Ethique

L’armée israélienne, entrant dans Gaza n’a pas fait de quartier : hôpitaux en feu, bâtiment de l’ONU bombardé au phosphore, bombes lancées sur les écoles à l’heure où le maximum d’enfants s’y trouve. Que va-t-on dire maintenant lorsque se produira le futur attentat en plein Paris, en plein New-York ou en plein Londres ? Que décidemment, ces terroristes ne respectent rien ? On va parler « d’ignoble attentat » ? De lâcheté et de barbarie ? Va-t-on pouvoir dire ces mots sans rougir ? Pouvons-nous encore nous référer à une « éthique du monde libre » ? (Tsipi Livni, venue à Paris, déclarait qu’Israël défendait le « monde libre »). Qu’on le note bien (mais je pense que mes habituels lecteurs le savent), ce billet n’est pas « contre Israël », tout simplement parce qu’en tant qu’occidentaux, nous partageons beaucoup, même à notre corps défendant, avec Israël. Et puis, d’autres états du « monde libre » ne font pas mieux ailleurs (Etats-Unis en Irak par exemple) ou ne feraient sans doute hélas pas mieux s’ils étaient dans une situation comparable. Mais alors à quoi bon ce discours « vertueux », de respectabilité, ce discours « éthique » que l’on développe à longueur d’année en faisant semblant d’y croire ?

Je suis allé en Israël en novembre 2000. C’était le début de la Seconde Intifada. Ariel Sharon avait fait peu de temps auparavant son intervention provocatrice sur l’esplanade des mosquées à Jérusalem et les esprits s’étaient enflammés. J’avais prévu ce voyage depuis quelques mois : il s’inscrivait dans une collaboration que j’avais souhaitée avec des chercheurs israéliens du Technion de Haïfa. Je reparlerai peut-être de ce voyage un jour car il était pour moi riche d’enseignement. Je me souviens en particulier de l’épouse de mon collègue Nissim (ils vivaient à Nahariya) : une petite femme vive et chaleureuse, une sabra pénétrée des valeurs humanistes qui avaient fait, selon elle, la grandeur des premiers temps d’Israël (l’esprit des kibboutz…). Je n’ai pu m’empêcher d’avoir beaucoup d’affection pour ces gens. Je n’aimerais pas qu’ils soient un jour victimes de quelque attentat que ce soit. Mais, elle qui enseignait ces belles vertus aux enfants des écoles, que peut-elle leur dire maintenant ?

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(kibboutz près de Hanikra, en 2000)

Lire ici un intéressant entretien avec l’intellectuel israélien Michael Warschawski

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