Amant et obstinés

Après-midi au Musée du Luxembourg… après quelques ronds obstinés sur la place de l’Hôtel de Ville.

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(171ème heure de Ronde des Obstinés)

Pécresse en avalerait ses lunettes.
http://www.rtl.fr/fiche/4113952/valerie-pecresse-malgre-les-perturbations-l-annee-universitaire-est-recuperable-video.html
Elle bosse, elle. Sinon, elle ne pourrait pas en même temps « gérer » les dossiers de son ministère, se préparer à remplacer Rachida à la Justice et commencer à battre campagne pour les régionales… et moi, pendant ce temps, je vais au Musée du Luxembourg.

Quelle affaire m’y amène donc ? Vous l’avez deviné : je suis un fan de Lippi. Le père. Le frère. L’amant (on s’y reconnaît plus). Oui, c’est celui que je préfère : sortant du Moyen-Âge, donc encore innocent des trucs et des maniérismes qui viendront plus tard, et ouvrant la voie à la peinture des corps. L’exposition actuelle regroupe des œuvres exposées d’habitude à Prato. Parmi elles : la Vierge de la Ceinture. Elle est en train d’embarquer pour l’au-delà (l’assomption) mais avant de partir, elle dénoue sa ceinture et l’offre à ses admirateurs. On sent les plis de la robe se détendre. On perçoit le corps souple et tranquille. Le coup d’après, c’est sûr, elle aurait quitté la robe. Carrément. Pour s’offrir à nous dans sa nudité charmante. Mais ne rêvons pas, nous ne sommes qu’en plein XVème siècle et Lippi est un moine.

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Et pourtant… il profite de toutes les occasions, de toutes les saintes et de toutes les Vierges à représenter pour nous suggérer la beauté corporelle. Du reste, c’est bien simple et l’affaire est connu : il est tombé follement amoureux d’une nonne, la Frabrizia, et il lui a même fait un enfant, puis deux. Scandale. Cosme de Médicis heureusement veille sur les tourtereaux (cela est très bien raconté par Sophie Chauveau, dans « la passion Lippi »). Ce temps était quand même un temps de liberté (vous imaginez avec la Boutin ?). Et voilà notre Filippo qui n’a en réalité qu’une envie : peindre sa belle (puis leur bébé) sous les traits de Marie, de Marguerite… peu importe.

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Bref, peindre et faire l’amour.

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3 commentaires pour Amant et obstinés

  1. leila zhour dit :

    J’ignorais tout de cette affaire mais que cela me plaît !
    Si Lippi venait en Aquitaine, j’irai le voir à travers ses tableaux, c’est sur.

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  2. jmph dit :

    Si seulement cette exposition Lippi n’avait pas lieu à ce Musée du Luxembourg que je déteste. il ya quelques années, j’y étais allé voir une exposition consacrée à Botticelli. J’en suis sorti furieux : volumes et espaces ridicules, accrochages pauvres, marchandisation outrancière (le catalogue édité par Paris-Match !!!).
    Du coup, j’ai décidé de ne plus y mettre les pieds, ni les yeux, malgré les sujets d’expos souvent alléchants.

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  3. michèle dit :

    J’y avais admiré Arcimboldo au musée du Luxembourg mais avais eu le même sentiment de petitesse de l’espace et d’une boutique exagérément dimensionnée (disons au prorata de l’espace dédié à l’expo). Toutefois, on ne peut pas toujours se rendre à la galerie des Offices admirer Lippi et consorts. Mais au musée Jacquemart-André à Paris il y a les primitifs italiens mis en valeur de belle manière.

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