La maman de Rimbaud

J’ai peu écrit ces temps derniers… et ne me suis pas baladé sur le web… mes excuses à mes comparses blogueurs. La fin du printemps et le début de l’été donnent des fourmis aux jambes et une furieuse envie de « voir dehors » comment ça se passe, aller dans des fêtes à Nogent (eh oui…), revenir en auto par les belles autoroutes qui traversent la Bourgogne, le Lyonnais, effleurent les villes de Mâcon, Dijon, Châlon, Beaune, Sens, et toucher la Marne, que j’ai si peu connue dans ma vie.

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Depuis, lu un petit roman de la fille d’une collègue bien aimée, elle y parle de ses parents « qui habitent Joinville le Pont » – tous deux, nous irons, pon, pon – regarder guincher… J’ai vu ainsi le bouge Gégenne étaler ses tables et chaises blancs rouges sur une estrade de bois au long de la rivière, et puis aussi les péniches, les gens qui vont sur l’eau avec des sortes de planches de skateboard, en équilibre debout et pagayant mollement, vu les maisons très riches et le bistrot « chez Yvette Horner », la promenade inaugurée par Tino Rossi portant le lointain souvenir d’un maire qui s’appelait je crois Roland Nungesser…  A Nogent sur Marne, je me suis cogné la tête contre un tronc d’arbre surbaissé, mais pourquoi était-il si bas, l’animal, et j’ai donc aussi vu trente-six chandelles. A l’angle d’une impasse et de la rue François Rolland, s’élève la maison rustique de mon amie, ci-devant retraitée comme moi, et mère de la jeune romancière ci-dessus citée. La vigne vierge envahit ses murs (à la maison, pas à l’amie), et dans un jardin carré, assez vaste, ma foi, étaient tendues les nappes sur des tables, des tables de jardin bien sûr. Nous bûmes du vin blanc, bien sûr, mais pas de ce « petit » que de tous temps on a chanté, du Fendant que nous avions apporté de nos lointaines contrées. Et mangeâmes. Du fromage, des allumettes libanaises, du caviar d’aubergine fait par l’ami Laurent, des tartes de toutes sortes, des bouts de quiche et des biscuits salés. Pensant à la jeune romancière et lisant son roman après que je l’eusse acheté, un dimanche soir, à la librairie de Saint-Germain des Près, je me disais que le métier de parent était bien ingrat, que la tâche première des romancier(e)s débutant(e)s était toujours de crier leur ressentiment à l’égard d’honnis parents, alors que lesdits parents, ils font ce qu’ils peuvent, non ? Ainsi, ces parents-là ne méritaient probablement pas qu’on les snobe à ce point, laissant comprendre qu’ils ne pouvaient rien comprendre, justement, comme si les troubles et les émois d’une adolescente étaient forcément originaux, forcément nouveaux, forcément incompréhensibles… et comme un livre ne peut être acheté seul, mais seulement par paire, j’avais aussi acheté un volume dont le titre m’intriguait : « Madame Rimbaud ». Texte passionnant écrit par une certaine Françoise Lalande, et qui tente de revenir sur la mauvaise réputation acquise dans l’histoire par cette pauvre Vitalie, qui n’avait jamais demandé d’avoir un fils si imbuvable, si hautain, si arrogant, et c’était déjà bien beau qu’elle se soit sacrifiée pour lui et son frère Frédéric, et ses deux sœurs, pour mieux s’occuper d’eux. Et lui, que faisait-il ? il fuguait, l’irresponsable morveux.

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2 commentaires pour La maman de Rimbaud

  1. Le titre du deuxième livre reproduit n’est pas terrible. Buchet-Chastel, il faut dire que ça rappelle vraiment l’école.

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  2. Debra dit :

    Des fois, on se dit, face à une certaine jeunesse, que les vieux sont l’avenir de l’humanité.
    Je me souviens de mes joutes avec mon papa chéri, et, aux portes de la vieillesse maintenant, je me dis qu’il était bien patient…
    Trop peu de ces… adolescents attardés qui peuvent poursuivre l’adolescence jusqu’à 40 ans et au delà, n’ont pas l’occasion d’acquérir une petite dose d’humilité en élevant leurs propres enfants, maintenant. Un peu de comparaison aide à relativiser, des fois.
    Qu’est-ce qu' »on » a, à s’imaginer que la jeunesse est l’avenir de l’humanité, surtout en France ?
    Vive l’été, la montagne, les promenades, et le beau midi, où les abricots entrent en saison… l’Europe du Nord s’apprête à descendre sur nous pour siroter un peu notre art de vivre (sans le stress…) et nos fruits et légumes d’été…On ne peut pas leur en vouloir, hein, même si nos autoroutes sont congestionnées. En passant, j’évite de prendre l’autoroute autant que possible. Elle fait partie de la culture de l’aéroport qui est du lait non bio UHT. Très peu pour moi. Vive… les petites routes qui font perdre un peu (sinon beaucoup…) de temps.

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