Politique du pire

Ce n’est pas une chose évidente que de commenter l’actualité politique : peur de se tromper, peur de ne pas avoir assez de recul. Combien de fois me suis-je réfréné à l’idée d’écrire un billet exprimant mon sentiment spontané. Il est toujours facile de s’indigner, se dit-on. Et puis on passe à autre chose, comme si, après tout, d’autres se chargeaient bien de faire des commentaires. Je note d’ailleurs que mes rares billets à teneur politique ne sont ni les plus commentés ni les plus lus, comme si s’installait un consensus entre bloggueurs qui veut que le terrain de l’actualité culturelle (par exemple), ou des voyages, soit davantage un lieu de bienséance conversationnelle que le sujet du politique. On n’aborde pas les sujets politiques en famille – dit-on – , et entre amis, on s’assure d’abord qu’on est du même bord. La dernière fois, donc, que je me suis risqué à cet exercice, c’était pour évidemment pointer la politique intensément réactionnaire et sécuritaire du gouvernement actuel et du chef de l’état. Je disais que ces gens-là étaient dangereux et que Sarko n’hésiterait pas à nous embringuer dans une dialectique de la terreur, à l’instar de son maître américain G. W. Bush, afin de faciliter sa réélection, s’il en était besoin.
Il semble bien que nous en soyons là. Je veux dire : que cette dialectique soit enclenchée. Pas un jour qui ne passe sans qu’on nous prévienne contre un possible attentat. Les services de sécurité sont mis sur les dents et, de fait, on trouve des (fausses) alertes à la bombe et aussi des colis abandonnés dans les métros et lignes de chemin de fer (au cours d’un déplacement d’une journée à Paris, lundi dernier, ce fut d’abord sur la ligne 14, puis en rentrant sur un train qui passait par Lyon).

La séquence sécuritaire a démarré à Grenoble en plein mois de juillet. Par une coïncidence très heureuse pour le pouvoir, à peu près en même temps, un groupe de « gens du voyage » mettait à mal une sous-préfecture de province : il n’en fallait pas plus pour créer un amalgame et cibler une communauté, ce serait donc les Roms. A Grenoble, le chef de l’état faisait pour la première fois (la chose fut soulignée à la radio suisse, plus peut-être que par les radios françaises, le regard de l’étranger ne trompe pas sur ces choses) le rapprochement entre délinquance et immigration. Il avançait la notion de déchéance de la nationalité, alors même que la constitution ne permet pas de distinguer entre les différentes manières dont on a pu obtenir la nationalité française, et que tous les citoyens sont égaux en droit. Elle ne permet pas non plus de discriminer un groupe ethnique. Belle perche tendue au Front National qui, par la voix de Marine Le Pen (toujours sur cette même radio suisse romande !), se trouvait autorisée à surenchérir en proposant les mesures les plus folles comme par exemple « la présomption de légitime défense pour tout policier faisant usage de son arme ».
Bien sûr, je sais bien que, hélas, les menaces d’attentat existent, mais cela est d’autant plus vrai que nous sommes dirigés par un individu agressif, provocateur et impulsif qui trouve malin d’accaparer l’attention des chefs d’états européens pendant plusieurs heures sur un sujet secondaire, ou de prêter à un autre chef d’état des propos invérifiables sur les camps de Roms, propos aussitôt démentis. Et par un gouvernement qui n’a jamais montré beaucoup d’intelligence et de compréhension dans ses rapports avec l’islam, devenu, qu’on le veuille ou non, une réalité incontournable dans l’hexagone. Si jamais par malheur un tel événement se produisait… quel bénéfice ne chercherait pas à en tirer notre tyranneau national. La manipulation que je dénonçais à propos de Grenoble (le déchaînement de Sarko et d’Hortefeux  contre les juges accusés de laxisme alors qu’ils n’avaient fait que leur boulot) ne serait bien sûr rien à côté de celle qui en découlerait. Les lois d’exception (mais en vérité destinées à durer) viendraient alors à pleuvoir.
Edwy Plenel a écrit un papier très fort (à lire sur le site de Mediapart), qui nous met en garde :

Ce pouvoir est prêt à tout pour durer, y compris à exploiter la menace terroriste pour s’imposer au pays. Des Roms expulsés aux attentats annoncés, la folle accélération de l’agenda présidentiel depuis qu’a surgi l’affaire Bettencourt est une alerte définitive pour tous les opposants à une présidence qui renie notre République démocratique et sociale.

Face à cette situation, que fait l’opposition ? Que faisons-nous, nous pauvres « intellectuels » ou « gens de la gauche » ? Le plus souvent nous nous taisons car nous avons peur de trop en dire, comme je le fais peut-être en ce moment. Trop en dire, qui donnerait du grain à moudre à la stratégie présidentielle, qui repose sur le prétendu accord d’une majorité silencieuse avec cette politique sécuritaire. Bénéficiant de ces atermoiements, le pouvoir se sent autorisé à tous les coups, y compris les violations des droits de l’Assemblée Nationale, comme cela s’est produit lors du débat sur les retraites. En d’autres temps, on aurait murmuré sans doute qu’il y avait là comme une sorte de « coup d’état », mais aujourd’hui, chut… de toutes façons tout cela sera fini en 2012. A voir. Ce pari sur l’avenir de 2012 est dangereux. On ne peut pas dormir dans la quiétude, avec l’assurance que tout se passera bien, en se disant que, d’ailleurs, n’est-ce pas, comme le disait Claude Bartolone sur France Inter ce matin… « Martine et DSK se sont rencontrés, rien ne doit filtrer de ce genre de rencontre, qui est la preuve que tout marche comme sur des roulettes ». Edwy Plenel conclut son article ainsi :

Le Parti socialiste croit que le temps est son allié, alors que c’est celui du pouvoir qui, loin de gouverner avec efficacité, est déjà entré en campagne, avec brutalité. Du coup, la gauche joue la montre, quand il parie sur l’urgence. Elle feuillette tranquillement le calendrier, alors qu’il ne cesse d’imposer son agenda. Elle se berce de fictions sondagières, tandis qu’il travaille le pays réel.

On ne saurait, à mon avis, mieux dire.

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19 commentaires pour Politique du pire

  1. michèle dit :

    >Alain L. pas forcément l’histoire d’un consensus ; il me semblerait que nous avons envie de nous retrouver sur quelque chose qui nous rend heureux. C’est sans doute votre humanisme qui nous regroupe chez vous. Et des points communs, autour du voyage, de la philosophie et d’une manière bien à vous d’être open-minded, mesuré, posé. De votre équilibre entre mathématiques
    ( comme carole, dieu merci nous sommes deux, je ne pige que pouic à vos démonstrations très pointues mais j’attends gentiment dans la cuisine que ça se passe ) et littérature ce qui fait aussi, ô, de vous, un homme éclairé.
    L’art de vieillir passe sans doute par une lassitude sensée des conflits incessants.

    Pour ma part, l’accident du pote bloggeur, ( dont je vous ai parlé il y a quelques jours ), qui m’affecte beaucoup, me fait rayer de ma conversation ce patronyme honni : lui, Dominique, dans le délire qui le saisit parle de complot entre S. et lui. Jamais ça, non jamais ça.
    Point à la ligne.
    Imaginez ce cauchemar => perdre le nom de vos aimés et garder celui de ce fou-furieux ?
    Je répète : jamais.
    Je ne dis pas ne pas se mêler de politique, mais j’ai noté que la relation à ce type devient obsessionnelle chez nombre de bloggeurs. Non, non et non.

    P.S : au cas où vous en douteriez, mon com. n’a rien de complaisant.

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  2. alainlecomte dit :

    Michele, oui vous avez raison, bien sûr: on cherche d’abord à parler de ce qui nous rend heureux, et c’est bien naturel. Et il y a tant de choses qui nous rendent heureux… c’est là où le bât blesse. Ce trop plein de bonheur nous éloigne évidemment des sujets qui fâchent et surtout de la politique… et c’est évidemment là-dessus que s’appuie le pouvoir. Les réflexions actuelles que l’on peut lire en ce moment (par exemple celles d’un Raffaele Simone, dans le Monde Magazne d’il y a quinze jours) développent constamment ce thème de la domination douce que la droite exerce un peu partout. Plus la peine d’exercer la contrainte, nous sommes trop absorbés par « aute chose »….

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  3. jmph dit :

    Je suis (presque) complètement d’accord avec ton analyse, notamment concernant la perversion croissante du pouvoir actuel.
    Reste à savoir quoi faire. Le PS joue la montre, dit Plenel. Certes ! Le PS est un parti politique dont le but est de prendre le pouvoir. La Vème République a fait de l’élection présidentielle  » la mère des élections », surtout depuis le raccourcissement du mandat à 5 ans. Donc que peut faire le PS sinon se préparer aux Présidentielles de 2012 ? D’autant qu’il en a besoin… y’a du boulot !
    Plenel dit que c’est Sarko qui impose son agenda. Mais imposer un agenda, surtout aussi compulsif que celui de Sarko, est-ce maîtriser le temps ? Il ne fait qu’enchaîner « séquence » sur « séquence », la plus pitoyable étant la relance de la séquence sécuritaire depuis le « discours de Grenoble ». Mais Sarko pédale dans le vide, à présent…
    Que faire alors ? Manifester, oui bien sûr, même si les sottises du comptage jettent un trouble sur la signification de ce genre d’action.
    La grève générale, souhaitée par Besancenot et quelques autres ? Connaissant autour de moi de nombreuses personnes gagnant leur vie, mais sans plus (mon fils instit, par exemple), je doute franchement de la possibilité d’une telle action sur une longue période. De plus, la propagande gouvernementale pourrait reprendre du poil de la bête en mélangeant le discours sécuritaire à celui clouant au pilori les fauteurs de trouble, de blocage et désordre. Se rappeler comment Mai 68 a fini : par une Assemblée nationale bleue azur !
    Que faire ? Contrairement à Michèle, je ne crois pas qu’il faille se taire. Le débat, quand il ne tourne pas aux invectives et à la paranoïa, est plus que jamais utile : il conditionnera le vote de 2012.
    Débattons !

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  4. alainlecomte dit :

    oui, débattons. J’avoue que je ne comprends pas très bien pourquoi ce qui était possible en 1995 ne l’est plus aujourd’hui. J’entends bien que les gens hésitent à perdre des jours de salaire, mais en 95 aussi, et ils l’ont fait, et ils ont gagné. Ce qui est bizarre à mes yeux, c’est que l’enjeu me semble beaucoup plus important aujourd’hui qu’en 95. La réforme Jupé embêtait terriblement les syndicats surtout FO, qu’on menaçait de ne plus être gestionnnaire des caisses maladies, et imposait des mesures quant à la santé (médecin référent etc.) qui n’étaient pas absurdes et qui ont été adoptées aujourd’hui. Evidemment ce qui gênait, c’était la méthode Juppé « droit dans ses bottes »… Le débat sur les retraites va bien plus loin puisqu’il s’ancre dans la vraie nature du système capitaliste, consistant à user au maximum la force de travail. Les mesures envisagées sur la pénibilité sont à ce sujet scandaleuses: il faudra vraiment qu’un salarié fasse la preuve qu’il est au bout du rouleau pour pouvoir partir à 60 ans. Même une mesure qui pourrait facilement être prise en ce qui concerne les femmes, consistant à tolérer qu’elles partent à 65 pour obtenir le taux plein, est énergiquement refusée par le gouvernement et le patronat. C’est quand même un peu fort, beaucoup plus que les motifs de se mettre en grève de 95, à mon avis. Et tout le monde trouve normal qu’on n’envisage pas de grève reconductible…. bizarre.
    Ton exemple sur mai 68 est juste: les barricades ont amené une chambre bleue azur, mais n’oublions pas aussi que décembre 95 a amené Jospin. C’est ce scénario qui me paraîtrait l’un des meilleurs possibles actuellement.
    Quant à l’attitude du PS, comme tu as du le deviner, j’ai été très énervé par la réaction de Claude Bartolone au micro de Patrick Cohen sur France Inter. C’est incroyable qu’un leader socialiste dise calmement qu’il est tout à fait normal que des choix décisifs pour l’avenir et pour la gauche soient fait à huis clos, et anormal que l’on veuille en savoir plus. Bartolone a fait une grosse connerie en vendant la mèche à propos des primaires au PS: on le voit aujourd’hui où il n’ a pas suffi de plus pour rallumer la guerre des chefs. C’est avec ce genre de bêtise qu’on perd les élections.
    Alors, Sarko ne pédale pas, hélas, tant dans le vide que ça. D’après « le Canard », il l’a dit lui-même: « on n’a encore rien vu », et hélas, je le crois.
    C’est pour ça que si un vaste mouvement populaire pouvait prendre le dessus par rapport aux appareils, ce serait quand même bien….

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  5. jmph dit :

    Ce qui a changé depuis 1995, c’est que le pouvoir d’achat a encore diminué et que les gens sont encore plus inquiets pour leur proche (et lointain) avenir. La peur de l’avenir paralyse avant qu’elle ne devienne un désespoir : c’est déjà le cas pour la frange la plus précaire de la population, mais pas la majorité.
    Je suis d’accord avec ton analyse du mouvement de 1995, qui ne faisait que défendre des corporatismes syndicaux. Mais quant à en déduire que l’arrivée de Jospin, 18 mois après, en est la conséquence, ce serait une conséquence très indirecte et à retardement offerte par le manque de flair politique du duo Chirac-Villepin (c’est ce dernier qui a eu la lumineuse idée de la dissolution, ça en dit long sur son talent politique…).
    Comme toi, j’ai été attéré par les propos de Bartolone ! Quant aux phrases de Sarko, il n’est pas à une déclaration de matamore près. Mais c’est sûr que la pression va monter jusqu’à 2012. C’est peut-être pour cette raison que la direction de la CGT est si prudente, redoutant un mouvement devenant incontrôlable et préférant attendre les élections. Pour résumer, je pense que c’est la proximité des Présidentielles qui est la vraie raison de la relative modération du mouvement social. L’extrême-gauche l’a d’ailleurs très bien compris puisque qu’elle ne cesse de réclamer de NE PAS ATTENDRE ces éléctions.
    Tout ce qui précède n’est que du commentaire politique et n’a pas grand chose à voir avec le fond.
    Le fond, pour moi, c’est de savoir à quelles conditions le progrès social est-il encore possible en Europe. Les « 30 glorieuses » de l’immédiat après-guerre ne sont-elles qu’une heureuse et unique parenthèse offert par un capitalisme qui avait intérêt à ce que les travailleurs des pays riches consomment, alors que les pays pauvres ne vivaient que de mendicité corsetée par des régimes dictatoriaux ? La donne n’est plus la même actuellement, je crois.

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  6. alainlecomte dit :

    Il serait désastreux à mon avis que la droite l’emporte sur la réforme des retraites, S. pourrait s’ennorgueillir d’avoir « réussi » au mois ça aux yeux de son électorat, qui finirait par lui être reconnaissant. Parmi les gens vaincus, humiliés, il s’en trouverait assez pour être tétanisés et « le » reconnaître comme vainqueur. C’est pourquoi je pense qu’il faudrait que ce mouvement s’amplifie.
    Sur la question de fond, il y a beaucoup à dire, évidemment. Oui, on a beaucoup dit que le capitalisme avait besoin d’une population relativement aisée pour assurer la consommation. Mais en même temps, il ne faut pas négliger l’effet réel des mouvements sociaux. C’est chaque fois que l’oligarchie a du en rabattre un peu que des avancées significatives ont été faites sur le plan social. A la Libération, par exemple, quand elle ne faisait pas la fière, ayant collaboré avec l’occupant.
    Je crois encore en l’efficacité des luttes sociales, à condition qu’elles s’en prennent aux vraies cibles, qui sont me semble-t-il clairement identifiées dans la situation d’aujourd’hui surtout depuis le début de l’affaire Woerth-Bettencourt!

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  7. michèle dit :

    >Ah, je suis trop contente de votre débattons, Alain L. c’est drôle, il me semblait que nous n’en étions pas à créer de nouveaux progrès sociaux mais à défendre les anciens car eux vacillent, sont mis à mal : les congés payés, les retraites, la sécurité sociale, les services publics de proximité, le système scolaire que l’on ébranle un max.

    Sur ce dernier, un exemple, l’argent va désormais aux internats d’excellence : on recrée ce qui est défaillant sur le plan familial, le sens de l’autorité et on lie l’excellence à cet excès de rigueur ; or, si dans les familles il n’y avait pas tant de problèmes sociaux, liés entre autres à une pénurie financière, les dérapages seraient moindres, et les enfants ne serainet pas empêchés d’apprendre.
    Lier cela à l’ennui ressenti à l’école n’est qu’une vaste entreprise de fumisterie, destiné en loucedé à étriper un service public, pour le remplacer par une bonne école pour les gosses riches, enfants de riches, une mauvaise école pour les gosses pauvres, enfants de pauvres ( je le vois venir gros comme trois maisons, ce démantèlement de l’école ).
    L’ennui, il y a 60 ans et plus était le même. Mais demandons aux enfants mexicains qui cueillent des haricots verts dans les champs s’ils n’aimeraient pas s’ennuyer à l’école, en y usant leurs fonds de culotte.

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  8. michèle dit :

    >Suite en essayant de clarifier, et ensuite, je vous laisse dire, les hommes :
    Jospin s’il s’est planté au premier tour en 2002, c’est pour deux raisons :
    1/ personne ne l’a pris pour un mec de gauche ( j’aime bcp sa femme Sylviane Agacinski philosophe, sa métaphore guerrière sur le couple, elle est intelligente, c’est chouette une femme intelligente, et ce n’est pas un handicap, non – et j’aime qu’ils soient allés se consoler en Sicile, quel beau pays la Sicile… ) parce qu’il est bourgeois Jospin ( ce n’est pas le seul d’accord, mais les autres savent le planquer mieux que lui ) ; DSK non plus n’est pas du tout un mec de gauche, de plus c’est un chaud lapin, je ne voterai jamais pour un qui ne maîtrise pas son énergie sexuelle, parce que cela en dit long sur son incapacité à garder la tête froide ).
    2/ nous sommes nombreux à avoir participé à sa chute : tout ceux qui avons voté à gauche mais ailleurs au premier tour ( Michèle Taubira et autres ). Dispersion des voix, non-conscience de la montée du FN and co.

    Jamais, à mon sens, la gauche n’a accepté de voir, avec lucidité, les problèmes sociétaux en cours : la paupérisation, l’insécurité dans les quartiers, le développement des industries/trafics parallèles.

    Quand, de manière générale, tout le monde s’en fout, et que les politiques laissent le peuple se démerder seul dans un espèce de souk ambiant, que se passe-t-il ? Les gens s’énervent et votent à l’extrême droite. Moi, d’après de simples conversations de-ci de-là, ( je m’intéresse bcp à ce que disent les gens de la rue ), il me semble que les votes du FN viennent autant de gens de gauche qui s’énervent ( car ils ne croient pas un iota à la gauche-caviar qui ne les représente pas ) que de gens de centre ou de droite qui opèrent un glissement à droite.

    Donc, qu’est ce qui est responsable de ça ?

    Deux choses :
    1/ L’inculture, entre autre l’abêtissement télévisule sciemment programmmé
    ( cf. l’Italie, et savoir ce qui se passe chez nous : un élève de sixième passe en moyenne six heures par jour devant la télé, un plus grand cela va être devant son ordi ou facebook ou msn, où ils vont s’échanger des torrents d’injures à connotation sexuelle et raciste ).
    2/ La trouille : trouille de l’autre, black, jaune, beur, du chômage, de plus du tout de fric pour manger, de la maladie, du danger, des caïds, de plus payer ses factures.

    Et tant qu’on ne fera pas des efforts sur l’une, et qu’on ne tiendra pas compte de la seconde, ben on sera chocolat.

    Nous les gens de gauche.

    Je vous laisse dire, après je vous propose.
    Des alternatives.

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  9. michèle dit :

    >jmph et Alain L.

    voilà, bien désolée, c’est le schbinz. Mon commentaire après débattons s’adressait à vous jmph, et j’étais partie dans le débat. Je n’ai rien copié/collé et mon message est tout tronqué. Il ne reste que la fin.

    Pas le courage de m’y remettre ce soir, je ne sais si pouvez repêcher cela, Alain L.

    Voyez, quand les femmes se mettent à parler politique avec les hommes, la machine déraille :- )
    Ah, j’ai des regrets.

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  10. carole dit :

    Merci pour ce débat passionnant.
    Michèle : j’ai tout lu. je vous suis dans ce que vous dites… vous évoquez les vrais problèmes. il n’y a pas de doute. la politique c’est du concret n’est-ce pas ? ça se vit tout ça ! enfin……. pas le courage de participer au débat ce soir. merci à tous les trois.

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  11. alainlecomte dit :

    Michele: beaucoup de choses vraies dans ce que vous dites (à mon avis). Sur Jospin j’ai toutefois des réserves, bourgeois, Jospin? je ne crois pas vraiment. Homme intègre en tout cas, et ça, ça compte. Maintenant, quand « la gauche » arrive au pouvoir, c’est rarement dans une position de rapport de force qui lui permette d’accomplir sa politique, hélas, et pour rester au pouvoir, elle doit composer… jusqu’à le perdre (le pouvoir). Ce sont néanmoins des moments de respiration, dans la société, des moments où on a l’impression d’être libre de se concentrer sur de vraies questions et pas sur les effarantes problématiques imposées par la droite. En 2002, j’ai voté Jospin dès le premier tour. Bien sûr, moi aussi j’avais eu le désir de voter pour qqun d’autre, Taubira justement et puis au dernier moment dans l’urne je me suis dit qu’il fallait pas déconner…
    Pour l’inculture causée par le harcèlement télévisuel, je suis bien d’accord, et hélas pour la trouille aussi…
    Je crois qu’on va être chocolat toute notre vie….
    Enfin, nous continuerons le débat… Je vais faire un autre billet, j’aimerais discuter des thèses de ce Raffaele Simone… qui nous prédit hélas une extension toujours plus grande du pouvoir d ela droite parce qu’elle, elle a trouvé la recette: garantir aux individus le droit de consommer et de chercher leurs petits plaisirs pendant qu’elle s’occupe du reste. cela pose la question de notre participation à la vie publique. Jusqu’où sommes-nous prêts à nous en mêler? Le slogan de Ségolène sur la démocratie participative n’était pas si bête: elle a raté le coche avec ça parce que les médias lui ont pourri la planche, et maintenant, elle n’en parle même plus, or, il me semble c’est cela qu’il faudrait réveiller chez les gens: le goût de la démocratie participative, c’est-à-dire en fin de compte, du débat.

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  12. @ alainlecomte : l’article d’Edwy Plenel est excellent et Bartolone est un minable.

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  13. michèle dit :

    >Alain L. grand oui pour la démocratie participative.
    Grosse erreur christiane Taubira, ai confondu avec Ma’me Obama. Y ai songé cette nuit.
    Reviens débattre demain.
    Pouvez pas repêcher le bout de mon com. de 21 h35 après débattons qui a plongé à vau l’eau, si cela était possible et pas trop contraignant ?

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  14. michèle dit :

    J’ai laissé tomber : le lapsus de Rachida Dati, si sexy, m’a ôté toute velléité de parler politique.

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  15. jmph dit :

    Comme quoi un lapsus a raison du débat !

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  16. michèle dit :

    >jmph pas seulement le lapsus… Il y a aussi la grande moitié de mon com qui est passé à la trappe, et tout soudain semble si dérisoire, que j’ai trouvé cela vain. J’avais argumenté sagement en long, en large et en travers, et zoom, plouf. Mme Dati par-dessus cela et le tout devenait ridicule.

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  17. Alain L. dit :

    Désolé, Michele, mais je n’ai pas trouvé la partie de votre com que vous me demandiez de restaurer… elle est tombée dans les limbes du web… là d’où l’on ne ressort jamais.

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  18. michèle dit :

    Je sais Alain L. mais un bon pote m’a écrit
    J’ai seulement reçu la copie par message d’alerte, comme pour les autres, mais je ne le retrouve pas sur la plateforme ! et il m’a restauré mon message court ( sans doute chez vous était-ce trop long ) alors j’avais osé espérer que ce soit pareil.
    Tant pis : j’avais répondu à jmph soigneusement point par point. C’était spontané, pas copié, ni collé. Je ne suis pas une fana des discussions politiques, mais il me semble que parfois, c’est fort utile que nous les femmes disions notre point de vue.
    Passons, allègrement.

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