Bravo la Suisse!

J’ai déjà fait état sur ce blog de mes inquiétudes concernant l‘évolution de la vie politique suisse : un tribun xénophobe et populiste, Blocher, introduit tel un ver dans le fruit au sein du Conseil Fédéral, gagnant les élections législatives récentes (avec 29% des voix, plaçant son parti nettement en tête) sur une odieuse campagne de propagande illustrée par la fameuse affiche des moutons blancs éjectant de leur pré le mouton noir, représentant de l’étranger, pouvait devenir en 2008 le président de la Confédération. Dans d’autres billets pourtant, je louais la sagesse des institutions suisses et leur sens de la démocratie, manifesté par un cadre légal qui, à mon avis, devait limiter les risques de dérapage populiste. Ces deux sortes d’observations pouvaient sembler contradictoires.
Or, voilà que ces jours-ci, cette sagesse des institutions triomphe : au grand étonnement des observateurs, Blocher a été évincé du Conseil Fédéral grâce aux ressources que donne la loi helvétique. Bizarrerie entre les bizarreries, lors du renouvellement du Conseil Fédéral (le gouvernement collégial), tout le parlement est amené à se prononcer sur chaque candidat alors même que lesdits candidats doivent invariablement appartenir à une liste de partis déterminée à l’avance. Ainsi les socialistes ou les Verts sont-ils appelés à choisir une personnalité d’un parti de droite (ou l’inverse). Cette fois, il a suffi que les socialistes et les Verts s’allient avec d’autres partis (le PDC par exemple) voire même avec une frange minoritaire au sein du parti de Blocher, l’UDC, pour, contre toute attente, faire basculer le vote du parlement en faveur d’une candidate modérée de l’UDC appartenant à la tendance écartée par Blocher. C’est ainsi qu’une inconnue, une certaine madame Widmer-Schlumpf, ministre des finances des Grisons s’est trouvée propulsée au sein des « sept sages », et c’est ainsi que la Suisse s’épargnera la honte d’être un jour représentée par un facho.
NB: question démocratie: imaginons qu’en France, l’Assemblée Nationale au complet vote le choix de chaque ministre, un à un (avec la seule contrainte qu’il appartienne au parti majoritaire)…

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