Avignon n°1: damnés de théâtre

affiche2016_site_1Chaque année, ça recommence et on y vient avec le même élan, on se dit certes que cela va être un peu dur, qu’il fera chaud, qu’on sera fatigué, qu’on sera condamné à manger des pizzas insipides et des salades fraîcheur défraichies pour des prix excessifs, à dormir ou ne pas dormir, cela dépend du bruit, de la chaleur, je dirais presque aussi de la fureur, sous la tente, que quatre jours cela suffira bien et l’on en part effectivement quatre jours après être arrivés un peu soulagés mais très vite avec l’envie d’y retourner… Le Festival d’Avignon, bien sûr. Les frissons d’émotion, de froid, de plaisir, d’horreur aussi parfois qui parcourent la Cour d’Honneur du Palais des Papes. Les parades dépareillées des petites compagnies du off. Les tracts, pardon on dit maintenant « flyers », qu’on nous fourgue de force quand nous marchons d’un pas las dans les ruelles de la cité, les places qui résonnent de chansons, de proclamations et de claironnades et trois gouttes de pluie quand, par chance, on a droit à un peu de fraîcheur… Ce Festival cette année est dominé par l’extraordinaire mise en scène des « Damnés » par Ivo van Hove et les comédiens de la Comédie Française, une de ces mises en scène qui sait lier le théâtre le plus classique et les moyens technologiques les plus modernes afin d’arriver enfin à ce miracle : que dans la salle de spectacle la plus gigantesque on puisse percevoir les moindres détails du jeu des plus grands acteurs. Je sais : des critiques se sont plaints que l’excès de vidéo attirait tellement le regard que l’on en oubliait de se concentrer sur le jeu des acteurs, ce qui est paradoxal car comment verrait-on ce jeu, sans l’artifice technique ? Et puis comment faire autrement ? L’usage de la technique video permet de rendre compte de scènes difficiles à réaliser in presentia compte tenu du nombre de comédiens et des effets visuels requis, comme la scène de « la Nuit des longs couteaux » dont on se souviendra longtemps : seuls deux comédiens, Denis Podalydes et Sébastien Baulain jouant respectivement les deux SA que sont l’oncle Konstantin et Janek, son domestique, sont présents physiquement sur scène, les autres SA qui les accompagnent figurant seulement sur la video. Scène apocalyptique où on voit toute l’orgie et la barbarie du IIIème Reich, Podalydes et Balain, nus, finissant par plonger dans la bière et s’entre-dévorer avant d’être exécutés, comme les autres, de rafales de mitraillette… mais avant cela, on aura eu toute la montée du nazisme après le dôme en feu du Reichstag et les derniers scrupules du patron d’industrie von Essenbeck (Didier Sandre) qui s’envolent pour mieux développer l’empire familial de l’acier ; avec en contrepoint celle de l’inquiétante folie du fils Martin (Christophe Montenez), assassin de petites filles et meurtrier de sa mère, et toujours, scandant le spectacle, les mises en cercueil de chacun des personnages qui perd la vie, amené en procession puis couché entre les parois avant que le couvercle ne soit refermé, une caméra étant censée filmer l’étouffement des défunts. Au cours des premières scènes, la video est utilisée pour montrer comment les personnages se préparent, côté jardin, à jouer leur rôle. L’anniversaire du chef de famille est célébré et les enfants interprètent leur petite chanson – ce sont eux qui finiront avec leur mère (Elisabeth Thalmann : Adeline d’Hermy) à Dachau parce qu’ils sont de la branche de la famille qui se refuse à cet enrôlement dans les rangs nazis incarnés sur scène par le SS von Aschenbach (Loïc Cordery).

les_damnes_la_famille

C’est au cours de cette cérémonie que Joachim von Essenbeck reçoit la nouvelle de l’incendie du Reichstag et qu’il se laisse volontiers berner par la propagande aux seules fins de justifier son ralliement plein et entier au Reich et à son Führer : extraordinaire gros plan sur Didier Sandre qui dure de longues minutes et où l’on suit les moindres tressaillements de ses muscles faciaux. Le décor est très sobre : un rectangle orange sur le sol où se cristallisera toute l’action, et le gigantesque mur du Palais des Papes qui joue parfaitement son rôle d’écran de l’Histoire (l’Histoire en somme est là, personnalisée par lui). Certains compareront inévitablement ce spectacle théâtral au film qui lui a donné naissance. Qui aura rendu le mieux cette atmosphère shakespearienne, de Visconti ou de van Hove ? Qui aura immortalisé Martin, de Montenez ou de Helmut Berger ? Peut-être ces comparaisons sont-elles vaines. Le cinéma est toujours victorieux sur un point : son réalisme, la possibilité qu’il offre de mettre les scènes dans leur décor naturel – tous ceux qui ont vu la mise en scène viscontinienne auront été frappés par la lente arrivée des SS autour du lac où se tient la concentration SA, les reflets des uniformes dans les eaux froides et immobiles… mais le théâtre gagne par la présence de la chair, du verbe et du cri. Van Hove et les comédiens réussissent à nous faire littéralement vibrer (à cause des sons démesurés et des basses) aux chants nazis entonnés par Podalydes et son acolyte. Le réalisateur sait jouer de cette ambiguïté fondamentale du théâtre (impossible à rendre au cinéma bien entendu) qui consiste en ce qu’il réunit en un même lieu une foule de gens simplement séparés par le rideau invisible du quatrième mur, le spectateur étant après tout autant de chair et de sang que l’est l’acteur. Et nous nous retrouvons dans une situation semblable à celle déjà évoquée il y a quelques semaines lors de la pièce montée par Pommerat (« Ah ! ça ira, Louis – I ») où là aussi, on s’interrogeait sur le comment de cette différence entre spectateurs et acteurs, de ce maintien chacun dans son rôle alors qu’il en faudrait semble-t-il si peu pour que le spectateur s’empare d’une position d’acteur. Ici, dans ces « Damnés », la caméra filme à maintes reprises la foule de spectateurs comme s’il s’agissait d’un peuple passif se contentant de se laisser fasciner par les drames et les éclats d’une mise en scène qui redouble celle de l’Histoire. C’est un peu comme si le metteur en scène nous mettait en accusation : vous êtes là, vous regardez et vous ne faites rien, vous laissez faire. Attitude hypocrite : que voulez-vous que nous fassions ? Nous n’allons pas nous lever de nos chaises. Il se passe bien quelque chose en nous, pourtant, même si cela ne se voit pas, nous sortons d’ailleurs du spectacle le coeur tremblant et longtemps après encore, marchant sur la place de l’Horloge, nous avons l’impression de tituber, preuve s’il en était que le spectacle fait bel et bien quelque chose. Fait-il penser ? Fait-il réaliser concrètement la honte de la barbarie ? Le caractère absolu de ce Mal associé au fascisme ? Je me suis pris à imaginer que dans le vacarme des chants nazis on voyait apparaître sur le mur du Palais, en immense format le portrait de Marine Le Pen, car c’est à cela finalement que nous renvoyait ce spectacle : l’avènement possible et terrible de ce genre de régime, en plein XXIème siècle et cette mise en scène n’était là, peut-être, que pour nous le rappeler. [écrit le 12 juillet]

LES DAMNES - D' aprés Luchino VISCONTI, Nicola BADALUCCO et Enrico MEDIOLI - Mise en scène : Ivo VAN HOVE - Scénographie et lumière : Jan VERSWEYSELD -
Costumes : An d'HUYS - 
Vidéo : Tal YARDE- 
Musique et concept sonore:  Eric SLEICHIM -
Dramaturgie : Bart VAN DEN EYNDE - Avec la Troupe de la Comédie-Française : Sylvia BERGE - Éric GENOVESE - Denis PODALYDES - Alexandre PAVLOFF - Guillaume GALLIENNE - Elsa LEPOIVRE - Loïc CORBERY - Adeline D HERMY - Clément HERVIEU LEGER - Jennifer DECKER - Didier SANDRE - Christophe MONTENEZ - 
Et Basile ALAIMALAIS - Sébastien BAULAIN - Thomas GENDRONNEAU - Ghislain GRELLIER - Oscar LESAGE - tephen TORDO - Tom WOZNICZKA - 
Avec Bl!ndman [Sax] : Koen Maas, Roeland Vanhoorne, Piet Rebel, Raf Minten - Dans le cadre du 70ème Festival d'Avignon - Lieu : Cour d'Honneur du Palais des Papes - Ville : Avignon - Le 30 06 2016 - Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

A moins que n’advienne une autre barbarie, tout aussi terrible, représentée quelques jours plus tard par l’attentat de Nice, autre nazisme, ou équivalent du nazisme dans la sphère islamiste, que le spectacle pourtant annonçait aussi – nous laissant de ce point de vue dans l’indétermination, le « flou théorique » comme diront les journalistes de Libération – par sa dernière scène : le personnage de Martin s’emparant d’une kalachnikov pour tirer sur la foule rassemblée…

*

Il est triste qu’en notre siècle, le théâtre soit souvent villipendé, accusé d’élitisme, surtout parce qu’il serait trop cher, paraît-il, nos édiles, comme à Grenoble, en tirant la conclusion qu’il vaut mieux financer des concours de Street Art ou des défilés soi-disant historiques que de faciliter au plus grand nombre l’accès aux grands spectacles de théâtre. N’y a-t-il pas un peu de « pensée » complaisante aux fascismes de tout poil dans ce genre de raisonnement ? On n’en est pas encore au « quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver » mais on n’en est pas très loin quand des maires et des adjoints à la culture pensent sérieusement que celle-ci ne se justifie que comme divertissement… Ainsi, la couleur verte, sans complexe, se met à rejoindre la grise…

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15 commentaires pour Avignon n°1: damnés de théâtre

  1. Le soir du 14 juillet, François Hollande devait assister à cette représentation à (ou « en ») Avignon, mais l’attentat de Nice l’en a empêché « in extremis », obligé qu’il fut de rentrer dare-dare à Paris pour gérer la situation.
    Comme l’a écrit Christine Angot dans le JDD du 17 juillet, qui était présente le même jour au spectacle qu’elle n’a pas apprécié du tout, « le réel » s’est soudain substitué aux tirs à blanc… sur les spectateurs de cette pièce encensée par la critique spécialisée.
    Perso, je n’ai vu que le film…

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  2. alainlecomte dit :

    @DH: je complète mon propos car, depuis, je suis allé lire ce qu’a écrit Christine Angot sur le JDD (Christine Angot qui s’en prend aux bobos!! si je notais que je l’ai vue à Amos Gitaï c’était justement pour souligner qu’elle faisait partie du gratin accueilli par le maître… mais passons): ses propos sont ahurissants, de mon point de vue, c’est comme si elle identifiait le symbolique du théâtre avec le réel, en somme elle ferait partie de ces spectateurs qui, au Moyen-Age, lynchaient l’acteur incarnant Judas dans les représentations de la Passion… On peut émettre des doutes sur la cohérence théorique du spectacle de Ivo van Hove, de ce point de vue, les critiques de Libération ont fait un très bon article et on peut être saisi de malaise devant la rafale de Kalach de la fin mais c’est une incompréhension totale de ce qu’est le théâtre que feindre de croire qu’une telle pièce ferait l’apologie du nazisme, elle montre au contraire de façon quasi didactique comment se mettent en place les conditions du nazisme au travers d’une famille que rien ne dispose a priori à adhérer au Führer, et cela nous parle car nous sommes probablement en train de vivre un épisode semblable. L’effroyable tuerie de Nice arrive par là-dessus: les gens raisonnables savent qu’il était pratiquement impossible de l’éviter, mais ça ne fait rien, on l’utilise pour discréditer a posteriori un spectacle, une foule de spectateurs sans doute sincères dans leurs applaudissements et, bien sûr, mais c’est de bonne guerre, le chef de l’état…

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    • Je pense que la conjonction des deux événements (qui ne sauraient être mis sur le même plan) a suscité cette réaction de Christine Angot : la question récurrente est bien, néanmoins, « que peut l’art ? », comme celle qui fut posée après Auschwitz.
      Il y a peut-être quand même (je répète que je n’ai pas vu la pièce en cause) une sorte de jouissance morbide à faire se vautrer des acteurs sur scène pour montrer la barbarie du nazisme, qui ne sera jamais copiée de quelque manière que ce soit.
      Le terrorisme a d’ailleurs plus à voir avec une sorte de nouveau fascisme mais fragmenté – et donc plus difficile à combattre – qu’avec le nazisme historique et ordonné.

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      • alainlecomte dit :

        Là, je suis assez d’accord avec toi, en effet, mais c’est le spectacle vivant en général qui se trouve mis en cause. Nous nous sommes habitués à des mises en scène « violentes » (aussi à des photos violentes) et nous ne nous posons plus beaucoup la question du partage entre l’aspect « dénonciation » de ces mises en scène (on devrait être révulsé) et l’aspect « jouissance » qui finit quand même par dominer puisque nous restons et que nous admirons la performance des comédiens (ou l’art des photographes). peut-être en revenir à un théâtre moins « réaliste » (mais de toutes façons, dès qu’on traite d’un sujet, on en parle et il y aura toujours des gens pour prétendre que « si on en parle bien » c’est qu’on souscrit à ce qui le sous-tend etc.). Sur le dernier point, bien sûr ce ne sont jamais les mêmes formes qui se reproduisent dans l’histoire, mais on peut dire quand même que l’EI est (en tout cas en projet) un état fasciste qui, pour se mettre en place, utilise les moyens et techniques à disposition en ce XXIème siècle, comme les réseaux sociaux.
        Sur « que peut l’art », je persiste à dire que lorsqu’on a vu un spectacle comme Les Damnés à Avignon on est encore plus conscient de ce que serait l’arrivée au pouvoir d’un parti comme le FN et encore plus décidé à tout faire pour ne pas le laisser gagner dans les futures élections, quitte à se compromettre avec des partis pour lesquels on n’a pas non plus envie de voter. Pour la petite histoire, le soir où j’ai vu le spectacle, j’y ai vu aussi Alain Juppé et Xavier Bertrand! (ils n’ont rien dit… du moins pas à ma connaissance! 🙂

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      • Le programme de Juppé, c’est du Sarkozy en un tout petit peu plus modéré.
        Entre la fille Le Pen et lui, si la gauche (comme probable) est absente au second tour, je pense m’abstenir et me sentir plus à l’aise dans une opposition franche et vive plutôt que dans l’acceptation « faute de mieux », comme quand on a presque tous voté Chirac contre le père Fouettard, d’un régime ayant pour objectif la retraite à 65 ans, la suppression d’une grande partie des allocations sociales, le blanc-seing donné aux entreprises par la mise en pièces du Code du travail, la suppression de l’ISF, la politique « migratoire » sous miradors et le nationalisme en bandoulière.
        Dan ta réponse précédent tu parles bien de fascisme (comme ce qui se développe en Hongrie ou en Serbie) et non de « nazisme » contre lequel une « guerre » (mot à la mode et détourné de son sens par rapport à la situation actuelle) a été organisée sur le plan mondial.
        Le terrorisme est LE nouveau paradigme historique : « l’état d’urgence » devrait donc être prolongé sans limites dans le temps (qu’il soit efficace ou pas comme on a pu le constater le 14 juillet dernier à Nice).

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  3. alainlecomte dit :

    @DH: mais la gauche gouvernementale actuelle n’est pas très loin, elle même, de tout ce que tu annonces et qui fait effectivement partie du programme de Juppé, non? (voir le programme de Macron). Et je n’ai pas encore vu beaucoup Valls s’émouvoir de la situation des demandeurs d’asile.
    Alors que MLP, c’est tout ça + la sortie de l’euro, voire de l’UE, le déchaînement de haine raciale contre les Arabes, les Juifs, les Noirs etc. l’annihilation de la culture, la mise au pilori des opposants en particulier des intellectuels etc. bref, tout ce qui a fait déjà les beaux jours du fascisme / nazisme…
    D’accord avec toi sur l’utilisation du mot « guerre ».

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    • @ alainlecomte : oui, le libéralisme à la Macron est en marche. D
      Mais le sujet ne se pose pas en ces termes puisque la gauche ne sera pas au second tour (on parie ?).
      Donc Juppé et consorts, ce n’est qu’un pas en avant vers des mesures de plus en plus autoritaires (pour les « pauvres », les immigrés et les « classes moyennes », etc.).
      Alors, quelle différence, à part l’Europe (Juppé vient de rencontrer Angela Merkel, il s’y voit déjà) entre la droite « modérée » et la lepénisation rampante des esprits ?

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      • alainlecomte dit :

        argh! mais on baisse les bras, là! 😉

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      • @ alainlecomte : pas du tout puisque, comme tu l’as écrit dans un précédent post de ton blog, la démocratie parlementaire n’est pas la meilleurs solution (si ce n’est la moins mauvaise, on connaît la formule).
        Il ne faudrait pas déléguer son pouvoir à des représentants à l’Assemblée nationale et au Sénat ni voter seulement une fois tous les cinq ans pour élire le Chef suprême (je te résume).
        Alors, une vraie opposition, en dehors des rendez-vous épisodiques dans les urnes, serait peut-être à construire.
        Et on pourrait même en faire une pièce de théâtre utopique, que l’on représenterait au prochain festival d’Avignon, une fois les résultats d’avril 2017 connus… et Olivier Py débarqué de ses fonctions !
        Le nouveau président de la République et sa camarilla viendraient alors applaudir la première de ce spectacle audacieux auquel le Tout-Paris se ruerait (dans les brancards).

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  4. alainlecomte dit :

    @DH: oui…. mais avant d’en arriver là, il y aura quelques écueils à éviter… et Olivier Py n’est pas si mal dans ses fonctions.

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    • @ alainlecomte : quand j’imagine Olivier Py « débarqué de ses fonctions », c’est de la SF (pour l’instant) car il est évident que la droite ou l’extrême droite une fois au pouvoir, les « agents culturels » dits de gauche passeront à la trappe et les budgets afférents à leurs entreprises itou.

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      • alainlecomte dit :

        oui, bien sûr et il n’est pas nécessaire d’attendre la droite ou l’extreme-droite pour voir dans certaines villes (Grenoble) lesdits budgets passer à la trappe (on ferme même des bibliothèques et, qui plus est, dans des quartiers populaires où elles sont les seuls équipements culturels fréquentables et fréquentés).

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      • Avec Robert Ménard comme futur ministre de la Kultur, on n’aura plus de surprises ! 🙂

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