Promenades dans Rome – III

Le dimanche : une vision autre sur la ville éternelle, une vision délibérément moderne, contemporaine. Une Rome affranchie de la tutelle du passé, clamant son appartenance au XXIème siècle : visite du MAXXI. Comme maxi(mal) ? non, comme Museo Nazionale delle Arti del XXI Secolo, à la fois une fondation et  « la grande œuvre architectonique aux formes novatrices et spectaculaires imaginée par Zaha Hadid dans le quartier Flaminio de Rome » (notice de présentation). Descente à la station Flaminio, juste derrière la porte « du Peuple », et de là, tramway presque jusqu’au fleuve mais on ne saurait s’y tromper : l’œuvre architecturale éclate, avec sa rangée de fausses fleurs rouges ondulant devant les façades jaunes de maisons bourgeoises.

Concentré de formes étonnantes jusque dans les ameublements intérieurs, le Musée est surtout consacré à l’architecture et aux expositions temporaires. En ce moment : une exposition sur l’architecture en Chine, et une autre, qui est la reprise d’un évènement tournant (déjà présenté à Lyon), « The Indian Highway ». La Chine et l’Inde donc, dans une éclairante confrontation : approche « top-down » contre approche « bottom-up ». Autant l’architecture contemporaine chinoise semble se faire d’en haut, en ignorant jusqu’à la présence de l’humain (pas d’humain sur les photos gigantesques, mais des formes, des cubes, du béton, de l’acier) autant l’art indien contemporain s’enracine dans les traditions et préoccupations du petit peuple : murs d’encens, tableaux faits de myriades de bindis (ces ronds de couleur que les femmes indiennes se mettent au milieu du front), videos s’attardant sur le contraste entre un temps figé immémorial et une modernité mouvante et reprises décalées des vieux thèmes religieux qui s’affichent sur les temples du Sud, révélant comme il est facile, d’un seul trait, de faire basculer le sacré et le mystique vers le charnel et l’érotique. Comme on voudrait que la grande démocratie indienne ne soit jamais prise de vitesse par son partenaire-adversaire chinois qui ne s’embarrasse guère de scrupules…


mur d’encens

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6 commentaires pour Promenades dans Rome – III

  1. Découverte de cet impressionnant musée. Etrange, comme les temples de l’art contemporain érigent des espaces cathédrale comme écrin aux oeuvres exposées, partout dans le monde!
    Nous sommes si souvent confinés dans des lieux privés de hauteur que ces musées deviennent refuge, respiration, dans un monde qui nous étouffe/

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  2. michèle dit :

    bonjour Alain L.
    tableaux faits de myriades de bidis

    rond ou forme ovale en goutte nommés bindis ou aussi tikka, signale l’état marital de la femme si rouge.

    les beedis sont des petites cigarettes roulées en cône

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  3. Le béton sait lancer son éperon dans l’espace et il est bien qu’ici que Rome ne soit plus dans Rome…

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  4. JEA dit :

    Deuxième photo. Les pesticides exterminent les coquelicots. Ne va-t-il rester que des musées pour en garder le souvenir ?

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  5. Jean-Marie dit :

    A propos de l’art indien, cela me rappelle la superbe exposition « Paris, Dehli, Bombay » qui s’est tenue à Beaubourg pendant cet été : l’incroyable générosité d’une culture tellement diverse qu’elle est capable d’accueillir les autres expressions artistiques sans se renier elle-même.

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