Louis Stettner (espace van Gogh)
Prendre en photo une photo peut paraître incohérent : la photo originale apparaît forcément comme dégradée. Les noirs ne sont plus aussi noirs, les traits ne sont plus aussi nets. Il apparaît des reflets dans la vitre qui protège l’original, c’est pourquoi je me limite à quelques images, qui ne sont que des évocations et jamais des substituables. C’est le cas notamment pour Louis Stettner, le grand photographe américain (que je ne connaissais pas avant de le découvrir à Arles) qui, après avoir photographié son pays (la gare de Penn Station par exemple) est parti pour la France afin d’y rencntrer les Boubat, Doisneau et Cartier-Bresson qui faisaient la « photographie humaniste » de l’époque. Politiquement engagé, il a photographié nombre de manifestants, grévistes, et il a témoigné du racisme aux Etats-Unis. Surveillé par le FBI, il s’est réfugié en France, dans ce qui est aujourd’hui la Seine-St-Denis, Aubervilliers, Saint-Ouen. Il est mort à Saint-Ouen.



Todd Hido (espace van Gogh)
Passer de Stettner à Todd Hido, c’est plonger dans une planète en venant d’une autre. La technique a fait son chemin, la couleur a été en quelque sorte « réinventée ».
On est dans un film de Stanley Kubrick d’où l’humanité aurait disparu pour laisser la place à la nature et à des lieux désertés.



Tables rondes et rectangulaires à l’espace van Gogh

Louise Mutrel (jardin d’été)
La photo de photo devient photo : ici les dispositions anarchiques des grandes photos de Louise Mutrel au sein du jardin d’été, qui ont pour sujet des concentrations de camions ultra-décorées au sein d’un Japon méconnu, peuvent donner des photos étranges où se mêlent mobilier urbain arlésien et camions japonais.

Retratistas do Morro – Joao Mendes et Afonso Pimenta (Croisière)
Les photos de Joao Mendes et de Afonso Pimenta retracent la vie, les fêtes et les événements quotidiens des gens modestes de la grande ville brésilienne de Belo Horizonte (La nièce de Jorge da Muleta, et l’anniversaire de Chacara (1992)).


Carol Newhouse et Carmen Winant (Croisière)
Les photographies de Carol Newhouse et de Carmen Winant viennent encore d’un autre monde. Ces deux femmes ont fait partie d’un mouvement communautaire qui rêvait de réinventer le monde, dignes représentantes des hippies et des révoltés des années soixante-dix, elles ont inventé une façon de vivre ensemble entre femmes et pour cela, ont donné à la photographie son rôle : celui de réunir les subjectivités. Les pellicules des appareils-photos circulaient entre elles, on faisait de la superposition, on obtenait des effets troublants, de doubles portraits et de doubles images.

Double


Sarah Carp (croisière)
Le curateur suisse Pierre Starobinski réunit à la Croisière plusieurs photographes helvètes, dont Sarah Carp, qui, pendant le confinement, a photographié ses enfants. Le père de ces derniers n’a pas voulu qu’elle divulgue ces photos familiales, alors elle les a refaites au moyen de figurants et elle a occulté les visages par des myriades de petits points de toutes les couleurs.


Olivier Christinat (Croisière)




Construction / Déconstruction (La mécanique générale)
L’exposition Construction déconstruction reconstruction présente la photographie moderniste brésilienne à partir de la production du Foto Cine Clube Bandeirante (FCCB), club de photographie amateur de São Paulo, qui fut créé en 1939. Les Bandeirantes sont surtout fascinés par les transformations urbaines de leur époque. Mais dans une seconde période, certains d’entre eux, dont la photographe Gertrudes Altschul se sont penchés sur des sujets plus sociaux, au risque de déplaire aux autorités légèrement dictatoriales de l’époque.

José Yalenti.
Paralelas e Diagonais, 1950.
Yves Saint-Laurent (La Mécanique Générale)
Pour une fois une exposition consacrée non pas à un photographe, mais à un photographié, quelqu’un qu’on a photographié sous toutes les coutures (c’est le cas de le dire!) et dont on a photographié les multiples créations vestimentaires, prétextes pour photographier aussi de beaux mannequins.
