Du désenchantement à l’optimisme – lecture de Marcel Gauchet

J’ai peu souvent lu jusqu’ici Marcel Gauchet… Interviewé sur France-Culture, Gauchet se défend d’être « néo-libéral » puisqu’au contraire il définit lui-même le « néo-libéralisme » comme l’idéologie actuelle, laquelle brouille nos repères (reprenant ainsi à son compte le concept marxiste d’idéologie vue comme rapport aliéné des individus à eux-mêmes qui leur fait s’illusionner sur leur situation réelle).

Je me suis donc mis à ce gros pavé parfois abscons mais qui tente de retrouver les lignes en profondeur qui orientent notre destin historico-politique. Ce n’est bien sûr qu’une voie parmi d’autres pour essayer de comprendre le réel… par exemple, je reste perplexe sur l’absence d’une prise en compte sérieuse de l’infrastructure économique. Admettons que la pensée marxiste soit dépassée (ce qui reste à voir, quand même), il n’en reste pas moins que les idées n’ont pas nécessairement une existence autonome, la « victoire du libéralisme » n’est pas seulement l’aboutissement d’une lutte abstraite entre les catégories d’hétéronomie et d’autonomie, elle est aussi due à l’évolution du capitalisme qui est parvenu à transformer les esprits dans son sens. Je ne suis qu’au début de cette lecture aride, j’aurai donc l’occasion sans doute d’y revenir.

L’un des buts de Marcel Gauchet est de comprendre comment l’Europe en est venue, après avoir traversé une période de modernité révolutionnaire ayant conduit aux pires solutions totalitaires, à se retrouver aujourd’hui dans ce qui a l’apparence d’une post-modernité mais qui a tout d’un vide théorique. Nous vivions autrefois au règne de « l’hétéronomie » c’est-à-dire d’un ordre qui fixait d’en haut les droits et les obligations, puis nous connûmes les révolutions (1789, 1848…) qui nous firent goûter à l’espérance de l’autonomie : c’était à nous d’inventer notre ordre, injonction ô combien exaltante, mais les deux pôles (hétéronomie et autonomie) ont subsisté pendant longtemps, structurant notre champ politique et se livrant à des figures topologiques d’alliance et de retournement, comme la construction d’ordres en apparence autonomes (le communisme) mais bâtis en fait à l’imitation d’un ordre hétéronome (inutile de rappeler Staline, le « culte de la personnalité », les « grandes messes » commémoratives etc.).

Aujourd’hui, en tout cas en Europe, pour la première fois dans l’histoire s’est ouverte une ère où ces deux pôles ont cessé de nous structurer. Les forces politiques, sauf en quelques occasions où s’exprime une nostalgie, ne se déterminent plus en fonction d’une appartenance religieuse ou d’un rejet militant de la religion. [On dira bien que si, en regardant ce qui se produit avec l’islam, mais nous savons bien là qu’autre chose est en jeu : le rejet d’un groupe, soit de son ensemble (« les musulmans », dans le cas de l’extrême-droite nationaliste) soit d’une minorité qui inquiète en raison de son influence sur une partie de la population]. Elles se déterminent principalement à partir de choix économiques. Gauchet fait remonter cette évolution aux années soixante-dix et non nécessairement semble-t-il (bien qu’il ait pu paraître dire le contraire dans l’interview récente qu’il a donnée sur France-Culture) à mai 68, ou alors mai 68 pour l’idéologie, mais 1974 pour le choc économique (le choc pétrolier) qui fait basculer l’Occident vers ce « nouveau monde ». Et alors, que résulte-t-il de cette évolution ?

Alors que nos ancêtres scrutaient anxieusement les entrailles de leur société, interrogeaient fiévreusement les signes du futur, se passionnaient pour la transformation de leur monde, nous végétons dans un présent sans questions ni ouvertures. Un immense malaise étreint nos sociétés, sans qu’elles soient seulement en mesure de le nommer, pour ne pas parler de s’interroger sur sa nature ou de lui chercher une issue. C’est que les repères qui permettraient d’en juger ne sont pas au rendez-vous. Nous sommes enfermés hypnotiquement dans une zone éclairée réduite à l’individu, à ses droits et à l’interminable dispute sur ce qui lui est permis et sur ce qui lui est dû.

Ainsi, le travail sourd de la modernité révolutionnaire, qui n’en aurait pas fini d’ailleurs, nous conduirait à un individualisme sans grand espoir de voir le monde s’améliorer. A moins que… à moins que cet individualisme prenne la forme plus positive d’une individuation, ainsi que l’exposait déjà Cynthia Fleury dans « Les irremplaçables », en voyant alors dans le souci de soi inhérent à cette attitude la base d’une démocratie possible. Certainement, Marcel Gauchet approuverait une telle perspective, et j’interpréterais volontiers la suite de son ouvrage comme en fournissant une explicitation. Pour lui, ce travail de la modernité continuerait donc à s’accomplir en nous et tendrait à aboutir enfin au but qu’il aurait toujours poursuivi, à savoir l’autonomie (autre nom de l’individuation?), le moment où enfin libéré des tensions entre religiosité et esprit révolutionnaire, l’individu se retrouverait libre mais ressentant alors tous les vertiges qui accompagnent ce sentiment (se souvenir ici du propos de Cynthia Fleury : s’individuer, c’est prendre conscience de la faiblesse inhérente à l’individu et du seul destin ici proposé sur la terre). C »est une chose de disposer des instruments qui permettent de maîtriser son destin, une autre de savoir s’en servir. « L’histoire de la libération, dit Gauchet, est derrière nous ; l’histoire de la liberté commence ».

Mais sans doute est-ce là trop vite résumer le propos.

On peut être surpris d’apprendre par Gauchet, que les sciences humaines et sociales sont dites « sciences » par abus et que c’est d’avoir trop longtemps cru à leur véracité qu’on se retrouve un jour perplexe face à leur échec à prédire ou à empêcher… C’est du moins ce qu’il prétend dans le chapitre intitulé « La déconstruction idéologique du socialisme » (il parle du socialisme passé, bien entendu, puisque dans cette interview à laquelle je me référais plus haut, il se dit tenant du socialisme, mais d’un socialisme « du XXIème siècle ») où il signale à quel point nous avions fondé d’espoirs « sur leur application à la vie collective, sur leur contribution à la gestion scientifique de la société, sur leur apport à la décision commune », mais que, d’une part les résultats obtenus furent souvent décevants et d’autre part quand bien même ils auraient été « solides », il s’est avéré que loin de fournir un outil qu’aurait pu s’approprier la collectivité dans une sorte d’effort de meilleur contrôle sur elle-même, ils apportaient de l’opacité là où on attendait de la transparence, comme si, parce que édictés du haut d’un savoir, ils aboutissaient à donner le sentiment aux individus qu’ils étaient dépossédés de leurs ressorts pour l’action.

Cette critique est considérable : nous payerions aujourd’hui le prix de cette séparation entre ce discours qui se voulait scientifique et la manière dont les gens pouvaient ou non s’y reconnaître. En fait, ils ne s’y reconnaissaient pas. Une science sociale triomphante aurait produit le monstre d’un méga-système régentant les conduites et les choix importants, or, quoiqu’on puisse lire souvent sur la tendance de notre société à évoluer vers celle du 1984 orwellien, il n’en est rien. Cela aurait pu être le cas si…

Gauchet raconte que vers 1980, le PDG d’IBM avait prédit que, concentration aidant, le monde n’aurait plus besoin dans les trente ans à venir que de quelques ordinateurs… cinq ou six qui auraient brassé toutes les données pour donner les conseils les mieux avisés aux dirigeants mondiaux. Au lieu de cela, nous avons aujourd’hui des millions d’ordinateurs dans le monde, qui se glissent dans nos valises, voire dans nos poches. Le moindre quidam se balade avec une puissance de calcul supérieure aux machines d’alors… comment dans ces conditions continuer de croire à la possibilité d’une gestion étatique et bien organisée.

Par ailleurs, je me souviens des vibrants discours sur l’apport de la nouvelle science informatique aux objectifs de l’autogestion que l’on tenait à la fin des années soixante. Mais l’autogestion, tout autant que le cauchemar orwellien, a disparu. Qui s’y référerait aujourd’hui sans risquer de paraître définitivement ringard ? Belle illustration des mutations qui ont pu se produire au cours des dernières décennies. Ainsi, des concepts disparaissent

Gauchet a l’air de suggérer que, s’ils disparaissent, c’est qu’ils se sont silencieusement réalisés… Ainsi du concept de « classe ouvrière ». Gauchet en étudie le trajet. Dans la doxa marxiste, la classe ouvrière est la classe exploitée au sens où son travail lui est dérobé. L’ouvrier, obligé de vendre sa force de travail s’il veut simplement survivre, la vend à vil prix, c’est la rançon du salariat. Mais les conquêtes sociales d’après 1945, les progrès du pouvoir d’achat, puis la généralisation du salariat (notamment aux classes dites moyennes, c’est-à-dire secteur tertiaire, professions intellectuelles etc.) lentement diluent la conscience de classe qui devait surgir de cette situation d’exploitation. Outre que les ouvriers sont bien moins nombreux que par le passé, ils cherchent essentiellement à améliorer individuellement leur niveau de vie (ce qui est parfois à leur portée). Comme le dit Gauchet, l’égalité a dissipé la conscience de classe. Ce qui était promis comme résultat de l’émancipation de la classe ouvrière s’étant insidieusement réalisé, celle-ci s’est retrouvée privée du ressort de sa prise de conscience en tant que classe.

Cela ne veut évidemment pas dire que l’exploitation a disparu : on la saisit à son comble dans le sort qui est réservé aux travailleurs immigrés, aux sans-papiers, aux femmes seules avec enfants qui doivent accepter les emplois les plus mal payés (voire les plus dégradants) si elles veulent continuer à nourrir leurs enfants (ceci est si bien montré dans le dernier film de Ken Loach), mais on ne parle plus de « prolétariat » : « l’effacement du prolétariat a ramené « les pauvres », « la misère », il a engendré « les exclus ». Toutes catégories qui aiguillonnent le souci d’humanité, quand elles ne ressuscitent pas la charité, mais qui ne sont porteuses d’aucune promesse de transformation sociale ». Oui, bien sûr, ce qui faisait la gloire du prolétariat, c’était le fait que la théorie marxiste avait fondé sur lui une telle promesse : la classe des plus exploités devait prendre sur elle le sort de l’humanité entière, de toutes les classes, dans une société qui aurait été véritablement « sans classes ». Peu de gens ont remarqué (sauf Bernard Maris dans son fameux « Ô Marx, pourquoi m’as-tu abandonné ? ») ce que cette théorisation avait de messianique, post-chrétienne, dans l’élection qu’elle faisait non plus d’un homme, mais d’un groupe d’hommes, pour racheter les péchés du monde… mais aujourd’hui, personne ne pense que ces victimes du capitalisme seront ceux et celles enfin par qui le salut de la civilisation arrivera…

[C’est pourquoi les discours nostalgiques, les postures mimées sur celle de feu le Parti Communiste (celui de Marchais) ont de quoi nous désespérer : nous n’y croyons pas, et nous ne voyons en elles que des effets de manche destinés à donner un peu de gloire à des tribuns dont nous sentons bien qu’eux-mêmes ne croient pas en ce qu’ils disent. Des théoriciens à la Michéa ont beau tenter de nous culpabiliser en nous assurant qu’il existe encore une conscience de classe, nous savons bien que ce n’est pas vrai : ils n’osent d’ailleurs guère employer ce mot eux-mêmes, se contentant de parler « d’esprit d’entraide » (!) et de « classes populaires »].

Ce qu’on ne saurait nier, c’est que les individus que nous sommes, ayant goûté à la liberté, ne feront jamais machine arrière. Vient alors la question de l’individualisme, cette tendance égoïste propre à nos sociétés qui ferait haïr tout ce qui vient du collectif. « L’atomisme social », comme concept, remplit la littérature journalistique pour exprimer le plus souvent l’idée que « c’était mieux avant », dans cet avant où, paraît-il, les solidarités s’exprimaient, les écoliers respectaient leurs maîtres et le bon citoyen avait une conscience infuse de son rang hiérarchique. Mais en même temps, nous dit Gauchet, jamais l’humain n’a été plus sociétal qu’à notre époque. Vers qui nous tournons-nous en cas de maladie ou de catastrophe si ce n’est vers l’Etat-Nation ? Et cet individu que nous sommes, qui n’a peut-être jamais été autant développé et épanoui qu’à notre époque et dans nos société, ne doit-il pas ce développement à tout ce que la société a fait pour lui ? Quelqu’un qui s’imaginerait ne tout devoir dans sa réussite qu’à lui-même serait dans l’illusion totale : il se raconterait des histoires. Or, c’est bien là ce que veut nous faire croire l’idéologie néo-libérale et il me semble que Gauchet a bien raison sur ce point. Mais, lui dira-t-on, c’est une chose de faire ce genre de constat, de le savoir et une autre de faire en sorte que les individus soient conscients de cette situation. Gauchet fait le pari pourtant qu’il est possible de provoquer cette prise de conscience chez nos contemporains, autrement dit, après avoir effectué un trajet du collectif à l’individuel, de retourner au collectif, mais d’une manière lucide et consciente, c’est ce qu’incarne selon lui la notion de socialisme du XXIème siècle. Il dit voir les signes d’une telle évolution autour de nous : il est vrai que dès qu’un individu se sent libre, il n’a rien de plus pressé à faire que tenter de réunir autour de lui un cercle de relations et d’amis qui sont autant libres que lui pour faire vivre un projet collectif (je pense ici à mon « cercle de lecture » en Drôme Provençale…). Certes, c’est du local, mais un peu d’optimisme nous laisse prévoir que dans des décennies peut-être, on passera au global. Who knows…

Ce que je trouve particulièrement intéressant chez Gauchet c’est cet effort intellectuel qui me semble gigantesque consistant à s’élever soi-même au-dessus des vicissitudes et aléas de la politique quotidienne pour essayer d’embrasser du regard de grandes tendances, des significations historiques qui gisent souvent bien cachées au creux des événements, et qui nous restituent un peu d’optimisme. Ces grandes tendances peuvent être masquées à l’occasion par des péripéties mais il en est de l’histoire comme du climat : le réchauffement climatique peut aussi s’assortir parfois de vagues de froid…

Une critique, toutefois : Marcel Gauchet ne donne-t-il pas une place trop grande à la forme Etat-Nation alors qu’il peut sembler que la réalité s’en estompe ? J’entendais récemment sur F-C le philosophe Gaspard Koenig glosant sur la construction de nouvelles appartenances. Les réseaux sociaux et les organismes dont ils ont permis l’éclosion (tels que Avaaz ou Change.org…) montrent chaque jour que se reconnaissent entre eux des individus qui, loin d’appartenir au même sol, défendent les mêmes causes, revendiquent les mêmes droits par-delà les frontières, droit à leur différence sexuelle, opposition aux mesures coercitives dont souffrent les migrants, protestation contre les murs de toutes sortes etc. C’est comme une confédération transnationale des individus libres ou qui du moins n’ont comme seule visée que la lutte pour les libertés. Nos campagnes électorales avivent la confrontation qui a lieu entre les derniers tenants farouches de l’Etat-Nation et les tenants en progression d’une liberté commune qui se répand hors frontières.

Le monde change. Des intellectuels heureusement existent qui tentent de tracer les grandes lignes de ces changements. Ainsi également d’Axel Honneth, héritier de l’Ecole de Francfort, dans « Le Monde des Livres » daté du 17 mars, qui mettait en doute dans son interview, le modèle hérité de Marx et du socialisme du XXème siècle, qui souffre, selon lui « jusqu’à aujourd’hui de s’être développé dans le cadre de la première révolution industrielle ». Or, disait-il, « le socialisme n’a un avenir que s’il réussit à s’affranchir de ce lien au passé ». Dans le cercle marxiste qu’il avait rejoint dans les années soixante-dix, Honneth passait pour un « bersteinien » parce qu’il doutait déjà du rôle imparti au « prolétariat » dans la tâche de transformation sociale, aujourd’hui il a un regard lucide sur les projets « révolutionnaires ». Il se demande ce que peuvent bien avoir en tête ceux qui, sincèrement, croient en une « révolution » possible… La révolution a eu lieu déjà, et c’est ce que semble aussi dire Gauchet, elle a eu lieu en 1789 et nous n’avons pas fini d’absorber l’élan de liberté qu’elle nous a donné.

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3 commentaires pour Du désenchantement à l’optimisme – lecture de Marcel Gauchet

  1. Un pavé, oui. Gauchet n’est pas vraiment gauchiste, et n’a pas dû en lancer un seul en Mai 68. Ses mains blanches n’auraient su s’y frotter.
    Quand on écrit : « nous végétons dans un présent sans questions ni ouvertures », quel optimisme !, et quel éloge finalement caché ou feutré d’une société sans « luttes de classes » ou néo-libérale à la Macron.
    Je suggère à Gauchet d’aller faire un tour ces jours-ci en Guyane – qui n’est pas une « île » comme le croit notre petit Kennedy national – et d’ouvrir enfin les yeux sur une réalité qui dépasse ses pensées emberlificotées.
    Enfin, bonne lecture à toi (et bon courage) !!! 😉

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  2. alainlecomte dit :

    et oui… Gauchet n’est ni gaucher ni gauchiste semble-t-il… mais reste-t-il encore des « gauchistes »? Surtout depuis que Daniel Cohn-Bendit s’est, lui aussi, rallié à Macron… Il ne doit rester des « gauchistes » que dans les fantasmes absurdes des fillonistes (et des lepénistes, mais n’en parlons pas), et puis c’est vrai, la pensée-Gauchet (comme on disait autrefois la « pensée-Mao ») est Macron-compatible… Elle a en tout cas pour moi l’intérêt d’être une pensée qui essaie de comprendre le temps présent sans ressasser les vieilles lunes, car « ressasser les vieilles lunes » on en a fait l’expérience, elles ne redeviennent jamais jeunes. Allons j’ai encore au moins 300 pages à lire… 🙂

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  3. Debra dit :

    Les réseaux Web ne donnent que l’illusion d’une union planétaire, et cette union a lieu ex corpore. Dès qu’on se trouve en chair et en os sur un sol, et dans un lieu, les différences qui nous séparent ne manquent pas de se manifester.
    Pour s’amuser, il est intéressant de revenir à Jacqueline de Romilly et ce qu’elle dit sur le progrès météorique d’Athènes au siècle de Péricles, et surtout l’instabilité profonde qu’ont introduit Protagoras, et les sophistes dans une société où l’aristocratie (les meilleurs) était clairement identifiée dans les esprits.
    Je vois que Gauchet a intitulé son livre « le nouveau monde ».
    Cela en soi…. n’a rien de nouveau.
    Le nouveau monde est avec nous depuis perpet, et les prophètes qui continuent à prophétiser pour nous des nouveaux mondes suscitent ma… méfiance.
    Avant le nouveau monde, il y avait déjà « la bonne nouvelle ».
    Et avant « la bonne nouvelle », il y avait déjà le mot « nouveau ».
    Soupir.
    Je retourne à Ovide dans son traitement de Cadmos, et Dionysius pour le plus beau traitement du dieu « nouveau ». Et Euripide, avant de s’exiler en Macédoine a écrit « Les Bacchantes » qui est vraiment tout sauf optimiste, si on le lit très attentivement.
    Cela a le mérite d’être beaucoup plus court, et plus beau que Marcel Gauchet, je crois.
    Devant la colonisation du nouveau Dieu (ou le Dieu nouveau), si je dois choisir entre endosser le rôle de.. Penthée, Tirésias, Agave, ou Alcithoé (Ovide, et non Euripide, Livre IV des Métamorphoses), je préfère Alcithoé, même si elle finit transformée en chauve souris (j’ai un faible pour les chauves souris, de toute façon).
    Je rappellerai délicatement qu’Agave finit par démembrer son propre fils, et que Tirésias est ridicule et cynique.
    Mais franchement, quelle liberté avons-nous dans tout cela ?…

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