En revenant de Bordeaux

Je reviens de Bordeaux, ou plus exactement de Pauillac, où mes collègues avaient gentiment organisé un colloque pour mes soixante ans.

 

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vignes près de Pauillac

Voilà à quoi ça vous donne droit, l’âge. Ici, je ne me vante pas. Quand on fait un colloque autour de vos travaux, c’est à double tranchant : d’abord c’est extrêmement sympathique, c’est un geste de réelle amitié car aucun des participants n’a à en attendre le moindre « profit » du point de vue carrière ou finances, ils sont juste là pour vous témoigner de leur sympathie, et c’est bien sûr très touchant, et on est très heureux de ça. Mais c’est aussi l’occasion pour eux de vous dire qu’eux, sûrement n’auraient pas fait comme ça, et si vous êtes un peu paranos, vous pouvez comprendre qu’ils vous disent que dans le fond… vous n’avez rien compris. Comme je ne suis pas parano, je comprends qu’ils veulent dire que j’ai touché du doigt certaines questions, mais que je suis bien loin de les avoir réglées. Donc c’est un appel à la modestie, et c’est toujours nécessaire. En somme, plus que jamais je me sens en conformité avec le titre de ce blog (et c’est bien pour ça que je n’en changerai pas) : quand les Ladakhis disent, en arrivant au sommet des cols, que « les dieux seront toujours vainqueurs », ce qu’ils veulent dire vraiment c’est que quels que soient les efforts que vous avez faits pour gravir une montagne, vous n’arrivez jamais au bout, il y a toujours « des dieux » qui ont fait bien mieux que vous. « Dieux » est bien sûr métaphoriques. Nos « dieux » modernes sont ceux qui sont toujours allé plus loin dans la pensée, ce sont ces fameux « Géants » sur les épaules desquels un Stephen Hawking prétend qu’il est possible de se hisser….

Nos politiques et en particulier ceux qui nous gouvernent n’ont aucune idée de ça.

 

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Bords de la Gironde… une nasse pour attraper les idées?

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3 commentaires pour En revenant de Bordeaux

  1. Posuto dit :

    He bien voilà.
    Le jour, que dis-je, LE jour est arrivé où je vais enfin mémoriser le nom de ce blog. Parce qu’après ces explications pleines d’humanité, pleine de mesure, sur la modestie des destinées et des entendements, ben j’adhère totalement, et j’ai même l’impression d’être « éclairée ». Donc, finis les rikiki rosso antico. Les dieux seront toujours vainqueurs. J’approuve en hochant la tête de haut en bas.
    Kiki

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  2. michèle dit :

    Bon anniversaire alain lecomte. Je commence à comprendre vos écrits et la modestie ( que vous mettez en exergue) me semble salvatrice car elle seule nous ramène à notre condition humaine de mortels. Les grands pour moi sont petits ( c’est à dire humbles ) et j’aime aussi comme Kiki le titre de votre blog. Quant à la logique que vous étudiez (avec la linguistique si j’ai bien suivi ) serait-ce (dans votre nouvelle au retour d’Argentine) l’expression que nous (chacun d’entre nous ) sommes à la source (à l’origine de ) de ce que nous vivons ? C’est encore confus mais je crois progresser dans la compréhension de ce que vous nous présentez.

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  3. alainlecomte dit :

    Merci Kiki, enfin, pour cette reconnaissance 🙂
    merci Michèle: en fait, c’est du réchauffé, mon anniv. (le vrai) était le 15 avril (fêté à Naples, dans l’intimité, avec C.).
    Pour votre question, c’est difficile d’y répondre, je ne suis pas ambitieux au point de proposer une « philosophie » comme celle-là. Il me semble seulement intéressant de poser des questions, mais souvent… on n’ a pas les réponses! et il ne faut même pas croire qu’on les aura un jour…
    ceci dit, c’est vrai que des logiciens ont cru que, par la logique, on pouvait recréer totalement le monde. Russell avait une position originale sur ce sujet: il voulait montrer comment notre connaissance du monde extérieure peut se construire sans faire nécessairement l’hypothèse (métaphysique à ses yeux) de l’existence de ce monde, mais simplement à partir de nos impressions et de la coordination de nos points de vue (voir le livre traduit en Français sous le titre « la méthode scientifique en philosophie »). Il n’est pas inintéressant de savoir que la grande romancière Virginia Woolf connaissait Russell et que certains pensent que cette connaissance l’a influencée dans son style narratif très particulier. Pour ma part, je pense qu’un artiste comme Giacometti exprime les mêmes préoccupations (un jour je ferai un billet là-dessus!).
    Amicalement

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