été 2005, le train, la Chine, la jeune fille

… Je me mets à dessiner et à faire des aquarelles. « Pu-Yi » s’est endormi. Beau sujet pour une aquarelle. Cela attire des spectateurs… après ce dessin, dont je promets d’envoyer une copie scannée au père s’il me donne son adresse électronique, je fais une autre aquarelle de l’intérieur du wagon. Les gens qui se déplacent dans le train s’arrêtent pour me regarder peindre. Dans le lot, il y a une jeune femme qui peint elle aussi. Elle assure modestement que ses dessins ne valent rien à côté des miens. Pourtant, quand elle revient, quelques moments plus tard avec son carnet, je suis émerveillé. Elle a fait un magnifique carnet de voyage intégrant tous les souvenirs qu’elle rapporte d’Urumqi, de Turfan et des villes enfouies dans les sables. Ses dessins à l’encre sont d’une grande précision et ses personnages sont vivants. C’est une vraie artiste. Quant à moi, sur mon strapontin près de la fenêtre, je continue d’attirer du monde. Une jeune et jolie voyageuse me demande son portrait. Je n’ai pas beaucoup l’habitude de ce genre de commande, et il est si facile de rater un portrait… mais la fille est charmante, avec ses cheveux courts qui lui font des épis derrière la tête, ses yeux en amande et son joli sourire. Donc je m’exécute avec beaucoup d’application. En général les gens sont très pointilleux sur la ressemblance, comme s’il s’agissait d’une valeur objective… alors que le dessinateur, lui, vise essentiellement à faire quelque chose ayant un intérêt esthétique. « Faire ressemblant » est donc un impératif qui souvent me paraît ne reposer sur rien. Pourtant là, je sais que c’est selon ce « rien » que mon vis-à-vis sera satisfaite ou bien au contraire déçue. Je décide donc de sacrifier la recherche esthétique à la ressemblance. Cela donnera sans doute un portrait moins vivant… je trouve que les yeux en particulier sont un peu morts par rapport à ceux du modèle… mais mieux vaut cela plutôt que les faire par trop différents. Finalement, tout se passe bien, la demoiselle, qui est une employée de bureau de Xi’an, est contente et range soigneusement « l’œuvre » parmi ses papiers les plus précieux. Car à elle, contrairement au petit garçon, je lui ai donné le dessin directement… dommage, je n’en aurai plus jamais de trace, sauf dans ma mémoire.

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