Jules Supervielle dans « Les Bienveillantes »

hjules.jpgEn commentaire à ma note du 25 octobre sur « Les Bienveillantes », une certaine Catherine B. , que je remercie, me signale qu’elle aussi a été stupéfaite de lire dans le roman de Littell que le poète Jules Supervielle y était décrit comme s’acoquinant avec des écrivains collaborationnistes. Elle dit que rien dans l’homme (ni dans le poète ajouterai-je) ne laisse prévoir cela. Elle indique qu’elle a pris contact avec d’autres amoureux de la poésie de Supervielle pour en savoir plus et qu’à ce sujet, une lectrice lui a dit avoir pris contact avec Jonathan Littell pour savoir vraiment ce qu’il en est, c’est-à-dire d’où viennent ses sources. Peut-être avons-nous levé un lièvre… une faille dans la documentation de l’auteur des Bienveillantes ? Se serait-il fait piéger par une homonymie ? Je n’ai lu, en guise de « biographie » de Supervielle qu’un livre très daté, de 1964, que j’ai retrouvé dans ma bibliothèque, et qui avait été publié chez Seghers dans la collection « Poètes d’aujourd’hui », signé de Claude Roy. Ce texte suggère que le poète Jules Supervielle aurait passé les années de guerre en exil dans son pays d’origine, l’Uruguay. On peut d’ailleurs voir des photos prises à cette époque, avec une de ses filles. Il y a aussi des poèmes écrits pendant la guerre qui, pour ne pas être aussi engagés que ceux d’Eluard ou Aragon à la même époque, n’en portent pas moins la marque d’une réelle douleur devant la situation faite à la France (« Les poèmes de la France malheureuse »). Alors ? qui croire ? qui dira la vérité sur ce mystère ?

En passant, relisant ce vieux livre, je redécouvre ce texte présenté alors comme un inédit, qui m’avait tant ému dans mon adolescence, et qui s’appelle « La première fois ». C’est le récit d’une « première fois » d’un jeune garçon chez une femme « de petite vertu » comme on disait alors. Un chef d’œuvre de pudeur et de délicatesse. « Il avait l’impression de n’avoir jamais connu que des fragments de femmes jusqu’alors, têtes et cous, mains avec un bout du bras, pieds jusqu’à la cheville. Maintenant c’était la nudité de tout le bras qui se reliait à la nudité de l’épaule, donnait au bras une justification extraordinaire. Il caressait la femme avec pudeur tout comme s’il commettait sacrilège sur sacrilège ou comme si ses mains étaient seules responsables de ce qu’elles faisaient. Mais elles ne se permettaient presque aucune liberté. »

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Un commentaire pour Jules Supervielle dans « Les Bienveillantes »

  1. Dewulf dit :

    Pour en savoir plus sur Jules Supervielle et l’association des amis de Jules Supervielle, voici deux sites:
    http://supervielle.univers.free.fr
    http://supervielle.blogspot.com

    J'aime

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