et si nous nous taisons seule reste la parole des autres. Ce ne sont pas des effets littéraires que vise cette nouvelle, c’est un effet politique, il y a là une grande différence! En tout cas je vous conseille de la lire avant d’en juger! Quant aux animaux… certes, les gens ne sont pas très sensibles au sort des abeilles, cela peut s’expliquer de multiples façons, il y a loin dans la chaîne animale entre les abeilles et nous, en revanche il n’y a pas loin entre nos chiens et nos chats et nous et là, je vous prie de me croire: beaucoup de gens sont plus apitoyés par le sort d’un pauvre chaton que par celui d’un bébé irakien

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      • Vous avez raison. Vous me connaissez, je réagis trop vivement et sur le vif. C’est un sujet plus large en fait : comment traiter de l’atrocité ? Dans le photo-reportage, la question revient souvent : comment informer sans instrumentaliser ? Comment dénoncer en respectant l’intimité de son sujet, sans donner dans le spectaculaire ? Les photos prennent des gens dans des situations où ils ne voudraient pas forcément être vus, et il faut faire attention aussi à ne pas banaliser l’intolérable. De même à propos de la seconde guerre mondiale : je ne dis pas qu’on ne peut pas faire des romans et des films à ce sujet, mais parfois elle devient une machine à mélodrames et cela me dérange, je n’y vois aucun hommage – tout au contraire. Mais cela ne veut pas dire que notre parole ne doit pas se faire entendre, juste qu’il faut bien la placer.
        Je ne connais rien d’Éric Fottorino et je devrais m’informer avant de m’exprimer ! Cependant, je continue à croire que cela ne sert pas notre cause. Pourquoi les gens refusent-ils d’accueillir ? En général, parce qu’ils ont peur. Ils sentent une menace économique ou civilisationnelle, une menace concernant leur vie ou leur avenir. Il faut donc répondre à ces deux arguments, en montrant par exemple qu’ils apportent une richesse et que notre société est capable, depuis longtemps, d’intégrer differentes cultures sans altérer ses fondements. Au-delà de ces discussions, il faut l’expérience. On lutte contre le racisme et le sexisme par l’expérience : on met les gens ensemble et on voit qu’ils s’entendent. La peur se nourrit de l’ignorance. Je crois à la force des faits plus que des idées surtout quand nos adversaires sont… pour le moins irrationnels.
        Je suis loin de la France et je n’arrive pas à comprendre cette débauche d’extrême droite. L’effet des attentats ? De vraies divergences culturelles qui n’ont pas pu s’articuler dans un débat équilibré, éclairé, ni à gauche ni à droite, ce qui a donné cette fuite vers les extrêmes ? Ou la pulsion de mort comme disait Freud, la destruction, l’autodestruction, cette joie à répandre le néant. Ou la tendance de l’humanité à la tribalité, se souder par l’exclusion, surtout dans les temps difficiles…

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      • * que la migration apporte une richesse

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  3. alainlecomte dit :

    oui, c’est un peu tout cela à la fois, et une grande responsabilité de la « gauche » (qu’on ne peut plus mettre qu’entre guillemets) qui a cru pouvoir gagner ou rester au pouvoir en pratiquant la « triangulation », c’est-à-dire reprendre les arguments de l’adversaire pour lui retirer le tapis sous les pieds (dire: vous voyez, on fait aussi bien que vous, nous aussi, on est capable de fermeté, de « rigueur » etc.) sans voir que cela ne bénéficie jamais qu’à l’adversaire… Mitterrand avait commencé en trouvant malin de mettre en avant Le Pen parce que c’était à cette époque une embûche mise en travers de la route de Chirac… Tout cela était de la petite politique et nous amène aujourd’hui à cette surenchère détestable.

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    • Girard A dit :

      Je partage ton constat, Alain, J’ai suivi les 3/4 du premier débat des primaires de LR: décevant.
      Tous (je ne me rappelle plus pour Juvin) rivalisaient de cynisme pour dire qu’il fallait renforcer les souhaits de la Pologne pour la construction d’un mur( et je crois bien avec les fonds européens).
      Aucune empathie réelle et pas de réflexion ouverte sur ces grands mouvements qui nous attendent et déjà argumentés par Alfred Sauvy il y a des décennies.Macron gagnerait, je crois, à prendre le contre pied des autres candidats et à prôner une politique européenne, prospective et plus généreuse, même si je pense comme Joséphine qu’il faudrait des paroles pédagogiques pour montrer l’intérêt de l’accueil afin de diminuer les peurs qui font le fonds de commerce des politiciens. Je suis plus sceptique pour Taubira, elle n’a rien dit, ne dit rien, fût plutôt ambiguë sur la politique vaccinale,arrive tardivement comme un zorro, dans un match déjà bien engagé et qui balaie les joutes des primaires des écolos .Je ne vois pas la plus value de sa candidature.

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  4. Debra dit :

    Mea culpa. J’ai lu les commentaires, et pas l’article… mais Internet peut bouffer tellement de temps…
    Je viens de finir un petit livre de Milner, « L’universel en éclats ». Très instructif. Il y a des gens qui pourraient trouver que c’est très abstrait, et… ce l’est, mais il nous incombe de faire le pas de rendre l’abstrait moins, en cherchant dans notre expérience comment le rendre moins abstrait.
    Comme Alain le sait, je me trouve à un point où je crois qu’il y a beaucoup d’insoluble dans l’universel en éclats.
    Exemple : l’écart fondamental entre la personne charnelle, présente, sujet singulier, et la catégorie à laquelle on l ‘assigne pour… en parler.
    Parler DES gens n’est pas la même chose que parler à quelqu’un ou parler avec. Qu’un sujet parle, et qu’il adresse sa parole à un autre.

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