Série Télé, et repentance

Hier soir, sur FR3, premier épisode d’une nouvelle série télé, « Tropiques amers », sur l’esclavage, (http://programmes.france3.fr/tropiques-amers/) avec de belles images de la Martinique, des séquences assez émouvantes et des dialogues parfois intéressants.tropiques-amers1.1178886330.jpg Exemple (de mémoire) : le beau père du colon est un proche du Roi. A la table du banquet de mariage, il se fait apostropher par un colon esclavagiste :

le gouvernement du Roi a envoyé des instructions demandant à ce que, désormais, il soit mis fin aux excès des sanctions contre les esclaves. A qui devons-nous demander une autorisation de les battre, au gouverneur ou à l’esclave lui-même ?

[grasse hilarité chez les convives]

l’envoyé du Roi : je vois qu’on est taquin, outre-mer….

son vis-à-vis : ils ne sont pas taquins.

Je vois assez bien cet échange comme préfigurant le genre de climat social que nous allons connaître… La situation doit être transposée, bien entendu (assouplissement du droit du travail, contraintes à effectuer des heures supplémentaires…). Ne peut-on facilement imaginer un sarkozy tempêtant : « vous n’allez tout de même pas croire que les chefs d’entreprise vont devoir rendre des comptes sur les licenciements qu’ils décident ! ».

Une série sur l’esclavage, où les riches propriétaires sont dépeints sans tendresse aucune… mais où va-t-on ? que de repentance dans tout ça ! Et Nicolas ne dit rien ? c’est vrai qu’il a eu ces jours-ci autre chose à faire que jeter son regard sur les programmes télé. Heureusement, il nous a prévenus : les gens de FR3, il en fait son affaire !

Il nous faut assumer pleinement notre héritage. Autrement dit carrément être fiers de lui.

Etre fiers de l’esclavagisme pratiqué par les colons français, être fiers du transport d’esclaves au départ des ports de Bordeaux et de Nantes,

Etre fiers des guerres napoléoniennes qui se sont soldés par des massacres, comme en Espagne, où ils furent immortalisées par Goya,

 

250px-francisco_de_goya_y_lucientes_023.1178886470.jpg

Etre fiers du colonialisme et ses millions d’indigènes massacrés,

Etre fiers des guerres coloniales,

Etre fiers des Versaillais fusillant les révoltés de la Commune,

Etre fiers de Vichy, du maréchal Pétain, de la rafle du Vel d’Hiv, être fiers du camp de Drancy, être fiers que les policiers et miliciens français aient souvent devancé les désirs de l’occupant,

Etre fiers de Maurice Papon,

Etre fiers de la Guerre d’Algérie, des villages de regroupements, des populations civiles terrorisées et massacrées (pour qu’elles dénoncent les « terroristes »), de la torture pratiquée à grande échelle dans les cachots d’Alger,

Etre fiers du capitaine Aussaressesaussaresses.1178886495.jpg

 

 

 

 

Comme nous serons fiers demain quand notre président à la politique atlantiste enverra un corps expéditionnaire se battre aux côtés des troupes américaines en Irak pour y commettre les mêmes exactions,

Mais « il » nous a dit que la France n’avait rien sur la conscience, qu’elle au moins ( !) « n’a pas inventé la Solution Finale » (sympa pour l’Allemagne moderne…). « Il » pense probablement que ça aussi (comme la pédophilie ou la tendance au suicide) c’est dans les gênes et que le peuple français n’a pas ces gênes-là. Il n’a pas lu « les Bienveillantes », c’est un livre trop gros pour lui, et qui pose trop de questions. S’il l’avait lu, il aurait compris que le problème hélas dépasse le fait d’être allemand ou d’une autre nationalité (française, suisse, luxembourgeoise…), mais qu’il concerne l’humanité dans son ensemble (« Frères humains… » commence Jonathan Littell).

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Un commentaire pour Série Télé, et repentance

  1. jmph dit :

    Oui, la lecture des « Bienveillantes » permettrait à NS de comprendre un peu mieux ce qu’est l’histoire, dans toute sa complexité, dans toute son ambiguîté. Bien sûr, le choix et l’action sont importants et même décisifs. Mais les raisons qui les expliquent sont d’une telle complexité ! Ce n’est pas une question de gène, parfois juste une affaire de circonstance, et bien souvent l’affirmation d’une conviction qui se bâtit plus ou moins vite dans les méandres de la vie. Mais c’est trop compliqué pour un bretteur comme lui.

    Au fait, comment se sont forgées les convictions de NS ? Et son appétit de pouvoir ? Dans ses gènes ?

    Tout à coup, je me rappelle que NS a déclaré que son livre préféré est « Belle de Seigneur », d’Albert Cohen. Peut-être l’a-t-il survolé pendant sa retaite maltaise…

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