Le thème de cette année est « Images indociles ». Joli titre pour un monde qui s’enfonce jour après jour dans l’univers des images dociles: celles qui le sont parce que fabriquées en fonction d’un but commercial ou propagandiste, et fabriquées désormais au moyen de l’IA. Rien de tel ici, où, au contraire, on met en valeur des photographies d’un temps où il n’était pas question d’IA, mais où on inventait par exemple de nouveaux procédés, comme l’autochrome, première façon de réaliser des photographies en couleur déjà, dès 1903.
Eloge de la photographie anonyme (Cloître Saint-Trophime)


Chambre 207 (Croisière) – Jean-Michel André
Je me souviens de cet horrible massacre. C’était en août 1983, « sur la route des vacances » comme on dit chaque année. Cette année là, des gens ordinaires avaient fait halte pour se reposer au SOFITEL d’Avignon. Ils n’auraient pu imaginer que la mort les attendait sous les balles de petits malfrats dont on n’a jamais su les intentions réelles. Il y avait un enfant dans une chambre près de celle de ses parents. Il a tout vu, mais comme c’était trop inenvisageable, il a tout oublié aussitôt, jusqu’à ce que, plus de quarante ans après, des bribes de souvenirs lui réapparaissent, le poussant à faire son enquête. Je me souviens d’autant mieux de cet atroce événement que je connaissais l’une des victimes. Elle s’appelait Agnès Buis (je peux dire son nom puisque toute la presse à l’époque l’a donné) et elle avait été mon étudiante en premier cycle à l’Université de Grenoble.


U.S. Route 1 – Berenice Abbott, Anna Fox et Karen Knorr (Palais de l’Archevêché)
En 1954, Berenice Abbott, photographe américaine, décidait de faire toute la route numéro 1, celle qui part du nord du Maine (à Fort Kent) pour atteindre les Keys en Floride. Elle fit ainsi un portrait noir et blanc de la côté est des Etats-Unis de l’époque. Soixante dis and plus tard, Anna Fox et Karen Knorr ont refait le même chemin. C’était pendant la campagne de Trump…





Raphaëlle Peria (Cloître Saint-Trophime)
Pendant la Biennale de Lyon, à la Fondation Gulbekian, Raphaëlle Peria avait eu beaucoup de succès avec ses paysages travaillés au burin et à la pointe sèche, grattés, mis en relief. On la retrouve ici évoquant un voyage qu’elle fit toute enfant avec son papa et ses soeurs, remontant à bord d’une péniche, le canal du Midi.

Caroline Monnet (La Mécanique générale)
Caroline Monnet, photographe canadienne, parcourt son pays et photographie les membres féminines des premières nations, cherchant à les glorifier au moyen de somptueuses tenues vestimentaires.

Octavio Aguilar (Espace Monoprix)
Octavio Aguiar est le lauréat du Prix Découverte. Sa photographie plonge dans les racines de sa culture, celle du peuple Ayuuk (au Mexique).

Daniel Mebarek (Espace Monoprix)
Daniel Mebarek a installé dans la ville d’El Alto, en Bolivie (cette ville où les avions atterrissent et qui domine La Paz), un petit salon au milieu des échoppes du marché, Fotos Gratis. il a pu ainsi montrer aux habitants de cette zone très pauvre en quoi la photographie pouvait se rapprocher d’eux et les rapprocher entre eux.
