Aurélien Barrau est une figure familière de mes balades quotidiennes en ville. Il promène sa longue et fine silhouette ainsi que ses cheveux longs qui tendent vers le gris dans les rues piétonnes ou sur les marches des halles, là où je vais parfois moi aussi, mais je n’ai jamais osé l’aborder, lui parler, trop respectueux sans doute de son attitude recueillie et méditative. Il était l’autre soir à la librairie pour parler de son dernier livre « Trahir par fidélité », entièrement dédié à cette grande figure que fut Alexander Grothendieck. Les non-mathématiciens n’apprendront pas grand-chose de l’œuvre scientifique (mathématique) du grand penseur qui a cessé d’appartenir à la communauté scientifique au début des années soixante-dix, présenté souvent comme le plus grand mathématicien du XXème siècle, voire de toute l’histoire. Tout juste sauront-ils qu’après lui, non seulement le contenu des mathématiques a changé mais la conception même que l’on peut s’en faire. Mais le mot « topos » par exemple, n’apparaît qu’en tout début de volume et de façon un peu mystérieuse pour qui ne s’y est jamais confronté, ce qui est un peu dommage à mon goût, il faudrait vraiment faire sentir davantage ce que cette notion a introduit comme révolution, pourquoi elle s’appelle ainsi, ce qu’elle a à voir avec les espaces topologiques etc. Aurélien s’est en réalité limité à tout ce qui, chez Grothendieck, concerne ses prises de position à l’égard de la science et de la société.
Ecologiste avant l’heure, Grothendieck a jeté les bases d’une écologie radicale qui peine encore aujourd’hui à se faire entendre et à rassembler, alors même que la catastrophe est à nos portes.
Grothendieck ne s’est pas contenté de « prises de position à l’égard de la science et de la société » (ce qui est assez facile dans l’ensemble) il a voulu vivre ces positions et les incarner dans sa manière de vivre et de penser. On peut critiquer la façon dont se fait la science, à coup de financements suspects, de vaines luttes de prestige et de volonté de « publier à tout prix » pour s’assurer une carrière, mais c’est autre chose d’en tirer toutes les conséquences. C’est ce que Grothendieck a voulu et pour cela il s’est retiré pendant de longues années dans des hameaux perdus. Ce qui ne l’a pas empêché de continuer à réfléchir, je n’ose dire désormais « produire » tant ce verbe est entaché de toutes les scories d’un productivisme qui nous mène à l’abîme.
Il y a eu chez lui assez tôt l’intuition de ce vers quoi le monde risquait d’aller si on le laissait aux mains des hommes d’affaires et des militaires, et nous n’avons aucune raison de penser que l’intuition qu’il mettait à ces prévisions n’ait pas été aussi juste et rigoureuse que celle qu’il mettait au service de ses découvertes mathématiques. C’est lorsqu’il apprit que son salaire à l’Institut des Hautes Etudes Scientifique de Bures-sur-Yvette dépendait en partie des militaires, qu’aussitôt il en claqua la porte. Il voulut bien par la suite continuer à donner des conférences, mais à condition que désormais, elles aient pour sujet ce qui lui importait le plus, à savoir le sort du monde et la mise en cause des raisons d’être de la science. Pourquoi faire des sciences ? Se demandait-il, si finalement, la plupart de leurs résultats débouchaient sur des applications guerrières ou nuisibles pour le climat et l’environnement ? C’est ainsi qu’il fit une conférence fameuse au CERN en 1972, où il voulut interroger ses collègues sur la finalité de leurs travaux. Curieusement, en ces années-là, le discours était probablement mieux reçu que ce qu’il en serait aujourd’hui (souvenir fugace de ce film étonnant dont on n’a pas assez parlé à sa sortie l’an dernier, où Camille Cottin jouait le rôle d’une scientifique dans le nucléaire qui se trouvait tout à coup mise nez à nez avec des potentialités méconnues de l’usage du nucléaire, elle devenait une militante convaincue et publiait ses propres résultats et les informations cachées qu’elle avait trouvées avant de finir cernée par les forces de police, cela s’appelait « Rembrandt »). Aurélien Barrau s’interroge à sa suite. Pourquoi réaliser le Futur Collisionneur Circulaire qui va provoquer des travaux gigantesques et dangereux à la frontière franco-suisse1 ? On nous dit bien sûr que c’est pour continuer d’explorer les propriétés de la matière, cherchant à mettre en évidence le couplage du boson de Higgs aux fermions et autres bosons, mais cette mise en évidence vaut-elle la somme énorme qui sera dépensée et qui pourrait être utilisée à d’autres choses plus profitables à l’humanité dans son ensemble ? En réalité, dit Aurélien, cela se fait, les gouvernements paient pour que cela se fasse, les ingénieurs, les techniciens travaillent à ce que cela se fasse afin de continuer une techno-science qui se trouve imbriquée aujourd’hui dans les mécanismes de l’économie mondiale – ce que je traduirai, moi, en disant que cette techno-science est devenue un secteur incontournable de la production de valeur, grâce aux « innovations » technologiques qu’elle engendre se traduisant en retombées qui alimentent aussi bien la guerre que la toute-puissance du numérique.
Et pourtant Aurélien Barrau continue à « faire de la science »… tout comme Grothendieck a continué à faire des mathématiques au cours de sa retraite dans les Pyrénées Orientales (sous forme de tant de réflexions que l’on n’a toujours pas réussi à tout lire et encore moins à tout comprendre de ces 3900 feuillets que l’on a recueillis et qui attendent qu’on s’en inspire dans quelques cave de la bibliothèque de l’Université de Montpellier). Ce n’est pas trace d’une contradiction, c’est seulement parce qu’il existe encore et toujours chez l’être humain une pensée qui demande à s’exercer en face du réel. Dans L’hypothèse K, Aurélien Barrau vantait les mérites et la beauté de l’interprétation relationnelle de la physique quantique parce que celle-ci avait le pouvoir de nous faire modifier nos conceptions du réel, nous forçant à abandonner des schémas de compréhension tout faits qui paralysent notre réflexion. On peut dire la même chose des mathématiques : c’est la pensée tout cru, et pas autre chose et on ne peut connaître notre pensée et donc se connaître soi-même qu’en examinant à la loupe ses engendrements.
Est posée à Aurélien Barrau une question relative aux attaques actuelles contre la science, qui proviennent du camp MAGA, à mille lieux bien évidemment de ce qu’il peut penser. Sa réponse surprend pourtant : on ne va pas pleurer sur le sort de scientifiques qui n’ont jusqu’à présent jamais rien fait pour interroger le statut de la science dans notre société. On peut regretter que ces attaques visent des banques de données concernant le climat, mais comme le dit Jancovici, ces données on les connaît, la situation climatique on la connaît, et ce n’est pas quelques banques de données en plus qui vont modifier nos connaissances actuelles. Et puis, après tout, le monde se choisit les dirigeants qu’il mérite, Trump est à l’image de l’Occident. De même que demain ceux qui dirigeront notre pays et qui, avec de grands risques, regarderont du côté trumpien, seront à l’image de ce que nous sommes et qui affleure dans cet échange avec Laurence Ruffin qui l’a abordé en ville, au cours duquel elle lui avoue avec tristesse que les préoccupations majeures des habitants pour ces municipales tournent autour de la propreté des trottoirs et non autour des mesures à prendre pour pouvoir encore vivre lorsque les températures moyennes auront cru de 4°C.
Que la communauté scientifique reste passive face aux risques engendrés par ce qu’elle produit, on en a continuellement la preuve au travers des recherches sur l’Intelligence Artificielle. On imagine ce qu’aurait pu en penser Grothendieck. L’IA générative, qui sera bientôt complétée par une IA agentique, modifie en profondeur notre manière d’être au monde et engendre déjà des usages qui mettent en cause notre statut d’humanité. Les media, quand ils sont un peu sérieux (je pense aux débats que nous pouvons suivre sur France 5), nous renseignent sur le fait que, déjà, l’IA vient de révolutionner la façon de faire la guerre. Les cibles et objectifs de l’armée israélienne à Gaza, en Iran ou au Sud-Liban sont déterminés par elle après que les stratèges ont communiqué des ordres formels auxquels se plie le système informatique (par exemple : en cas de ciblage d’un haut responsable du Hamas, on peut accepter un millier de victimes civiles collatérales, pour un responsable de niveau intermédiaire, ce sera un peu moins et ainsi de suite), il en résulte des actions automatiques dont les chefs d’armées peuvent détourner les yeux. Ils ne sont plus responsables de tel ou tel crime. C’est ainsi qu’une école de jeunes filles fut bombardée dans le sud de l’Iran, faisant plus de cent victimes âgées de 7 à 12 ans. On pourra toujours dire que ce n’était pas une erreur humaine mais une erreur… de la machine.
Pour Aurélien Barrau, le numérique ne saurait avoir grâce, surtout au niveau où ses concepteurs veulent nous emmener. Qui peut prendre plaisir désormais à utiliser tel ou tel logiciel de réservation de places ? La sophistication des systèmes nous conduit vers toujours plus de temps passé et gaspillé sur nos écrans. L’informaticien s’excuse : c’est mal conçu, je vais revoir ma copie ! Mais non, lui répondra-t-on : c’est tout simplement qu’il faut jeter au panier l’application maudite. Et recommencer avec une antérieure plus simple ou bien… avec aucune ! Il y a trente ans, nous savions prendre nos billets de train sans SNCF Connect. Ces applications ne servent en réalité qu’à permettre une surveillance2, un suivi des usagers pour tenter d’amener toujours plus d’utilisateurs vers une attitude d’obéissance consommatrice.
Le numérique ne saurait d’autant moins avoir grâce à nos yeux que les smartphones que nous promenons dans nos poches sont le produit d’une industrie extractive honteuse, conduisant à faire régner sur les terres d’Afrique un violent esclavagisme. Sans ces conditions d’extorsion de travail par la force, nos portables coûteraient des dizaine de milliers d’euros au lieu de n’en coûter 4 ou 500… L’eau, qui est notre ressource la plus précieuse et qui viendra à manquer, est utilisée préférentiellement pour des usages liés au numérique, comme la fabrication des puces ou le refroidissement des data-centers. Lesquels commencent à couvrir des zones de plus en plus importantes de nos territoires (voire le fond des mers ce qui contribue à leur réchauffement) et qui sont autant, d’ailleurs, de zones de vulnérabilité.
Un collègue d’Aurélien, un certain Romain Couillet, professeur à l’Université de Grenoble, après avoir travaillé pour réduire l’impact socio-écologique du numérique au moyen d’algorithmes sophistiqués, en est venu à penser que son travail ne faisait en réalité que promouvoir davantage cette technologie (il en est ainsi en effet : chaque fois qu’on « améliore » une technologie sur le plan environnemental ou énergétique, on ne fait que la rendre plus « consommable » et ainsi à l’infini) il en est donc venu à la seule solution possible : démanteler le numérique.
On sait bien sûr l’objection : oui mais l’IA permettra de détecter précocement les cancers et même de leur trouver les remèdes optimaux. Argument sans cesse rabâché qui n’est pas sans pertinence mais qui finit par nous faire nous demander si nous ne sommes pas pris en otage. Sommés que nous serions de répondre à la question qu’on nous pose ainsi : la santé ou la vie ? Votre soin contre votre humanité.
D’où vient la promesse du désastre qui nous attend ? Oui, nous nous comportons passivement comme les fonctionnaires que nous sommes (et que sont surtout la plupart des scientifiques – dont je fus, bien évidemment, jusqu’à ma retraite ! – attachés à leur fonction, leur situation sociale, leur salaire, les primes qu’ils ont sous forme de déplacements payés à des congrès, des colloques de par le monde) et en cela nous pouvons être comparés aux fonctionnaires de la machine de guerre nazie tels que les décrivait si bien Jonathan Littell au premier chapitre de son gigantesque « Les Bienveillantes ». Les tâches sont fractionnées et réparties sur une masse d’agents, personne n’est en propre responsable, chacun peut arguer que c’est l’autre qui a fermé la porte du wagon, que c’est l’autre qui a conduit le train, que c’est l’autre qui a ouvert les portes de l’enfer et ainsi de suite.
Le discours d’Aurélien Barrau vise surtout ses collègues scientifiques, et il a raison de le tenir, qui d’autre qu’un chercheur reconnu pourrait le faire ? Le pouvoir des scientifiques, des techniciens, des administrateurs de la recherche est énorme si l’on y réfléchit. Il demeure peu utilisé par eux. Peut-être le sera-t-il un jour.
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Je suis d’accord avec Aurélien Barrau sur presque toute la ligne. J’émettrai seulement des nuances sur quelques points : incriminer « l’Occident » me semble être un vieux réflexe qui date de la guerre froide. La guerre froide est finie et ce que nous voyons resurgir n’a rien à voir avec elle. La Chine de Xi Jingping n’appartient pas à l’Occident, ni l’Inde de Narendra Modi, ni l’Iran des Khamenei, ni la Russie de Poutine. L’attitude qui consiste à nommer un camp et à lui attribuer la cause du mal s’appelle « campisme ». Nous sommes essentiellement sous la coupe d’une machine abstraite qui se nomme Capital, c’est bien le seul nom propre qui soit légitime en ce lieu ! Les mouvements que nous voyons se produire, les guerres et les massacres sont des effets de la recherche de survaleur sur quoi se fonde le capitalisme partout où il s’implante. Nous ne devons pas nous laisser prendre à une excessive personnification des rapports sociaux. Trump n’est pas l’image de ce que nous sommes, il est l’incarnation (la biologisation?) de la tendance du Capital à vouloir se perpétuer. Trump n’est pas à « notre » image, il est à l’image du capitalisme, vulgaire, grossier, étranger à tout type de valeur morale, aveugle et stupide (puisqu’il ne voit pas les limites qui peuvent s’imposer à lui).
J’aime ce que dit Moishe Postone à propos de l’anti-sémitisme : « L’antisémitisme moderne consiste en la biologisation du capitalisme saisi sous la forme de l’abstrait phénoménal, biologisation qui transforme le capitalisme en « juiverie internationale » ». Car cela nous dit combien les processus abstraits peuvent être perçus comme les agissements perpétrés par des personnes concrètes dont ce serait le but depuis le commencement des temps de se comporter ainsi.
Les êtres humains sont sans cesse pris dans des situations qui leur échappent (cela ne signifie pas, bien entendu, qu’il ne puisse en exister qui croient pouvoir dominer ces situations en les tournant à leur avantage, quitte à utiliser la force, la torture, les massacres, mais force, torture et massacres font partie de l’essence du capitalisme, c’est par eux3 que celui-ci s’est même implanté, sur nos terres, dans nos corps et nos esprits).
Seuls parfois quelques-uns quand ils ont la chance d’être particulièrement éclairés, sont capables de nous alerter,
et encore moins nombreux sont ceux ou celles qui peuvent se lancer dans des actions exemplaires (du genre de mettre fin à un ordre techniciste et mortifère par un geste de destruction).
Par ailleurs, la description minutieuse que faisait Jonathan Littell des fonctionnaires nazis, qui s’étend à nos chercheurs et scientifiques qui ne font pas grand-chose pour alerter le monde du risque inclus dans leurs réalisations et encore moins pour interrompre celles-ci, s’applique plus généralement à l’armée du Capital telle que Marx a pu la décrire, et qui sous-tend le travail abstrait à la source de la survaleur. Des armées de travailleurs qui ne sont là que pour faire marcher la machine abstraite du Capital en lui servant une force de travail abstraite qui n’a plus rien à voir avec le processus concret de « métabolisme avec la nature » par lequel Marx définissait le « vrai » travail… le chercheur scientifique en est réduit là, lui aussi, le plus souvent, même si au début de sa carrière il a entrevu des possibilités de plaisir à développer un domaine qui l’intéressait. C’est d’ailleurs la substance principale du propos de Grothendieck dans la fameuse conférence du CERN : combien de chercheurs ne trouvent pas ou plus de plaisir à faire ce qu’ils font, jusqu’à parfois même (c’est par là je crois me souvenir que commence l’intervention du mathématicien) se suicider par peur de ne pas correspondre aux normes de la machine abstraite qui les emploie.
Ce dernier point n’est pas, à vrai dire, un point de désaccord avec Aurélien Barrau, mais juste un rappel de quelques notions qui seraient susceptibles de nous faire mieux comprendre ce qu’il advient autour de nous, et qui a commencé depuis trois ou quatre siècles (ce qui est peu à l’échelle de l’histoire de l’Humanité4). Sans ce contexte fourni par des analyses fondées sur la critique sociale et la philosophie critique (d’Adorno à la WertKritik), les pensées du type de celle d’Aurélien risqueraient de se laisser glisser sur une pente dangereuse d’attaques du monde académique qui ne se distingueraient plus de celles proférées par les Musk, les Thiel et autres Andreessen, bref, ceux des « lumières noires ».
NOTES
1 Voir sur Wikipedia : « L’accélérateur collisionneur fait l’objet de critiques pour son coût supérieur à vingt milliards d’euros (construction et équipement, exploitation non comprise), sa consommation d’électricité de 4 000, ses émissions de gaz à effet de serre équivalant à une ville de plusieurs centaines de milliers d’habitants et le volume des produits d’excavation de ses structures souterraines. Plusieurs physiciens ont également mis en cause ses chances de conduire à de nouvelles découvertes, comme la physicienne Sabine Hossenfelder, qui affirme : « il n’y a pas de raison pour que des phénomènes encore inobservés tels que la constitution de matière noire par des particules soient à la portée de ce nouveau collisionneur ». Un collectif est créé en octobre 2023 qui regroupe une vingtaine d’associations s’opposant au FCC[20
2 Le flicage est partout : la municipalité écologiste de Grenoble, après avoir résisté bruyamment pendant longtemps aux caméras de surveillance dans l’espace public, achète en catimini des véhicules équipés en traqueurs de plaques minéralogiques (500 000 euros pièce) afin de ne rater aucun conducteur qui viendrait à se mal garer dans la ville, ne serait-ce que pendant le court instant où il va chercher une personne âgée à son domicile, ceci afin de maximiser les rentrées financières que permettent les amendes (ce qui ne va pas m’empêcher d’aller voter pour l’équipe qui lui succède… allez comprendre).
3 Ainsi que par le travail invisible des femmes, qui constitue le socle sans lequel le travail valorisé ne pourrait avoir lieu. Voir ici Roswitha Scholz, Le sexe du capitalisme, éditions Crise & Critique (NB : c’est en prenant conscience de cet aspect fondamental que la WertKritik est devenue la WertAbspaltungsKritik, Abspaltung étant traduit en français par Dissociation, pour désigner un travail « dissocié » de la valeur).
4 Voir ici le livre de Jérôme Baschet : « Quand commence le capitalisme » ed. Crise & Critique


