Aurélien Barrau, radical révolutionnaire

Ecouter Aurélien Barrau est toujours passionnant. Je l’ai entendu récemment faire une visio-conférence destinée aux élèves de Polytechnique où il osait leur dire quelques vérités. D’abord qu’ils n’étaient pas les possesseurs d’un savoir absolu, que cette position qu’ils avaient dans la société, ils ne la devaient pas qu’à leur seul mérite, mais aussi à une histoire, la leur et celle des institutions, et à la chance qu’ils avaient eu de naître dans un milieu social qui leur avait garanti une bonne éducation et les meilleures écoles, et qu’ensuite ils avaient une dette à l’égard de ceux grâce à qui ils avaient pu faire de longues études, ceux qui avaient payé pour eux en quelque sorte, puisque la formation en Grande Ecole coûte à la société…. un « pognon de dingue », en tout cas au moins cent fois plus cher que celles dispensées par les universités ordinaires dont certaines, on le sait, sont très pauvres. Et pourtant, disait-il, on n’était pas sûr que lesdits élèves des Grandes Ecoles allaient être capables de rendre ce qu’on leur avait prêté. Ce qu’ils apprenaient, c’était à résoudre des problèmes de manière algorithmique, c’est-à-dire finalement selon des méthodes éprouvées, comme si tout problème qui se pose à un moment donné n’était nécessairement qu’une variante d’un problème déjà résolu, et qu’il suffisait d’adapter une solution déjà connue. Me vient vaguement à la mémoire une fois où je participais à un groupe de travail de statisticiens voulant prédire les effets de vagues de chaleur, un éminent chercheur sorti d’une de ces écoles qui décernent les titres qui autorisent à penser disant que certes, il n’avait jamais étudié les phénomènes liés à la chaleur, mais qu’en revanche, il s’y connaissait bien en température froide… or, « c’était la même chose ». Ce qu’on enseigne aux mathématiciens et aux statisticiens le plus souvent, c’est de savoir ramener une situation nouvelle à des situations connues. Comme si le monde était régi sous l’empire de la continuité et de la contiguïté, deux concepts proches mais différents : la continuité assure que les variations d’un problème à l’autre sont infinitésimales, la contiguïté qu’ils sont proches dans l’espace et le temps. Or, chacun sait très vite que la discontinuité existe : un glissement de terrain lent et de faible ampleur initiale peut engendre une catastrophe soudaine, toute une montagne qui s’écroule sur un village. L’éloignement spatio-temporel existe aussi, entre des phénomènes qui, pourtant, vont se ressembler, concourir au même effet. Aujourd’hui des foules de phénomènes à la surface de la Terre convergent vers des effets globaux identiques, comme le réchauffement climatique par exemple.

Aurélien a raison de dire également que les phénomènes ne sont pas, dans la réalité, linéaires. Le prétendre serait croire que si une condition initiale quelconque s’incarne dans une donnée x d’amplitude deux ou trois fois plus forte que prévu, il n’en résultera qu’un effet du même ordre, c’est-à-dire deux ou trois fois plus grand, comme si, dans la nature, tous les phénomènes suivaient sagement des lois de la forme y = ax + b. Or, cela n’est pas vrai. La fonction peut être de diverses sortes (polynomiale, exponentielle voire totalement discontinue). C’est d’ailleurs la non-linéarité qui semble largement majoritaire. Ce qui complique le travail scientifique, les modèles non-linéaires étant bien plus ardus que les linéaires… On entre là dans le domaine de la complexité, que ce cher Edgar Morin n’a fait qu’effleurer.

Les ingénieurs en prennent pour leur grade, donc. Et ce ne sont pas les seuls. Barrau est sévère également à l’égard des économistes. On est immédiatement tenté de lui donner raison. L’économiste fait comme s’il étudiait un univers de forces aussi immuable que l’univers physique, or, la plupart du temps, il n’en est rien : il ne fait qu’essayer péniblement de prédire les conséquences de choix purement conventionnels effectués par des humains, autrement dit il travaille dans un domaine de conventions. Modifiez celles-ci, il viendra un monde différent où les soi-disant lois n’auront peut-être plus cours. C’est là que nous voyons bien la distinction entre sciences dures et sciences molles, dans le cas des premières, vous savez que nous ne changerez jamais ni les conditions initiales ni les régularités observées, vous tomberez toujours à la même vitesse de la haute tour pourvu que le vent soit faible… alors que dans les secondes, il n’y a pas de telle rigidité, vous avez un certain contrôle (même si on vous jure que ce n’est pas le cas) sur les conditions des phénomènes observés. Les sciences molles essaient de se durcir par le recours aux mathématiques, comme si c’était celles-ci qui conféraient son intangibilité à l’organisation de l’univers, alors qu’elles n’en sont que le décalque dans nos cerveaux pensants. Ce faisant, elles rigidifient un cadre qui n’avait rien pour l’être. Les mathématiques ont été faites pour la physique, mais pas pour les sciences sociales.

Aurélien Barrau nous alerte, ce sont des éléments que nous connaissons déjà pour la plupart, et pourtant il est utile de les rappeler, de les mettre ensemble pour accroître notre conviction que rien ne va plus, que la sixième extinction des espèces et de la vie est déjà fortement avancée.

Au passage, il a amplement raison de nous dire que ce n’est pas que le réchauffement climatique qui est en jeu, car même sans réchauffement, nous aurions encore de quoi nous affoler. Il resterait la destruction des océans (qui n’a rien à voir avec le réchauffement), il resterait l’extension des terrains urbanisés ou cultivés au détriment des espaces sauvages, il resterait la pollution de l’air, du sol, des eaux. La disparition des espaces non exploités par l’homme entraîne celle des espèces qui les habitent, entraîne le repli de certaines de ces espèces vers les lieux urbains ou habités, instaurant le mélange et la confusion, facilitant en conséquence le passage des virus vers l’espèce humaine. Il resterait aussi le tarissement des sources d’énergie.

Aurélien Barrau passe en revue les « solutions » que certains essaient désespérément d’imaginer… il ne croit pas aux solutions « techniques », encore moins aux solutions miraculeuses, comme le surgissement soudain d’une source d’énergie qui serait gratuite et inépuisable (la fusion nucléaire). Il note avec raison que toute ouverture semblable vers davantage d’énergie disponible, loin d’apporter une restriction des dépenses, ne ferait qu’accroître la demande, consommer plus d’énergie encore, et que la vraie question est : pour quoi faire ? Plus d’énergie dépensée signifie plus de pollution et plus de perturbation des milieux naturels. On a évidemment en tête la 5G… pour quel usage ? Si encore on pouvait en attendre le sauvetage de milliards d’humains… si, ainsi, le rapport bénéfice / risque s’avérait favorable… mais non, même pas. Qu’attendre d’une technique qui ne va apporter que davantage de rapidité des échanges, se développant toujours au bénéfice des pays les plus développés ? J’ajoute à ces propos que l’on sait bien la vérité sur cette urgence. Hélas, ce sont les militaires qui ont le fin mot de l’histoire : quel pays se résoudrait à abandonner la supériorité que lui communiquerait cette technologie au niveau de la rapidité et de l’efficacité des échanges de tirs ? (on dit même qu’avec la 5G, les actions pourraient être déclenchées automatiquement, quel rêve que celui d’une guerre s’effectuant sans intervention humaine…).

On accordera à Aurélien Barrau que les sages résolutions individuelles sont de peu de poids. Qui acceptera de bon cœur de se priver d’une chose qui lui importe voyant autour de lui d’autres individus s’en soucier comme d’une guigne ?

Alors, que faire ? Si nous admettons qu’il est encore possible de faire quelque chose… Ici, les réponses d’Aurélien sont, comme on peut s’y attendre, vagues et incertaines… Une radicalité révolutionnaire ? Oui, on veut bien, mais comment ? Comment une radicalité révolutionnaire peut-elle surgir dans le champ de la défense de notre vie sur terre lorsqu’on en voit hélas si peu de prémices ? Un village de Colombie Britannique peut subir plusieurs jours de suite une température proche de 50°C, puis s’enflammer spontanément sous l’effet de la chaleur… sans que cela pour l’instant ne suscite un émoi planétaire, or, cette situation-là, nul doute que nous ou nos enfants et petits-enfants la connaîtront demain. Et de quels contenus cette radicalité peut-elle être faite ? Le propos glisse immanquablement vers quelque chose qui serait une sorte de changement radical des comportements humains. Nous sommes nombreux à être convaincus que le bonheur ne réside pas dans le fait d’amasser des milliards d’euros ou de dollars, qu’il n’est pas matériel, ne se mesure pas aux maisons ou aux voitures possédées, nombreux à penser qu’il est irresponsable de circuler en ville en 4×4 etc. etc. Est-ce suffisant pour un changement radical ? Peut-on croire qu’un jour un « homme nouveau » arrivera miraculeusement, lorsqu’il y eut dans le passé de multiples vœux sincères pour son avènement, de Lénine à Fidel, en passant par Mao, sans que jamais la moindre modification n’ait eu lieu si ce n’est vers le pire (le mensonge, la dissimulation, le trafic clandestin, les mafias de toutes sortes) ?

Bien sûr, Aurélien nous dit de ne plus manger de viande, de ne plus voyager et il a pour cela des arguments chiffrés, ainsi que des arguments moraux qu’on ne mettra pas en doute. Il pourrait aussi nous dire de nous abstenir d’intervenir sur les réseaux sociaux, de lancer des requêtes « Google » à tout bout de champ, de stocker nos mails et surtout, surtout, d’arrêter d’échanger des images, des vidéos, arrêter de croire que le « Cloud » est… un nuage comme les autres, alors qu’il requiert chaque minute le service de puissants serveurs ensevelis au fond des mers nordiques, près de l’Islande par exemple, où ils ne font que contribuer au réchauffement des mers… Tout cela n’est pas si simple. Aurélien Barrau, à juste raison, veut nous convaincre qu’il est d’autres passions que celles des biens matériels et de l’argent, et oui, bien sûr, l’amour, la poésie, l’art… combien suis-je convaincu ! Et depuis si longtemps ! Mais quoi, si l’objet de votre amour réside à 500 kms de là où vous vivez, allez-vous y renoncer au prétexte qu’il vous faudrait voyager pour le rejoindre ? (que ce soit par avion, par train ou par voiture) Ce serait une curieuse conception de l’amour. Que serait une poésie écrite par quelqu’un qui n’aurait pas voyagé, quelqu’un pour qui les neiges du Kilimandjaro n’évoqueraient qu’une chanson, et les rivages d’Ushuaïa qu’une marque de déodorant ? Allez-vous consommer des gigaoctets de mémoire pour mieux voir les sommets de l’Himalaya plutôt qu’aller les voir sur place ? Les deux expériences sont-elles même comparables ?Je me souviens d’avoir lu l’interview d’un grand écrivain italien que je ne nommerai pas, très en faveur dans les milieux écologistes, qui disait au détour d’une réponse qu’il venait d’escalader le Licancabur, superbe volcan qui domine la Laguna Verde bolivienne… y était-il allé par la route ? En bateau ? Devons-nous le blâmer d’être allé en cet endroit si lointain dont on sait bien qu’il n’en aurait trouvé aucun équivalent plus près de chez lui ?

A chaque instant de notre vie, nous faisons face à ces contradictions. Aurélien Barrau ne résiste pas à la tentation classique qui consiste à discréditer l’autre, celui qui agit différemment de nous, peut-être parce qu’il a de bonnes raisons (l’objet de son amour est à 500 kms, voire plus, il a besoin d’échanges avec des amis lointains etc.), il ne parlera pas de voyage mais de « tourisme » avec tout le mépris souvent associé à ce mot. Le tourisme en lui-même est un gâchis (dit-il), pas seulement par l’emploi qu’il implique souvent de lignes aériennes, car le simple fait d’être là, pour un touriste, détruit l’endroit où il se trouve. Mais un monde sans voyage est un monde sans rencontre, un monde sans autre, donc un monde où les conflits ravageurs deviennent possibles. Les sociologues s’opposeront à cet argument car avec des chiffres il prouveront que la plupart des gens qui se déplacent ne le font pas dans cet esprit mais dans le seul soucis de « faire » chaque année un nouveau pays, de s’exposer au soleil sur une plage de Saint-Domingue ou de refaire à 3000 kms les mêmes gestes que ceux qu’ils font chez eux. Ce sont là des chiffres. Et on doit évidemment critiquer cette forme de tourisme dite « de masse » autant que l’on doit s’en prendre aux utilisateurs de 4×4 (tout en gardant en soi une petite réserve : au nom de quels critères choisir ceux-ci plutôt que ceux-là, ceux qui roulent en SUV sont-ils mieux que ceux qui roulent en 4×4 ? Ceux qui partent faire de l’escalade à Kalymnos sont-ils « mieux » que ceux qui se bronzent en Espagne?). Mais pensons à tous ceux qui ont voyagé au sens fort du terme, et en ont ramené des œuvres, des écrits, ont informé leurs compatriotes du fait qu’il est d’autres vies, ailleurs, avec d’autres coutumes, d’autres croyances, d’autres libertés, sans qu’ils soient tous forcément aussi connus que Nicolas Bouvier, Anne-Marie Schwartzenbach, Ella Maillart, Isabelle Eberhardt ou Sylvain Tesson, Cedric Gras, ou Patrick Leigh Farmor. Ils ont participé aussi de la grandeur de l’espèce humaine, autrement dit justement de ce que nous voulons sauver.

Aurélien Barrau ne croit pas en la technique pour arrêter l’extinction de l’espèce, on peut le rejoindre là-dessus, mais il y a autre chose que la technique, il y a aussi ce que Stiegler et al. ont appelé la noosphère, dans laquelle se développent nos théories, nos idées, autrement dit nos efforts de pensée. Il y a environ un an, je faisais la recension d’écrits de Stiegler (c’était peu de temps avant qu’il meure) qui tournaient autour des notions d’entropie et de néguentropie (rebaptisées pour l’occasion anthropie et néguanthropie). Ils disaient que ce à quoi nous assistons en ce moment c’est à une accélération de l’entropie du système Terre et que seules des entreprises programmées pour ajouter plus de néguentropie (autrement dit plus d’information, plus de science) pouvaient contre-carrer cette tendance. Cela suppose plus de réflexion collective, plus d’information partagée. Un thème que n’aborde pas Aurélien Barreau est celui de l’éducation, de l’enseignement, de la culture, or ce thème est vital, lui aussi. Pas d’espoir de sortir du cycle qui nous plonge vers l’abîme sans effort mis sur l’éducation et la science, la réflexion et la philosophie, sans combat mené contre les outils d’asservissement de nos consciences et surtout de nos capacités d’attention (qui diminuent au fur et à mesure que se développent les techniques de communication liées à l’informatique, autrement dit les réseaux sociaux, les chaînes de télé dites « d’information continue », les jeux en ligne etc.). Penser la catastrophe à venir fait partie aussi des moyens, si ce n’est de l’éviter, au moins de l’amoindrir voire de l’apprivoiser, Jean-Pierre Dupuy ne dirait pas le contraire. Or penser cela nécessite… une immense énergie, bien sûr, mais une énergie que nous pouvons trouver en nous, et qui s’accroît des échanges positifs que nous pouvons entretenir pour peu que nous soyons formés, que les Etats y mettent le prix, que les encouragements soient forts pour que les enfants, les adolescents se jettent à corps perdu dans les études. Sciences, philosophie, mathématiques… littérature aussi… doivent être étudiés et creusés toujours davantage.

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4 commentaires pour Aurélien Barrau, radical révolutionnaire

  1. Girard A dit :

    Il a au moins le mérite, le courage, de poser des cas de conscience à un public destiné à diriger. C’est au niveau de la conscience de soi, de la paresse de nos réflexions et de la qualité de nos questionnements qu’il s’ adresse. Il s’adresse à la vie en tout premier et c’est vrai que c’est bon d’entendre un personnage de ce niveau scientifique railler le conducteur de 4/4 même si cela ne résout rien au niveau systémique. Il nous faut changer de système de valeurs, c’est là la révolution. Ne plus se fier aux valeurs des seuls experts de plateau tv immuables et bien trop limités pour appréhender la complexité, qui parlent de tout, mais surtout d’eux mais comme semble le dire Barrau sans en avoir conscience.

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  2. Girard A dit :

    C’est sûr: surtout qu’il faut déjà qu’elles émergent, et puis peuvent elles dans leur distribution échapper à la seule logique de dominant/dominé qui nous organise plus ou moins brutalement selon les territoires et les époques?? Comment avancer autrement que par le « progrès » avec ses travers et ses vertus.

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  3. Debra dit :

    En vous lisant ce matin, je me pose beaucoup de questions…
    D’abord, j’ai appris dernièrement par une amie américaine avec qui je m’entretiens par skype, car… j’ai des amis un peu partout dans le monde maintenant, et de moins en moins envie de me déplacer corporellement pour les voir, j’ai appris que maintenant certains employeurs américains rechignent à embaucher les étudiants sortant des grandes écoles américaines, qui ont été l’équivalent du système de (caste, oui, de caste…) de Polytechnique ou de l’Ecole Normale Supérieure en France. Les employeurs américains ne veulent plus de ce qui FUT l’élite de la nation américaine parce qu’ils trouvent les étudiants… endoctrinés, passifs, inexpérimentés, incapables de mobiliser leurs propres ressources d’EXPERIENCE, du fait d’avoir fréquenté pendant trop longtemps des bulles éducatives. Je dirais que les employeurs trouvent ces étudiants trop… gâtés. Et ils le sont, à mon avis. Gâtés par des attitudes éducatives qui nous envahissent en Europe et qui produisent les effets qu’elles ont déjà produits aux U.S. Des effets catastrophiques pour tout le monde. De tels effets que je ne regarde ni vers l’université, ni vers les grandes écoles pour… « produire » des personnes capables de réfléchir en honnêtes hommes (oui) pour résister à la pression d’une société toute connectée. Ici, le remède de l’éducation « supérieure » aggrave le mal.
    Je suis favorable à la bulle éducative, dans le sens de l’académie (de Platon), dans le sens d’un lieu où il est possible de mettre en question son monde, où l’obligation de résultat immédiat et chiffré est absente. Quand je pense à la bulle… non éducative dont Scarlatti a pu bénéficier pour écrire toutes ses sonates pour clavier, je trouve que la bulle PEUT avoir des avantages. (Mais… Johann Sebastian Bach n’a jamais bénéficié d’une bulle, et il a néanmoins « produit » une oeuvre très riche et foisonnante.)
    Pour les voyages, le tourisme, je ne suis nullement exemplaire. J’ai largement abandonné le tourisme lointain parce que je me suis aperçue qu’ « on » faisait tout pour rendre les transports sinistres, plombants, et accroître mon déplaisir, voire désespoir. Quand on a connu autre chose par le passé, on a du mal à PERDRE/TROQUER les circonstances où on était heureux contre la militarisation galopante de nos vies quotidiennes en dehors de toute guerre formelle.
    Militarisation qui provient, je le crains, de Notre TGMC. Traduisez « très grande mauvaise conscience ». Nous avons troqué la culpabilité du péché originelle contre la culpabilité du réchauffement climatique. Une culpabilité pour une autre… je me permets une grande généralisation, cela reste… la culpabilité. Et si la culpabilité a des effets civilisateurs, elle a également des effets… destructeurs de la civilisation.
    Là, je vois autour de moi les effets dévastateurs de cette culpabilité sur la civilisation.
    Je vois qu’il y a une fâcheuse tendance, depuis la Grèce classique ? à opposer sous forme de disjonction le… salut de la personne singulière et irremplaçable au salut de la collectivité. Cette disjonction amène la société dans l’impasse..
    Saviez-vous qu’avant la Révolution française, les « économistes » qui sévissaient déjà de manière docte en France chantaient les louanges d’une société où tous les membres seraient des rouages identiques d’une grande machine, avançant pour et par elle-même ? Ces économistes pensaient qu’un tel modèle de société était à l’oeuvre… en Chine, et ils avaient conçu une admiration sans bornes pour tant de rigueur mathématique ? d’ordre ordonnant ?
    Le mal remonte à très loin. Je ne regarde pas en direction de l’ordre mathématique pour… me/nous sauver…
    Notre dernière folie collective en date qui s’appuie dessus est toujours devant mes yeux…

    Albert Girard, quand j’entends exposer l’opposition des « dominants » et des « dominés » j’aime bien rappeler que l’homme qui a subi un procès truqué et inique, qui a été crucifié comme un esclave, fouetté, humilié, OBJET de torture, a été le point de départ d’une religion millénaire qui a grandement contribué à assagir une certaine brutalité, en donnant une forme de… noblesse divine à ceux qui étaient humiliés, par identification. L’histoire de Jésus était une force de civilisation incroyable pour l’homme avec un petit h. Et pour la femme, qui apprenait aux pieds de Jésus, en sachant que l’éducation était réservée aux hommes. Faire de cet homme… esclave ? un roi, et un Dieu était d’une audace incroyable. Une audace qui agrandissait l’Homme.
    De tous temps, nous avons eu la mauvaise idée de penser que la force.. brute, brutale, et ceux qui la déploient sont… les plus forts. Mais, regarde l’histoire de Jésus, et songe un peu à Ulysse devant les murs de Troie, bien que cet exemple ne soit pas sur le même plan.
    Ceux qui vivent… par la force ? meurent par la force. Ils sont des… brutes.
    Le drame étant que les générations se succèdent, et cet apprentissage est toujours à refaire…
    Pauvres de nous, dit Zeus, dans « L’Iliade ». Oui, pauvres de nous…

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