Carnet de lecture : « Crime et châtiment » (4), La souffrance humaine – II

Finir la lecture de Crime et châtiment… avant sans doute d’attaquer une autre œuvre de Dostoïevski afin d’essayer d’aller le plus loin possible dans cette réflexion inouïe qu’il nous offre sur l’humanité. Comme si désormais on ne pouvait plus continuer de vivre sans avoir essayé de lire et de comprendre ce qui, jusqu’ici, nous a échappé (car nous étions trop dans le présent, l’instantané, les tâches à accomplir).

Pour Dostoïevski, la souffrance est ce qu’il y a de plus partagé entre les humains, on serait tenté d’écrire « la Souffrance » avec une majuscule et sans objet défini. Les êtres humains n’ont ceci de commun, par quoi ils peuvent se reconnaître entre eux quelque chose qui les unit, que cette souffrance, laquelle vient fournir son carburant à la compassion. Certes elle est d’autant plus présente que la société est plus miséreuse, affreuse, invivable, comme l’est la société de Petersbourg en ces temps noirs de la Russie tsariste (le sera-t-elle moins après, quand les chars seront dans les rues, quand la menace du Goulag pèsera sur les habitants, au temps d’un communisme implacable?) mais elle ne dépend pas que de la misère sociale : l’humain a suffisamment de ressource en lui pour se torturer lui-même et créer les conditions de sa souffrance alors même qu’il pourrait vivre décemment et sans tourment excessif.

Sennaïa plochtchad autour de 1900 (la place au Foin près d’où habite Raskolnikov)

Un personnage est apparu au premier plan au tout début de la quatrième partie : c’est Svidrigaïlov, et ce personnage, en apparence secondaire, va en réalité occuper toute la fin du roman, jusqu’à la scène de son suicide, inoubliable elle aussi. Qui est ce Svidrigaïlov ? On en a entendu parler au tout début, dans la lettre que Raskolnikov reçoit de sa mère, quand elle lui annonce le projet de mariage de la sœur de Rodion, la belle Dounia. Celle-ci avait été embauchée comme gouvernante chez le couple formé par ce monsieur et sa femme, Marfa Petrovna. Un sale type, un harceleur sexuel au temps où on n’appelait pas cela comme ça. Et même un pédocriminel. Ayant poussé au suicide une gamine de quinze ans. Et ayant poussé au suicide également d’autres gens, y compris un employé. Marfa Petrovna s’était méprise sur le rôle de Dounia, puis elle s’en était excusée, et même repentie, Dounia était ressortie salie de cette histoire, des rumeurs avaient circulé sur sa légèreté de mœurs, au point que sa mère était heureuse de lui avoir trouvé une sortie en épousant cet autre immonde personnage, Loujine. Svidrigaïlov est venu à Petersbourg pour continuer son harcèlement. Il rôde. Trouve logement juste à côté de chez Sonia, à partir duquel il peut écouter au travers des murs, et surprendre les propos échangés avec Raskolnikov, et ainsi apprendre tout de la confession de ce dernier… Bref, un individu malfaisant qui, jusqu’au bout, sera pris dans ses obsessions de commettre l’irréparable. Mais dont le thème apparaît en contre-point par rapport à celui de Rodion, si on peut évoquer ici une sorte de construction « symphonique » de l’œuvre. Plus tard, Raskolnikov l’enviera puisque lui au moins, « a le courage de se tirer une balle dans la tête ». La scène de la dernière nuit passée par ce Svidrigaïlov est hallucinante. Ce qui est terrible est la manière dont se confondent rêve et veille, fantasmes et réalité. Il a trouvé un sordide hôtel où il peut se coucher sous un escalier, dans des draps sales et une odeur immonde, il se fait servir du thé et du veau (!), mais laisse le veau se couvrir de mouches. Il entend les pleurs d’une petite fille de cinq ans, la recueille et la couche, il commence par la plaindre puis la voit sous les traits d’une prostituée, tout n’est peut-être pas dit dans ce passage, peut-être la viole-t-il, en tout cas nous sommes dans le fond du fond de l’âme humaine. Au matin, il sort et se tire une balle dans la tête. Certains commentateurs voient en lui une sorte de double pervers de Raskolnikov, comme les deux faces du mal en quelque sorte, l’une irréductible et définitivement attachée à faire souffrir autrui, et l’autre cherchant à excuser le mal qu’elle fait par une hypothétique assomption vers un monde qui en serait enfin dépouillé…

Face à cela, la force et la générosité de quelques femmes, que la souffrance mène parfois à l’hystérie (Katherine Ivanovna), au désespoir de n’avoir pas su éviter le malheur à leur fils (la mère, Poulkéria), à l’abnégation (Sonia).

C’est dans la partie dénommée « épilogue » que se dénoue un peu ce nœud de souffrance. Où revient le thème de l’Espérance. Raskolnikov, s’étant dénoncé, a été envoyé dans un camp en Sibérie pour plusieurs années. Sonia l’a suivi. Il s’abrutit dans le travail forcé, est mal vu, voire moqué, par ses compagnons. Il continue à ruminer ce qui demeure à ses yeux une défaite, une marque de faiblesse : il n’aurait pas du céder si facilement, après tout, ce n’était rien ce qu’il avait fait, et il avait accepté de se faire humilier par un verdict absurde… Il n’a rien reçu en échange, se dit-il… encore s’il éprouvait réellement le remords… il en serait « heureux », mais là, non, décidément, rien. Bref, il continue dans l’auto-justification, la rage de n’avoir pas été capable d’être allé au bout. « Il se posait cette question en se torturant et ne pouvait comprendre que, même à ce moment-là, au-dessus du fleuve, il pressentait déjà peut-être, au fond de lui-même et de ses convictions, un mensonge essentiel. Il ne comprenait pas que ce pressentiment pouvait être le signe annonciateur d’une rupture définitive dans sa vie, le signe de sa résurrection future, d’un futur regard neuf sur l’existence ». Nous revoilà avec la « résurrection », celle de Lazare dont il avait demandé à Sonia la première fois qu’il lui avait rendu visite, de lui lire le passage dans la Bible.

Sonia, elle, est comme baignée de grâce. Les prisonniers la respectent car ils voient en elle douceur et abnégation. Elle les aide dans de menues tâches, comme écrire des lettres aux familles.

La fameuse « résurrection » vient lorsque, après qu’ils ont été malades tous les deux à tour de rôle, alors qu’après une journée de travail, il s’était assis sur une pile de bois pour regarder la rivière, elle arrive tout timidement près de lui. « Il ne savait pas comment cela était arrivé, mais brusquement, ce fut comme si quelque chose le saisissait et venait le jeter aux pieds de Sonia. Il pleurait et lui embrassait les genoux ». « Elle comprit enfin qu’il l’aimait, qu’il l’aimait à l’infini et que cet instant-là était enfin venu ». Et tout ce qui avait fait sa vie et son malheur jusqu’ici lui parut être étranger, comme si cela était arrivé à un autre.

Il lui reste sept années à passer au bagne, cela tout à coup leur paraît peu, tant ils sont exaltés, mais ici le narrateur – que l’on avait un peu oublié ! – refait surface pour dire sagement : « il ne savait pas encore que la vie nouvelle ne vous est pas donnée d’elle-même, qu’il lui faudrait encore la payer cher, au prix d’une longue épreuve encore à traverser ».

On a évidemment glosé sur la présence de l’Evangile, glissé opportunément sous l’oreiller. Conversion religieuse soudaine ? On ne doit pas oublier que Dostoïevski était profondément croyant, et attaché au dogme orthodoxe, mais on peut penser ici que cette résurrection va au-delà du message religieux, elle dit aussi qu’il n’y a pas d’autre chose à espérer de notre monde que l’amour humaine.

Julia Kristeva a une interprétation psychanalytique (c’est bien normal pour une psychanalyste!), elle voit dans cet échange entre Rodion Raskolinikov et Sonia comme l’équivalent d’un transfert. Avouer son crime n’est en effet pas nécessairement le rendre public, l’aveu se fait aussi dans le « mi-dire », à l’abri des regards indiscrets, comme cela se fait dans le cabinet de l’analyste, Sonia et Rodion auraient ici quelque chose à échanger et c’est bien de l’ordre du transfert : lui l’a profondément soutenue et reconnue dans sa féminité outragée, elle l’a entendu en échange, et se donne à lui « en éclairs d’Evangile » (ce livre qui a circulé dans sa famille). Cela finit par donner lieu à une soudaine libération de la souffrance se traduisant par l’amour, mais sans que cela ne soit accompli une fois pour toutes, bien entendu, car l’amour en lui-même est un chemin.

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8 commentaires pour Carnet de lecture : « Crime et châtiment » (4), La souffrance humaine – II

  1. Debra dit :

    Merci pour cette lecture. Je suis curieuse d’essayer de lire Dostoevski avec ce problème qui me taraude, comme il nous taraude tous, de quoi/comment faire de l’héritage religieux chrétien, surtout quand on est un homme qui veut rester debout, et pas avoir ses dents limées, les unes après les autres. (En passant, cela m’étonne de voir tant de femmes qui semblent ne pas comprendre qu’avoir affaire à des hommes dont les dents ont été limées n’est pas forcément top…) Dit comme ça, ce n’est ni poétique, ni lyrique, rien, mais j’aime beaucoup penser ET éprouver avec mes lectures. Il s’agit de poursuivre le chemin.
    Vous savez maintenant que je n’aime pas beaucoup ce que j’estime être une tendance…masculine à mettre les femmes avec leur souffrance ou leur grâce sur un piédestal. Je comprends la nécessité de faire cela, mais c’est ma petite révolte puérile parfois de le repousser. Je ne repousse jamais un monsieur qui me tient une porte par galanterie, pas plus que je refuse la galanterie, mais la protection piédestalesque ne me plaît pas. J’en ai trop fait les frais, à ma manière.
    Et puis… de ma place, je ne me refuse pas de voir les multiples manières dont la perversion des femmes se déploie dans le monde. Elle est terrible, la perversion des femmes. Subtile. Vénéneuse. Comme les femmes, dans l’ensemble : pas franche, pas directe. En biais.
    Je serai curieuse de voir ce que je verrai en lisant Dostoevski.
    Attention, quand je vois la perversion, ça ne m’empêche pas d’avoir ce beau regard de Zeus sur la comédie humaine avec une exclamation de pitié pour nos excès, et aveuglements. Des fois, j’y arrive…pas toujours, mais des fois.

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  2. Michel Asti dit :

    La raison est en fait, l’ultime deus ex machina, l’artifice dérisoire d’un dieu sorti de nulle part, si ce n’est de la plate-forme actionnée par des poulies qui le fait descendre sur l’architrave de la scénographie sociologique interrelationnelle du MAMMIFERE HUMANOÏDE !

    Mais j’en­tends crier de toutes parts : ne raisonnez pas.
    L’officier dit : ne raisonnez pas, mais exécutez ;
    le financier : ne raisonnez pas, mais payez ;
    le prêtre : ne raisonnez pas, mais croyez.
    […] Là est en général la limite de la liberté.

    La « RAISON », le logos, c’est le terme moyen du syllogisme, comme le démontre Aristote : celui qui s’efface dans sa conclusion. Et la raison lave plus blanc !

    La baleine est un mammifère, les mammifères allaitent leurs petits, donc la baleine allaite ses petits. La « raison » du fait que la baleine allaite son baleineau, c’est qu’elle est un mammifère : le terme disparu du récit civilisationnel du ‘’mammifère-humanoïde’’, c’est ce à quoi il suffisait à penser et donne encore aujourd’hui à analyser et étudier.

    Mais en attendant cette raison ontologique et épistémologique affichée à l’homo-economicus ‘’moderne’’ nous fait prendre des vessies pour des lanternes.

    POURQUOI ?

    LA CONFIANCE : C’EST LORSQU’ELLE EST RECIPROQUE QU’ELLE FONCTIONNE…

    Ne pouvant plus adoucir ses comportements, orthodoxies, us & coutumes ; le mammifère humanoïde se tournera indubitablement sur des arbitraires, en soumission à des impératifs qui dénaturent ses propres fonctions vitales dans une nouvelle scénographie n’ayant plus ni queue ni tête, mais dont il s’en accommodera par l’emprise de ce qui se passe à l’extérieur de son corps.

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    • Debra dit :

      Ouhh, là, c’est dur à suivre.
      J’ai accroché immédiatement sur le « deus ex machina ». Cela me préoccupe beaucoup de sentir que l’expression « la machine » qui semble nous… rassembler un peu partout sur la planète à l’heure actuelle émane du théâtre classique grec.
      Comme, en plus, je suis un peu barge, avec beaucoup de temps libre, je ne peux m’empêcher d’être époustouflée en comptant les suffixes grecs dans nos bouches, et sous nos doigts. Et quand je sais qu’il y a DU SENS dans tous ces suffixes grecs, et surtout un génie organisateur de la pensée… je vois la machine en marche. (Je l’ai probablement déjà dit ici, comme je me répète beaucoup.)
      Retour au « deus EX MACHINA ». Dans le théâtre grec, on représentait les dieux sur la scène (quand on les représentait, car, dès Sophocles, les dieux tendaient à régresser… dans l’ombre), en les hissant au dessus de la scène avec une grue où pouvaient tenir deux personnes. Une vrai.. MACHINE. La première machine ? Les Grecs avaient des esprits très… technoLOG-IQUES… Peut-être que tous ces suffixes les aidaient pour avoir un esprit technologique ?…
      Le « deus EX MACHINA » me semble déterminant pour penser le statut que nous accordons à la machine en ce moment (et en se souvenant que la machine… c’est fondamentalement la capacité de la langue grecque d’organiser un monde où domine… la technoLOG-IE).
      Donc… en bonne logicienne (à ma manière), je dis que pour desserrer l’étau de la machine, il faut trouver le moyen de desserrer l’étau des suffixes grecs sur nos esprits. (Si tant est que nous pouvons parler la langue/les langues, et qu’elles ne nous parlent pas… ce qui n’est pas évident.)
      Attention, je crois aussi que si nous desserrons l’étau des suffixes grecs, nous serons BEAUCOUP MOINS CONFORTABLES ET NOS VIES SERONT BEAUCOUP PLUS DIFFICILES, parce que les suffixes grecs ont rendu possible l’essor de l’idéologie scientifique dans notre monde.
      Mais… tout ça est bien loin de Dostoevski… et le salut se trouve chez Dostoevski…

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      • alainlecomte dit :

        Aïe, tout ceci me paraît bien difficile à comprendre. Que nous soyons contraints par le langage, et plus particulièrement par la langue (différence entre les deux) semble une évidence. Serions-nous plus libres hors du carcan des terminaisons grecques? Il nous faudrait alors un autre carcan (la langue chinoise n’est pas mal non plus!), ou alors sortir de notre condition humaine? Pour aller vers quel transhumanisme? J’ai beaucoup de doutes sur tout cela. Mais il est légitime d’interroger notre histoire, celle de notre langue, de notre culture… de procéder à une sorte de « déconstruction » comme le disait Derrida. faire attention toutefois qu’à vouloir trop déconstruire, on ne jette le bébé avec l’eau du bain, qu’on balance le concept de vérité par exemple…
        Il est juste que, dans le syllogisme, il y a une « raison » qu’on appelle le « moyen terme » qui est faite pour disparaître, c’est ce qui est fascinant dans notre fonctionnement cognitif. Ce moyen terme est le moteur de la progression du dire, autrement dit du logos. Notre discours usuel ne fait pourtant usage que de ce qu’Aristote nommait des enthymèmes, la mise sous forme de syllogismes représentant la première forme de science, nous n’en sommes pas sortis, et de mon point de vue, heureusement! car c’est la dernière chose qui résiste aux fake news et à la réalité dite « alternative »…!

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  3. Debra dit :

    Je pense que le problème des fake news est un…faux problème.
    Vous avez les moyens en logique pour rendre compte de comment fonctionnent les algorithmes par rapport au syllogisme, et là je suis très intéressée. Il me semble que les algorithmes… faussent la logique par rapport au syllogisme, à moins que les algorithmes ne fonctionnent QUE par syllogisme. Vous voudriez faire un poste là dessus (un jour, mais peut-être pas un jour, parce que le salut reste chez Dostoevski… si, si) ?
    Je me souviens qu’il y a eu un grabuge pas possible avec les sophistes à Athènes à cause du problème du syllogisme, et du fait qu’on arrivait à dire des choses sur papier, LOGIQUEMENT QUI ETAIENT VRAIES, qui ne tenaient pas la route FACE A L’OBSERVATION DU MONDE.
    Cela me semble très important. Quand on lâche le côté « observer le monde » (exemple : le terrain de la médecine clinique), on arrive à faire dire les choses les plus extravagantes aux syllogismes, et des choses qui ne tiennent pas la route. Et là, les ordinatueurs sont très doués dans ce registre. Logique…Mais je ne sais pas comment les ordinatueurs auraient les moyens de déterminer que leurs syllogismes sont faux. Peut-être qu’il faut encore être humain pour savoir si un syllogisme est faux ou pas ?
    Commentaire ?

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    • alainlecomte dit :

      Toute méthode scientifique demande d’être appliquée avec soin et précaution. Aristote lui-même a dressé une liste fameuse de sophismes, dans son volume « réfutations sophistiques ». Certains syllogismes peuvent paraître conduire à des conclusions fausses, cela est du à ce qu’on appelle « équivocation », autrement dit le recours à des arguments équivoques. On connaît par exemple le faux syllogisme suivant:
      – un cheval rare est cher
      – un cheval bon marché est rare
      – donc un cheval bon marché est cher
      Dans la première prémisse, c’est le cheval qui est rare. dans la seconde prémisse, c’est le fait d’être bon marché. L’accent n’est donc pas mis sur le même terme dans les deux prémisses, d’où découle une conclusion en apparence paradoxale!
      Cela vient de ce que nous approximons les idées qui servent de termes par des mots qui, par nature, sont plurivoques. On peut imaginer beaucoup de raisonnements fallacieux de cette sorte. Ce ne sont pas vraiment les « fake news » qui sont en cause (car il s’agit simplement la plupart du temps d’informations fausses) mais les manières de jouer sur les mots de façon à induire l’auditeur vers des conclusions fausses ou paradoxales.

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      • Debra dit :

        Même si celui qui parle ne joue pas consciemment sur les mots, l’équivoque fait partie intégrante du langage. Je me tiens éloignée de la philosophie (mais pas assez…) par conviction qu’il y a un désir puissant chez les philosophes de ramener le langage à un système de signes UNIVOQUES, par idolâtrie des mathématiques (à moins que ce ne soit idolâtrie du.. « un » ?).
        De toute façon, ce projet me semble condamné à l’échec, d’autant que les mots sont en constante évolution, donc, leur signification ne reste jamais stable.
        Et puis… le langage n’est pas mathématique, et ne peut pas l’être, pas plus que les mathématiques peuvent être.. pures de tout langage. Le mot « de » est déjà polysémique. Beaucoup de gens semblent l’ignorer. Il faudrait être jésuite… OU TRADUCTEUR pour s’en apercevoir…
        Mais encore, j’aimerais que vous parliez du problème des algorithmes et la pensée par syllogisme. Je crois qu’on revient au constat universel qu’il faut de l’extérieur au système pour pouvoir.. penser. Sinon, c’est la roue libre. Là où nous sommes en ce moment.

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  4. alainlecomte dit :

    oui, je suis assez d’accord avec ce que vous dites. La logique du langage naturel est assez éloignée de la logique pure, mais si on veut raisonner la première des choses est de s’entendre sur le sens que l’on accordera aux mots. Votre question sur l’extérieur du système nécessaire pour pouvoir penser rejoint les grands théorèmes de la logique classique, par exemple il est impossible de prouver la cohérence d’un système depuis l’intérieur de ce système, c’est ce qui condamne le projet contenu dans le positivisme logique. Sur les algorithmes, que dire? on fait des algorithmes depuis la nuit des temps… on en a fait avant que n’existe une théorie des algorithmes, laquelle elle aussi démontre des théorèmes qui nous empêchent de croire que les algorithmes peuvent tout faire, résoudre tous les problèmes etc. Nous sommes d’accord là-dessus.

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