La gauche et l’intelligence – 1

Récemment, je feuilletais quelques blogs pour en arriver à l’un d’eux , assez couru si j’en crois le nombre de commentaires, blog sympathique, où une dame parle de son vécu et développe ses analyses politiques, et dialogue avec ses lecteurs, en général de gauche. Lire son dernier billet m’a donné envie d’y répondre et de réfléchir un peu sur ce que devrait être une pensée de gauche en ce début de 21ème siècle… – Non mais quelle prétention ! allez-vous me dire, comment inventer comme ça, au débotté, une « nouvelle » pensée de gauche, après tous ceux qui s’y sont essayés et s’y sont cassé les dents…
Je vous répondrai que oui, certes, ça ne manque pas de culot, mais si tout le monde a ce genre de crainte face à ce sujet, on n’avancera pas beaucoup… et puis, il y a en ce moment des sources d’inspiration et de réflexion. Je citerai par exemple Badiou et Zizek , mais nous reviendrons sur ces exemples plus loin (ou dans des billets futurs). Qu’est-ce qui m’a fait réagir dans le billet de cette dame ? simplement le fait que j’ai cru y voir, hélas, ce que ne devrait pas (plus) être une pensée de gauche en ce siècle. Des aspects qui me font immédiatement penser que ce n’est peut-être pas étonnant que la droite « fasse des résultats »… Passons d’abord sur l’attitude désagréable qui consiste à s’en prendre à ses contemporains en les traitant de tous les noms parce qu’ils ne partagent pas les mêmes points de vue. « Ils » ont tendance à ne plus faire confiance dans les luttes, « ils » ne se battent plus pour préserver leurs acquis, bref, « ils » trahissent… Des lecteurs font part de leur dégoût et disent que, de toutes façons, ils ont abandonné la partie. On ne se pose pas la question de savoir pourquoi il pourrait bien en être ainsi, pourquoi les individus souvent exploités voire même surexploités, donnent l’impression de non seulement se laisser faire mais en plus semblent en redemander puisque certains… votent même Sarkozy !
Or c’est là que le bât blesse. Et il faudrait peut-être se demander en quoi et pourquoi la pensée officielle de gauche (de Hollande à Besancenot y compris) n’attise que le scepticisme alors que les discours de droite paraissent plus en prise sur la réalité vécue des citoyens. Cela veut dire exactement tenter de renouveler la pensée de gauche, ne plus chercher à s’accrocher, en tout cas, à la « vieille », celle dont, hélas, cette dame nous donne quelques exemples.

Faisons le point.
Notre siècle n’a plus grand-chose à voir avec celui du capitalisme industriel, époque où s’est forgée la matrice de nos discours politiques. La phase historique qui y correspondait commandait qu’avant toutes choses on visât à libérer les « armées de travailleurs » et que pour cela on mît en place des organisations quasi militaires (« militantes » à la même racine). On sait ce que ça a donné : partis communistes, union soviétique et puis un beau jour tout s’est écroulé. Badiou décrit ça très bien. La phase actuelle n’est plus celle du capitalisme industriel, n’est plus celle des « armées de travailleurs » : elle a mis en place la fiction d’individus autonomes qui ne se battent pas pour la victoire de leur « camp » mais pour la reconnaissance de leur rôle. Zizek met cela en rapport avec les nouvelles manières d’appréhender la réalité humaine au travers du cognitif. La cognition supplante en effet la « force de travail ». On ne « s’élève » plus aujourd’hui dans la société « à la force du poignet » mais à l’activité de son cerveau. Les plaintes n’y changeront rien.
La dame de ce blog nourrit beaucoup d’amertume et de frustration parce qu’elle a obtenu une fois un DEA de sciences sociales, ce qui lui a coûté beaucoup d’efforts, et que, visiblement, cette peau de chagrin ne lui a pas permis d’obtenir l’ascension sociale qu’elle espérait. Elle s’est résignée à se faire embaucher comme enquêtrice dans un institut de sondages en espérant que ses mérites éclateraient aux yeux de tous et qu’elle bénéficierait à terme d’une progression dans sa carrière (il se trouve qu’un de ses lecteurs a, lui aussi, fait une expérience similaire, mais que, pour lui, c’était dans le contexte d’un job temporaire, pour payer ses études, ce qui lui donne une manière complètement différente d’appréhender la situation). Au passage, elle se plaint que l’université n’apprenne pas « la vie »… comme si c’était son rôle ! Je suis triste de lire cela, triste de constater le malentendu à la source d’une telle frustration, qui repose sur la croyance, probablement héritée des générations antérieures, que le diplôme qu’on a obtenu une fois dans sa vie va automatiquement ouvrir les portes de la promotion sociale. Nous n’en sommes plus là. Dans une société où les connaissances deviennent de plus en plus répandues et partagées, où l’université accueille (et c’est un bien) des masses de jeunes, le diplôme (surtout un DEA, et de sciences sociales qui plus est) est décerné comme simple « coup de pouce » afin d’aider le jeune dans sa recherche d’emploi, ce n’est plus une garantie (et ce n’est même plus une preuve d’excellence, quand on voit le nombre de diplômes de ce genre qui fleurissent dans nos universités, tous forcément de qualité inégale). Que fait-on ensuite du diplôme ? Cela a été souvent répété, mais, semble-t-il, sans qu’on en tire les conclusions : notre société requiert une formation des individus tout au long de leur vie. Là où peut surgir une différence d’interprétation, c’est dans l’acception de ce mot : certains (allez, disons-le : le patronat) verraient bien là le simple souhait d’une adaptation constante des individus aux postes et statuts qu’on leur impose. Mais il en est de cette formation comme de l’école de jadis : impossible de la faire servir seulement à une utilité particulière. Ouvrir l’accès à des savoirs c’est déclencher une activité mentale qu’on a du mal à brider et « formation » veut dire aussi remise en cause, retour sur soi, changement, mutation, toutes choses il est vrai que beaucoup d’individus craignent, mais qui sont aussi pourtant l’assurance d’une vraie progression des cerveaux et des mentalités. La lutte contre les racismes, l’homophobie, le sexisme etc. ne progresse en particulier que par ces remises en cause auxquelles les individus, dans le secret de leur être, sont capables de procéder.

Une pensée de droite fait le constat de cet état de fait et cherche à savoir comment l’utiliser pour le bienfait d’une classe dirigeante : elle aura tendance à accentuer le côté fragilisant de ces remises en cause par l’augmentation de la précarité et en mettant l’accent sur une formation limitée aux aspects strictement opérationnels des tâches à accomplir. Une pensée de gauche s’en distinguera en dépassant ce constat et, outre qu’elle continuera à viser l’objectif d’une société sans classes (mais oui !), elle stimulera les individus à entrer dans cette dynamique. Loin de les materner dans un confort illusoire (ornière dans laquelle tombait Ségolène quand elle disait : « je m’occuperai bien de vous ! »), elle leur montrera au contraire qu’ils ont tout à gagner à maintenir tout au long de leur vie une attitude de recherche, de travail sur soi et de maintien et enrichissement de leurs ressources intellectuelles.
Je crois, à l’instar de Badiou (voir un résumé critique de sa pensée dans un récent numéro de la « Revue Internationale des Livres et des Idées ») qu’on peut très bien aujourd’hui continuer de rêver à une société « communiste », sauf que ce communisme-là n’aurait rien à voir avec celui de nos pères et grands-pères. Que ceux-ci aient rêvé d’une sorte d’Eden où ils seraient avant tout libérés des chaînes de l’asservissement causé par un travail physique lourd, quoi de plus normal, mais ce que l’on souhaite c’est autre chose aujourd’hui : une société où tous les individus, avides de développer leurs potentialités, pourraient le faire sans entrave et seraient certains de pouvoir tirer partie des efforts de formation, de réflexion et de remise en cause qu’ils seraient amenés à faire tout au long de leur vie.
Lorsque j’étais gamin, un prof de philo féru de la doxa marxiste m’enseignait que la devise du communisme était : « à chacun selon ses besoins, de chacun selon ses capacités ». Que voilà bien la devise d’une idéologie révolue. Comme si chaque individu se définissait comme un lot de capacités fixe attribué une fois pour toutes à la naissance ! comme si chaque individu était avant tout une somme de « besoins » et une autre de « capacités ». Une telle devise (qui sert probablement encore de référence à cet « économisme vulgaire » en quoi s’est muée la vulgate marxiste) est aujourd’hui forcément rejetée : qui accepterait cette vision condescendante qui voit en nous des sujets figés juste bons à recevoir et à donner mais pas trop, dans la limite de « ce qu’on peut » ? alors que toute la recherche contemporaine en sciences cognitives et en neuro-sciences montre au contraire que nous pouvons toujours améliorer nos capacités, voire même en acquérir de nouvelles ? Il n’est pas rare que nous trouvions que telle ou telle personne a fait preuve d’un talent dont nous ne la croyions pas capable. Nous reconnaissons à ce moment-là que chacun peut dépasser une borne arbitraire, fixée à l’avance, de ses capacités mentales.
Si tant d’exploités et d’individus floués par le système votent néanmoins pour la droite sarkozyenne, ce n’est pas par « amour » de cette exploitation, c’est parce qu’il leur semble (à raison peut-être) que la pensée de cette droite-là, à tout prendre, serait plus encline que la gauche (au niveau de son discours apparent tout au moins) à reconnaître leurs efforts.
La gauche, elle, se voit implicitement soupçonnée de prôner un nivellement par le bas qu’instinctivement, en tant qu’individus, nous rejetons. Il lui reste donc à revoir fondamentalement son socle idéologique en se débarrassant au passage de son économisme vulgaire, en s’enrichissant des acquis des sciences cognitives contemporaines, et en substituant au nivellement par le bas une attraction par le haut. Autrement dit, il lui reste à (re)devenir le parti de l’Intelligence, laissant à la droite son rôle historique de parti des Affaires.

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7 commentaires pour La gauche et l’intelligence – 1

  1. jmph dit :

    « Renouveler la pensée de gauche », vaste programme… et raison de plus pour s’y atteler.
    J’ai parcouru le blog qui est en lien en première ligne de ton billet : étant de bonne humeur ces temps-ci, j’ai vraiment éclaté de rire en le lisant (pas trop longtemps tout de même, sinon j’aurais cessé de rire) : c’est une caricature d’un blog « de gauche » dont les imprécations et les indignations ne servent qu’à faciliter la digestion de son auteur(e) et de ses lecteurs qui surenchérissent.
    Sans chercher à rentrer tout de suite dans le débat que tu souhaites ouvrir,j’ai noté plusieurs autres pistes qui pourraient nourrir notre réflexion.

    Dans le numéro de Télérama de la semaine dernière, il y avait un article sur « La République des Idées » fondée par Pierre Rosanvallon, à la fois maison d’édition et « levier d’influence pour la gauche sociale-démocrate ». Cela se place moins à gauche que Badiou et Zizek et davantage sur le terrain de l’économie. Mais une réflexion sur la pensée de gauche ne pourra pas se dispenser d’une réflexion sur l’économie, qui fait bien partie du réel. Comme tu le notes, l’impression que la droite peut apporter une réponse plus adéquate au réel, explique en grande partie ses succès électoraux depuis 10 ans.

    En surfant d’un site à l’autre, j’ai parcouru le site « nonfiction.fr » : la présence du logo officiel de la République française m’a inquiété mais le composition très hétéroclite du comité de parrainage (des Badinter à Alain Genestar en passant par Alain Touraine) peut augurer d’une assez large ouverture d’esprit.
    Sur ce site, il y a un interview assez hallucinante d’Emmanuelle Mignon, qui a été la clé de voûte du travail intellectuel (si, si… il y en a eu un !) de Sarkozy en vue de son élection. Elle est maintenant directeur du cabinet du même Sarko devenu Président. Cette interview est intéressante, pas tant sur la définition du sarkozysme (qui est bel et bien du bricolage ancré sur une pensée de droite et du pragmatisme électoral) mais plutôt sur la méthode de la construction de ce « sarkozysme ». Il y a des leçons à retenir…

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  2. Alain,

    je dois vous dire que lire un de vos postes me demandent encore plus de concentration, de temps et de réflexions que lire un article du monde diplomatique. Prenez le comme un compliment j’ai deux rêves professionnels : écrire un livre de géopolitique et être publiée dans le monde diplo.
    Je vous remercie pour votre analyse et pour m’avoir fait découvrir Badiou et Zizek (j’ai honte je ne savais rien d’eux !).

    Je rejoins la gauchiste aigrie sur un point : le défaitisme de la jeune génération, son manque d' »utopisme », de rébellion. Même s’il est vrai, comme le dit Chomsky, de continuer à croire qu’un autre monde est possible quand celui ci est « multinationalisé » et dirigé par des politiques, médias, et intellectuels qui vous répète sans cesse qu’avec la mondialisation telle qu’elle existe actuellement le capitalisme libéral a gagné.

    Je voulais vous demander votre avis que quelque chose :

    je suis une jeune journaliste installée à Bombay. Il y a un mois je suis partie à Bangalore pour un congrès sur les biotechnologies, j’y ai rencontré un avocat belge d’une trentaine d’années. Nous discutions de Sarkozy et je lui disais tout le bien que j’en pensais. Un symbole qui m’a particulièrement choquée, les premières mesures du prince : la révision du système d’imposition et les modifications des lois de succession (pour moi la fonction première de l’Etat est de diminuer les inégalités « originelles » , l’impôt sur la succession est à ce titre un des plus importants socles d’une société « égalitaire »).
    Le jeune homme m’a répondu avec une image : UN pays c’est comme un avion, il y a une première classe, les gens y boivent du champagne et peuvent déplier leurs jambes alors que les autres sont serrés les uns contre les autres, mais ces quelques privilégiés paient une majorité des coûts du vol, sans eux la populace devrait payer plus cher le billet, s’il n’en sont pas capables, l’avion reste à terre.
    Il m’a cloué le bec (ce qui m’arrive rarement !!)

    Que lui auriez-vous répondu ?

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  3. alainlecomte dit :

    Réponse à Anne-Gaëlle

    Merci Anne-Gaëlle pour ce long commentaire et ces compliments. J’essaie un peu de réfléchir mais, hélas, c’est, comme tout le monde, avec un cerveau limité ! Ainsi, par exemple, mes connaissances en économie ne sont-elles pas très bonnes, je l’avoue. Alors je ne saurais dire si une compagnie aérienne fonctionne effectivement comme le dit votre interlocuteur belge… mais supposons que cela se passe ainsi, c’est-à-dire que « les riches paient pour les pauvres », comme il a l’air de le prétendre… D’abord, il est plus juste de dire que « les riches paient pour les moins riches » car de vrais pauvres, il n’y en a pas tant que ça dans les avions, sauf ceux que l’on expulse…. Ensuite ce ne serait qu’une métaphore boiteuse de la société. Pour que cela ait valeur d’exemple voire d’explication, il faudrait beaucoup plus d’éléments de ressemblance entre le supposé modèle (la compagnie aérienne) et la supposée réalité (nos sociétés), or, une compagnie aérienne n’est qu’une minuscule partie de la société et qui fonctionne grâce à cette société : elle doit réaliser des bénéfices, elle ne peut pas transporter que des riches en classe Affaires : d’une façon générale, l’économie ne peut pas fonctionner que grâce aux riches, il faut un minimum de redistribution sans quoi l’économie s’écroule et la caste des gens riches avec ! Les Nations (comme la France) l’ont bien compris au XXème siècle quand elles ont crée des institutions (comme la Sécurité Sociale) qui permettent de maintenir un revenu garanti pour une grande masse de gens qui vont pouvoir ainsi être des consommateurs. Sans consommateurs, pas d’économie capitaliste. En Inde aujourd’hui cela se voit dans les efforts faits pour faire croître une classe moyenne comparable à celle de nos pays occidentaux. Donc en apparence, et momentanément, les riches paient pour les moins riches (c’est d’ailleurs ce que beaucoup d’ultra-libéraux aujourd’hui contestent en France même aujourd’hui, quand on entend par exemple des gens s’insurger de notre système de SS au nom de ce que même ceux qui ne sont jamais malades doivent payer – sans toujours réaliser que peut-être demain ce seront eux qui se féliciteront de notre système de santé, dans la mesure où il leur dispensera des soins coûteux), mais sans ces moins riches, ils ne seraient même pas là, à leur position de riche, pour payer ces sommes sans doute très importantes…. Et puis, encore une fois, se limiter à cette image c’est ne voir qu’une fraction de la réalité : l’opposition entre classes très aisées et classe moyenne, et c’est oublier… ceux qui ne prennent jamais l’avion !
    Est-ce que ma réponse vous satisfait ?
    A part ça, je lis toujours avec plaisir votre chronique indienne et je vous félicite. Grâce à vous, on peut suivre un peu de cette évolution de la société indienne (j’ai été très étonné d’apprendre ainsi qu’il pouvait maintenant y avoir une Gay Pride en Inde !). Pour ma part, je vais, avec mon épouse, faire un voyage en Inde en aout-septembre (mais surtout Ladakh).
    Amicalement

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  4. Je trouve votre approche du Monolecte un peu caricaturale. Pour ma part j’y trouve souvent des points de vue intéressants, quoique (ou plutôt parce que) éloignés de mes propres conceptions.

    Sur l’objection faite à Anne-Gaëlle:
    La politique fiscale de Sarkozy (le « bouclier ») consiste à faire en cours de vol une quête « musclée » auprès des passagers pauvres au bénéfice des passagers riches. Cela dit, il est exact que dans une société inégalitaire les différences tarifaires, en fluidifiant l’offre, permettent une meilleure rencontre de celle-ci avec la demande potentielle, et un « gagnant-gagnant » ponctuel. Cela ne justifie pas le caractère inégalitaire de la société comme semble le prétendre son interlocuteur; et encore moins un accroissement des inégalités…

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  5. Enjolras dit :

    @ Anne-Gaelle et a l’auteur de ce blog

    Il n’est pas difficile de demonter la metaphore de l’avion car elle est fausse.

    Il n’est pas necessaire d’avoir un doctorat en economie pour savoir que, dans ce monde de capitalisme debride, les richesses sont tres mal reparties. En Europe, 1% des plus riches captent pres de 30% de la richesse nationale, eux Etats-Unis c’est plus de 40% qui est captee, et en Amerique du Sud, continent saigne par 150 ans de liberalisme economique, ce chiffre monte a pres de 70%…

    Donc dire que « les riches paient pour les pauvres » est au mieux une idiotie, au pire une grave insulte pour les travailleurs pauvres et moins pauvres qui produisent la richesse.

    Depuis la revolution « liberale » (qui remonte a la fin des annees 70), ce sont pres de 12 points de PIB qui sont passes du travail (les salaires) vers le capital (la remuneration des benefices) en France … cela correspond a un transfert de 200 milliards d’euros par an… largement de quoi boucher tous les mythiques « trous de la secu »…

    Bien sur que le kenesyanisme redistributeur est la seule forme a peu pres viable pour que le capitalisme ne s’effondre pas… Mais nous en sommes sortis depuis 30 ans et on assiste maintenant au vacillement de cet edifice construit pour les riches… la crise des subprimes en est un simple symptome.

    Faut-il encoire une fois sauver le capitalisme, comme Roosevelt l’a fait dans les annees 30 ? Ou bien faut-il changer de systeme et construire une nouvelle societe qui ne placent pas l’argent et le consumerisme au sommet du developpement ? Par exemple pourquoi pas une Republique socialiste et ecologique ou les moyens de production des moyennes et grandes entreprises serait collectifs ?

    Et enfin sachez que je suis tres choque que vous traitiez Agnes Maillard de « gauchiste aigrie »… Elle est juste lucide et humaniste…

    Relisez ses billets…

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  6. Claudius dit :

    Les riches payant pour les pauvres, ou pour les moins riches, leur place d’avion est une vue de l’esprit.
    Ceux qui sont abonnés aux premières classes ou aux classes « affaires » (les tarifs les plus chers) ne paient rien; ce sont, dans l’énorme majorité des cas des hommes ou des femmes d’affaires et ce sont les entreprises qui les emploient qui supportent la charge financière; évidemment ces charges financières sont récupérées sur les prix de vente des produits; ces produits sont achetés par tout le monde, y compris les moins riches et donc les plus pauvres.
    Autrement dit, Anne-Gaëlle, en achetant ton pot de yaourt, tu paies le coussin que l’hotesse glisse délicatement sous la calvitie du directeur commercial de Danone.

    Les vrais riches, eux, ont leur avion privé.

    Nota : avant d’éclater de rire ou de qualifier quelqu’un(e) de gauchiste aigri, il faut connaître le personnage; la lecture d’un ou plusieurs billets ne suffit pas pour cela. C’est ainsi que je m’abstiendrai de porter un jugement sur jmph, par exemple.

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  7. alainlecomte dit :

    Eh bien, voilà soudain plein de réactions à ce billet… qui était fait pour cela d’ailleurs! et je vois que c’est surtout l’intervention d’Anne-Gaêlle qui a déclenché ces réactions, j’en suis très content. Il est exact que j’ai réagi de manière un peu impulsive à un billet du blog ‘le Monolecte » et qu’en lisant davantage ce blog, j’y ai trouvé beaucoup de choses intéressantes, mais bon, c’est bien, aussi, que de temps en temps, sur les blogs, on se lance des piques, même entre gens qui sont au fond d’accord… si cela n’était pas, ce serait un peu ennuyeux. Je n’ai donc pas dit qu’agnès maillard « est une gauchiste aigrie », même si mon ami jmph le laisse entendre (mais je le sais pourtant sensible à beaucoup des arguments de ce blog). je persiste néanmoins à penser qu’il est urgent que la gauche révise son idéologie de base (en gros assez dix-neuviémiste) afin de proposer aux électeurs des perspectives plus exaltantes que « la retraite pour tout le monde le plus tôt possible ». Dans un ordre d’idée voisin, je recommande la lecture d’un autre blog, qui n’a rien à voir a priori avec la politique (la dame s’en défend bien), alors qu’à mon avis cela a tout à voir, c’est le blog de Dunia (http://dunia.blog.lemonde.fr), avec en particulier ce billet: http://dunia.blog.lemonde.fr/2008/07/23/toxicomanies-et-dependances/
    qui pose très bien le problème « de l’individualisme » dans nos sociétés, je veux dire le fait que les individus n’aient plus de perspective d’épanouissement suffisante.
    On notera que mon point de vue n’est pas « anti-marxiste » puisqu’au contraire je pense que Marx, en tout cas, dans ses manuscrits de 1844, avait clairement ce problème en tête.

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