Rentrée universitaire

J’ai déjà évoqué mon arrivée à l’université Paris 8. Le lundi matin, parfois à 8h30, parfois à 11h, je débarque à la Gare de Lyon d’un TGV en général assoupi où chacun médite à ce que sera sa journée ou sa semaine. Avant-hier, mon voisin se révélait être quelqu’un que j’aurais pu avoir autrefois comme étudiant. Il était intrigué par la sémantique formelle. Il avait fait de l’informatique, du prolog me dit-il, est-ce qu’il y a un lien entre les deux ? oui, bien sûr il y a un lien. La logique du langage de programmation n’est pas éloignée de celle de la langue, ou du moins on veut le croire. Notre langue quotidienne pourrait être le langage de programmation particulièrement opérant pour l’effectuation de nos opérations mentales, de nos opérations sociales, de nos comportements. L’hôtel où je vais se situe entre la place de Clichy et Montmartre. A deux doigts du cimetière de Montmartre… chanté par Brassens, à moins que ce ne fût celui du mont Parnasse (à quatre pas de ma maison). Comme ça, je (re)découvre Paris. Il serait temps. Après Bombay, après Rome, après Amsterdam… Paris !
Eh bien oui, comme on dit : c’est une accumulation de petits villages. Entre une avenue et des immeubles modernes : une impasse empierrée où ne vont que les piétons du quartier, un square, de vieux entrepôts qui vendent des spectacles produits en coopérative pour des assemblées de voisins.

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Paris « boboïsé » ? un Paris bourgeois plutôt, doublé encore et heureusement d’un Paris populaire. Les petits vieux sirotent encore leur blanc au soleil de la rue qui escalade la Butte. Ils parlent de leurs amis disparus, de leurs blessures et de leurs maladies, comme autrefois sans doute, sauf qu’aujourd’hui les maladies ont revêtu des noms techniques. Le mardi matin, je sors de mon hôtel, il fait encore nuit. Je débouche à la station « Saint-Denis – Université », le soleil s’étale en nappes rougeoyantes au-dessus des bâtiments revêtus d’écritures.

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Les étudiants sont là à neuf heures, ils ont peu de liens entre eux : on sait ce que c’est la banlieue, un univers atomisé, chacun ou chacune a tout au plus un ami ou une amie qui vient du même coin. J’ai été étonné. Je m’attendais à un public beaucoup plus diversifié, comprenant de nombreux enfants de l’émigration, en cet endroit du nord de Paris, eh bien, non, c’est comme à G. : beaucoup d’étudiantes sages avec leurs habits distingués, juste quelques filles avec des noms d’ailleurs, un petit nombre de garçons sérieux. Public sympathique, mais où sont les autres ? ceux qu’on nous dit être en difficulté dans ces banlieues ? L’université semble-t-il faillit à sa tâche d’intégration de tous les publics…

correctif (9 mai) : après plusieurs mois à Paris 8, je reviens sur ce que  j’ai dit. On ne saurait dire que les étudiants de cette université ne comprennent pas une grande population d’enfants de l’immigration. C’est bien en effet une assemblée très multiculturelle, et je m’en réjouis.

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